002 – Atelier du 17 octobre 2014

1°) J’ai peur de…
Humour, introspection, réalisme, poésie, réflexion… listez les différentes peurs que vous ressentez et à partir de l’une d’elle, rédigez un ou plusieurs petits textes courts

D’après les enquêtes, la majorité des peurs communes incluent : les fantômes, l’Océan, l’existence des pouvoirs maléfiques, les cafards, les araignées, les serpents, les hauteurs, l’eau, les espaces restreints, les tunnels et les ponts, les aiguilles, l’ostracisme, l’échec, les orages, les évaluations, les examens, les discours publics et les souvenirs de guerre. Dans un test innovateur sur les peurs des individus, un sociologue analyse les types de peur incluant la phrase « peur de… ». Les peurs les plus fréquemment citées sont : le vol, les tailles, les clowns, l’intimité, la mort, le rejet, les gens, les serpents, le succès et la conduite.

J’ai peur de n’avoir plus peur.
De ne plus ressentir au creux de mon estomac ce petit pincement glacial qui me prouve ma réalité.
Ce doigt glacé dans mes entrailles me transforme en pulsar de mes appréhensions.peur
Je savoure ces moments attendus, et tendus à l’extrémité de l’équilibre émotionnel.
Chaque prise de parole, tel un combat, renouvelé et souhaité, est autant blessure que pêché d’orgueil.
Se dépasser, se faire mal…y arriver.
Métronome prisonnier de sa cage, mon cœur change le tempo de mes tympans.
Alors que la salive fuit sa grotte, brule ma peau jusqu’à l’humidité inconfortable.
Malaise ? Aise ? Moiteur et chaleur.
Intense et bref instant, épisode que j’attends.

Géraldine

Oubliettes

cathedrale-clermontLa porte a claqué derrière moi.
Mon cœur manque un battement.
Pourra t-elle se rouvrir lorsque je redescendrai ?
Ne sera t-elle pas bloquée ?
M’entendra t-on à travers les murs épais…?
1, 2, 3 marches…
Retarder la panique qui me broie les tripes. L’escalier de pierres est étroit, en colimaçons. La montée est raide, la pénombre dense, l’air froid peu ventilé et humide.
Je me laisse happer par le mouvement tournant, incessant des marches. Les compte pour me calmer.
55, 56, 57…
Me concentrer sur les chiffres. Il ne doit pas y avoir plus de 100 ou 200 marches. Je me sens haletante, je manque d’air. Il faut maîtriser ma respiration. J’inspire, j’expire…
77, 78, 79…
J’en viendrai à bout.clermont-ferrand
L’obscurité s’est épaissie.
Et s’il n’y avait pas d’issue ? Si cette course éperdue débouchait sur un mur suintant, recouvert de salpêtre, de poussière… Pas d’échappatoire.
Je serai faite comme un rat.
163, 164, 165…
Je ferai demi-tour et devrai redescendre toutes ces marches à la volée. Et peut-être en bas la porte sera t-elle fermée, hermétiquement close.
Je me vois à jamais murée vivante dans cette prison nue, glauque, sombre, sans espace, sans lumière, sans ciel et sans espoir de survie. Mon cœur a cessé de battre. Ma respiration s’est bloquée. J’essaie de me raisonner, de rationaliser. Ce ne sera qu’un mauvais moment à passer. On me cherchera, on me trouvera.
Enfin, la dernière marche, enfin…
Qui débouche sur une prison à ciel ouvert. Prison exiguë, en plein air, dominant les toits de la ville. Vue vertigineuse. Seule issue : d’où je viens… Un cauchemar.

(montée des marches de la cathédrale de Clermont Ferrand)

Emmanuelle

2°) Des petits riens qui me font plaisir…
Dans le même esprit (humour, introspection, etc…) listez les différentes joies simples qui vous rendent heureux et essayez de détailler l’une d’elle, de la disséquer, de nous la faire partager. Petit texte court...

Se lever et marcher
Matin, sol froid sous mes pieds nus, aucune envie de la tiédeur ouatée des chaussons.
Juste sentir que c’est dur et froid sous la plante des pieds.
Se rappeler des mois passés à ne pouvoir poser un pied. Les mois où le corps ne répondait plus, où immobile et prisonnier d’un lit, abandonné aux mains expertes, il ne songeait ce corps, qu’à marcher.pied
Fugace sensation actuelle, désormais loin de la conscience douloureuse.
Il faut me rappeler et ne pas oublier que j’aurais pu, ne jamais remarcher.
Cette conscience d’être debout prend naissance dans mes chevilles, sorte de puzzle osseux, et simultanément résonne dans mon dos jusqu’au cerveau qui me renvoie ma joie.

Géraldine

Vous vous êtes juste fendu d’une bonne bouteille, un bouquet, des chocolats, ou une attention plus personnelle.
Vous arrivez comme une fleur.
Vous n’avez plus qu’à frapper à la porte.
tablefeteLa table est mise, peut-être même décorée. Oh, trois fois rien suffit : de jolies assiettes, des serviettes élégantes, de la couleur, des bougies, des verres en cristal.
Une odeur délicieuse émane de la cuisine.
Ou bien ce sont des plateaux de canapés appétissants qui s’offrent aux regards. Vous respirez à fond, décidé à profiter de chaque seconde qui passe.
De jolies coupes n’attendent que le feu vert du maître de maison pour se remplir.
Vous boirez raisonnablement, vous ne mangerez pas tant que cela. Les fêtes vous coupent toujours un peu l’appétit. Mais vous jouissez de ce spectacle. De ce repas que vous ne vous êtes pas donné le mal de préparer. L’idée de cette mise en scène qu’on a organisée pour les invités, donc pour vous, de cette musique qu’on a choisie pour charmer vos oreilles, vous met en joie.
Pourtant, vous aimez recevoir, concocter un bon petit plat, choisir le bon vin, la belle décoration qui saura plaire à vos convives… Mais se mettre les pieds sous la table, quel régal !

