003 – atelier du 7 novembre 2014

1 ) Paysage de carte postale
Choisissez dans votre tête un paysage de carte postale… petit village de
pécheurs au bord de la mer, hameau perdu dans la montagne ou pourquoi pas,
carte de postale de votre village ou de vos dernières vacances… Essayez de le
décrire de manière à nous projeter dans la scène telle que que vous la voyez.
(Utilisez les cinq sens, métaphores, rythme, couleurs…) Petit texte court

galice

Le ronronnement des vagues, doux et régulier, est brisé par le cri perçant des mouettes et des cormorans. D’humeur légère, j’enfouis mes pieds nus dans le sable blanc et sa chaleur me picote délicieusement tandis qu’un vent frais me caresse les mollets. Je regarde autour de moi. Les dunes parsemées d’herbes folles mènent directement, malgré leur alignement hasardeux, à cette étendue d’eau turquoise qui scintille sous le ciel bleu. Comme happés par cette vision, mes pieds avancent de leur propre chef sur le chemin qui sillonne à travers les amas de sable. Au détour d’une ondulation du sentier, une drôle de construction en pierre les arrête. Une sorte de petite maison toute en longueur, posée sur piliers et surmontée d’une croix. La teinte de la pierre et la mousse jaune qui la recouvre m’évoquent les vieilles pierres tombales tombées dans l’oubli. Un édifice ancien, sans aucun doute. Un panonceau aussi patiné par le temps indique qu’il s’agit d’un Horreo, un de ces anciens greniers à grain créés jadis pour protéger les réserves des rats et de l’humidité. Je reste quelques instants à observer les fissures qui lézardent la pierre. Puis les bourrasques d’air salé me rappellent que mon but est ailleurs, droit devant. Mes pieds reprennent leur activité et me mènent finalement jusqu’à la mer. Si bleue, si claire. Presque caribéenne. Mais il me suffit de plonger les orteils dans l’eau glacée pour me souvenir que je suis loin des tropiques. En Galice.

Elodie

percheron

Au-delà du silence des pierres, les toits d’ardoise scrutent des coulées de voies pavées qui serpentent jusqu’à la grand place. Sous la lumière fauve, deux percherons fourbus à la robe anthracite, exhalent de leurs naseaux un halo de prairie. Odeur de foin coupé, de sueur et de chaume, une kyrielle d’outils disséminée aux quatre vents. Crissement du bois noué par les bêtes de somme.

Christian

Un champ en Aveyron

aveyron

Un pré vert parsemé de coquelicots et de boutons d’or.
Il descend en pente jusqu’à la rivière.
Le soleil brille avec insolence.
Parfum d’herbe coupée, chaleur et confort d’un tapis de mousse.
Parfum d’insouciance.
Les trèfles à quatre feuilles ont le goût de l’enfance, d’un paradis perdu.
A contempler ce pré en pente raide, l’envie vous tenaille de vous allonger sous le ciel d’azur et vous laisser rouler, rouler, rouler… Jusqu’en bas en riant aux éclats.
L’herbe se collera à vos joues, vous sentirez le goût de la terre et de la chlorophylle dans votre bouche. Les ronces meurtriront votre peau.
En bas, tout en bas, vous atterrirez près d’une vache placide qui vous regardera paisiblement. Et ruminant avec nonchalance elle chassera les mouches avec sa queue.

Emmanuelle

viaduc

C’est un viaduc dans la ville, énorme, à trois niveaux. Si vous êtes dessous et que vous levez la tête, vous voyez ses arches de pierre, voutées, immenses. Si vous criez, il vous répond en écho.
A droite c’est le Léon, à gauche le Trégor, des deux côtés des pentes presqu’abruptes, de la base jusqu’au sommet, et des maisons anciennes qui dégringolent, de minuscules jardinets et des bosquets de camélias.

En bas un kiosque à musique à la Peynet, qui parait un jouet, tellement petit à côté de ce monument géant.
Tout en haut, si vous reculez un peu et levez la tête,… voue pourrez voir un TGV qui passe. Vu comme ça, il est beaucoup plus chouette que dans n’importe quelle gare.
Vous êtes à Morlaix. Admirez son viaduc.

Christine

Le FUJIYAMA

fujiyama
Sur un mur de ma chambre d’ado, je vois, en grand format, un immense massif enneigé se détacher avec majesté du ciel violine. Ce doit être une fin de journée.
Sur ses flancs, de fantomatiques forêts rythment le relief.
Plus bas, une vallée où l’on devine de minuscules maisons aux toits en pagode, nous sommes en Asie.
Ce paysage, nimbé d’une brume diaphane, exprime sa douce beauté.

Géraldine

2°) Fabulettes
Les fables ont en général pour but de donner une leçon de vie
de manière amusante.
. Quelle leçon de vie souhaitez-vous donner ?
. Choisissez deux ou trois animaux pouvant illustrer les
personnages principaux. Mettez les en scène, dans la situation
choisie dans le style des fables (alternance de phrases courtes
ou longues, rimes ou assonances – vous pouvez en détourner
une que vous connaissez si vous préférez). Un seul mot d’ordre :
l’humour !

Le lion et le dragon

Devant une immense crevasse,lion_005
Deux vieux compères jacassent :
Un lion à la brune crinière
Et un dragon aux cornes altières
Tous deux devisent à qui mieux mieux
dépassera l’obstacle au fond boueux.
Le premier bande les muscles des pattes,
Assure être le plus acrobate
et pouvoir sauter d’une simple pichenette.75968872
Le défi d’après lui ne vaut pas tripette.
Le second déploie ses longues ailes,
Prétend voler sans bouger l’orteil,
Franchir le canyon d’un battement de cil,
L’épreuve pour lui est trop facile.
Et pendant qu’ils pérorent, se vantent,
Surgit du néant une éléphante,1-6-elephant_animation
Qui, d’un bond, enjambe le ravin,
Et prend de court les tristes vauriens.
Bref, préférez les actes aux paroles,
Ou vous passerez pour des marioles.

Elodie

 

A clochard, clochard et demi
Par ces temps de crise et de vache maigre
Où ministres et sénateurs ont des accointances avec la pègre
Il est recommandé d’être pauvre et non riche.
Ces propos vous étonnent ?
Soyons francs : je m’en fiche.
Réfléchissons-un peu.
N’est-il pas plus aisé
A celui qui n’a rien
Du jour au lendemain
D’en être délesté ?

corbeau
Maître Corbeau sur un arbre perché
Tenait en son bec un fromage.
La vie jusqu’à présent ne l’avait guère gâté
Comme dans un engrenage
Pour gagner toujours moins il bossait d’avantage
Mendiant le jour, glanant ce qu’il pouvait,
Les miettes que jetaient les passants au passage…
La nuit il se gelait sous son humble plumage
Son palace ? Un carton l’hiver,
Son trousseau : dénichées dans des friperies quelques nippes vulgaires,
Son repas de roi : la soupe populaire…

Il dormait à la belle étoile, sa bonne étoile l’ayant abandonné.
Or ce jour, quelle aubaine !
Il reçut pour sa peine
Un calendos tout frais, au lait cru :
« Quelle générosité, clama t-il, qui l’eut-cru !
Qu’un jour je goûterais ce fameux « Le Petit »…
Le grand nom du fromage ! Quand on connaît le prix…
J’ai gagné le gros-lot : que dis-je : au loto !
Je vais me régaler,
Jouir de chaque bouchée.
Mmmh, il sent bon l’herbivore,
Il est coulant à cœur,
Je présage pour moi des lendemain meilleurs…
J’ai jamais eu de chance
Mais ce soir, c’est Byzance !
Je m’en réjouis d’avance…
Maître Renard qui mendiait à côté,
S’approcha par l’odeur alléché.
Il prit son air le plus honnête.
« Un camembert ne se saurait
manger tout seul à la sauvette ! dit-il.
Avant de vous goinfrer, écoutez ma requête.
Depuis toujours, maître Corbeau, vous n’avez que la peau sur les os.
Vous vivez de très peu, n’avez guère de besoins,
Parvenez à survivre alors que n’ayant rien.
Plein d’espoir et le ventre vide.
Pauvre par habitude, vous trouvez la vie belle,
Même un caillou dans l’écuelle.
Tandis que moi, Vulpes de souche,
Ai l’habitude de faire la fine bouche.
Moi qui autrefois festoyais et me gobergeais,
Moi dont le bedon était toujours repu
Aujourd’hui je n’en peux plus
d’être mis au régime…
Mon pauvre estomac crie famine !
Je ne suis, las, pas fait pour être misérable.
Imaginez le choc !
J’ai mangé à ma faim dans les meilleures tables.
Dormi dans des palais !
Conduit de belles voitures !
Porté de la haute couture !
Pensez donc quel courage il me fallut
Pour accepter la crise qui me mit à la rue…
Ce camembert, vous ne l’aviez pas ce matin.
Il ne vous manquera donc point.
Laissez-moi le manger à votre place,
J’en suis plus digne : mon palais est un palace !
A ces propos osés
Le corbeau médusé
Ouvrit un large bec…
Et aussi sec
Disparut le renard et le fromage avec.

corbeau4

Méfions-nous des beaux discours
Qui emmêlent le vrai du faux
Et nous laissent, pauvres corbeaux,
Sur le carreau
Payant de plus en plus d’impôts
Tandis que les renards l’air prospère
En se gavant de camembert
Cumulent les mandats, émoluments et honoraires…