Emmanuelle

Me coucher, entendre les bruits de la maison endormie…
Sentir la lassitude m’envahir doucement. Faire la liste du travail enfin accompli dans cettekarma journée à rallonge et se sentir juste satisfaite d’avoir avancé d’un centième de millimètre, dans l’infinitude des tâches à accomplir.
Savoir que demain sera même, et surtout accepter ce chemin pareil en toute chose, ce chemin consenti et que l’on ne voudrait abandonner à personne d’autre parce qu’il nous est dévolu, parce que c’est nous, parce qu’il est sage d’accepter son Karma.

Géraldine

3°) La rue

Prenez une rue qui existe, que vous connaissez. Longez la mentalement et décrivez ce que vous voyez, les gens que vous croisez, où elle vous mène de manière à nous la rendre vivante, réelle, à nous emporter de plain pied dans votre récit.
fouRue du pont de la Fou
Six ans, les façades aveugles à cette heure, signalent la fin du jour.
Bientôt Mémé m’appellera pour manger la première soupe de la saison. Je m’attarde un peu dans mon souvenir. J’ai envie de revivre cette émotion et de me plonger à nouveau dans l’atmosphère de mes premières années.
Il fait encore doux en ce début d’automne, les hirondelles, encore présentes frôlent l’asphalte de ma rue en poussant leurs petits cris stridents qui me ravissent tant.
J’aime ce temps suspendu, je m’y rends quelquefois, nostalgique de mon insouciance d’enfant.
Plus haut dans la rue, une fenêtre s’allume, les rideaux de crochet laissent voir une vieille dame, toute petite et pleine de douces rondeurs, « la fée Mélusine » je l’appelle. Je crois me souvenir qu’elle se nomme Anna. Toute de noir vêtue, le « fichu » sur la tête et ses lunettes rondes sur le bout du nez, elle attise le feu, sa vieille maison doit sentir l’humidité.
A côté, une bâtisse sans vie, pas de volet ni vitre à l’étage, des planches ferment l’entrée du garage, le « caoussinier », marchand de matériaux, et transporteur aux mains toujours maculées de la graisse de ses camions, y stocke des produits.
Juste après, de larges escaliers composent une ruelle, théâtre de nos jeux de poupées. Les marches sont investies d’autant de traces à la craie que de pièces de nos maisons fictives. Je me rappelle aussi à cet endroit d’une porte à demi grillagée donnant sur un « courtil », où Augusta élevait des lapins et de jolis cochons d’Inde tricolores. Comme ils s’agitaient quand elle venait les nourrir de sa soupe de son…Etait-ce pour les manger ? Cette pensée m’indispose maintenant…
Au bout de la rue passait « La Route Nationale », dangereuse et interdite avec, juste avant le café, une maison aussi inquiétante que sa propriétaire, la « Guérinette », vilaine, sèche et peu amène.
D’autres habitants peuplent mes souvenirs. Avec ce moment, où le jour déclinant, s’allumaient les réverbères. Alors tournaient autour la nuée de moucherons des vendanges, créant un halo tremblotant autour de la lumière.
« Lili ! On mange ! »… Mémé m’appelait.
Géraldine

 

4°) Rythme & effet sonore
Allitération : répétition d’une même consonne au début ou à l’intérieur d’un mot / Assonance : répétition d’une même voyelle au début ou à l’intérieur d’un mot

En utilisant allitérations ou assonances (ou les deux ou alternativement), en essayant de mettre du rythme dans le découpage des vers, écrire un poème ou une texte en prose en s’inspirant des installations de l’artiste japonaise Chiharu Shiota.

SONY DSC

TARENTULESouvent l’art est nié
Parfois l’art est niais
Avec Chiaru Shiota
La tarentule défile
Art en tule et en fil
L’épeire nous perd
Dans le dédale
De la mygale
Araignées reines !
L’araignée va régner…

Laurent

 

La lune est là.
Lasse, elle tisse les limbes de poussière
Lisse l’espace où se glissent les raies de lumièreluciole
Lentement le soleil luit
Et les étoiles liliales aux lueurs limpides
S’éclipsent une à une
L’air a pâli
Le lilas opale luit
La rosée, larmes du ciel, éloigne la brume
La luciole luminescente illumine le lichen
Et alourdit l’herbe bleue
Légère literie de plume où le loup dort
L’aube est là.

Emmanuelle

chatLe final en filigrane du film de Fellini défile : une filature : entre les filaos, Ficelle, le fidèle félin filou de Félicité la fille filiforme du fileur se faufile, facile, sur le filin pour défier le fils fou du fildefériste qui file sans filet au-dessus de la foule en folie. Défi fatal pour le félon. Fin du film.

Laurent

 

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