Emmanuelle

chatfuret

Un gros chat et un petit furet partageaient la même maison. L’un pacha, sur son coussin, l’autre dans son trou, bien caché, toujours aux aguets. L’un était nourri par ses maîtres, l’autre suivait des chemins compliqués, à la fois pour échapper au chat et au maître, et pour approvisionner son garde-manger.
Le chat, d’une demi paupière, surveillait son voisin qu’il voyait passer, ou qu’il devinait grâce à un mouvement des rideaux. Le furet narguait le chat . Celui ci, débonnaire, le laissait faire.
L’animal sauvage, allait souvent voler les croquettes du chat. Passe encore quand Raminagrobis dormait, mais un jour, au vu du chat, il tenta d’emporter un reste de pâté Sheba, laissé par le félin repu:
Excès de risques n’est pas sans danger: des griffes furieuses s’abattirent sur le dos du petit furet, qui suffoqua d’indignation, et ne parvint à s’échapper, en sang, qu’après un bataille homérique.
Le maître, qui aimait la paix des pénates, lui aussi, suffoqua d’indignation et, attrapant son chat, le corrigea sévèrement.
Une susceptibilité excessive, cher matou, peut avoir des conséquences fâcheuses; la prochaine fois, ne prends pas la mouche pour une bouchée de Sheba.
Et vous: furet et autres chapardeurs, ne poussez pas la provocation jusque sous les moustaches du chat de la maison

Christine

La Mygale et l’ Endormi*

TARENTULELa Mygale ayant mué
Cet été,
Se trouva très bien pourvue
Quand l’automne fut venu
Affutant ses crochets colossaux
La voilà prête à donner l’assaut
Elle file une toile extra-fine
Pour piéger toute espèce voisine.
Mouches, tiques et moustiques
Sont piégés dans ses fils maléfiques.
Sous la toile vit un Endormi
Fort connu pour sa boulimie.
Profitant de l’aubaine
L’Endormi se déchaîne
Jette sa langue protractile
cameleon_015Dévore ces proies si faciles.
La Mygale fort dépitée
Le désastre doit constater.
Pas la peine d’enrager
Il lui faut déménager !
Pour de nouveau pouvoir filer
Il faut parfois savoir filer !…

* Endormi : nom donné au caméléon à la Réunion

3°) L’objet de votre choix
Choisissez un objet quel qu’il soit et faites le parler : Sa vie, ses joies, ses
peines…

« Miroir, mon beau miroir… ».
Beau ? Moi ? Vraiment ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Non, je ne sais plus.

C’est comme si ma physionomie changeait en fonction de mon interlocuteur. Certes, parfois, je me sens comme la 8e merveille du monde. Je scintille, je resplendis. Mais cette sensation ne dure jamais longtemps. Il suffit qu’un nuage noir passe ou qu’un être sombre se plante devant moi pour que je ternisse en l’espace d’un simple battement de cœur. Comment être serein quand on est si instable ?

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On loue souvent ma capacité d’adaptation. Oui, c’est vrai, je m’adapte. Je m’accommode de tout. Je m’accommode de rien. Oh, ça ne me demande pas beaucoup d’efforts, c’est dans ma nature. Mais à force d’ être le reflet de n’importe qui, n’importe quoi, j’ai l’impression d’être transparent… Je doute parfois même de mon existence.

Oui, je nage dans les eaux troubles. Mais j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Depuis peu, je vois un psychothérapeute. Il plonge ses yeux dans les miens – il paraît qu’ils sont le miroir de l’âme – et tente de cerner mon désarroi. Et alors qu’il met des mots sur mon mal, je sens ma psyché revivre.

Elodie

Ciel que la route a été longue et tortueuse. Pourtant, je n’ai rien voulu de tout cela. J’ai assisté bien malgré moi à des horreurs, des drames millénaires où la bassesse et la cupidité des hommes me sont apparues au grand jour. Oui, aux premières loges, j’ai sillonné le monde à travers les âges, cautionné sans le vouloir bien des emprisonnements. J’ai œuvré dans le ventre des caravelles espagnoles au nom de l’évangile, traversé les champs de coton d’Alabama au son du gospel, hanté la Bastille ou Alcatraz. J’ai assisté à l’horreur nazie, entravé les poings levés dans les townships de Soweto, enserré les chevilles gelées des dissidents en Sibérie, immobilisé les pensionnaires de Guantanamo.

chaine

Ciel que la route a été longue et tortueuse. Tous ces corps en souffrance, violentés, mutilés que l’on m’a ôté à la va vite quand la mort tout au bout est venue les prendre. Je suis las à présent et l’éternité me pèse. Je voudrais disparaître, me fondre au milieu d’une forêt de conifères. J’ai étreint trop de chairs, broyé trop d’os. Je suis devenu trop sensible. Me voilà, à la lumière des flammes, dans cette antichambre de l’enfer, à supplier le marteau du forgeron, à supplier tous les Héphaïstos de l’univers, de me refondre une bonne fois pour toutes, de me refaçonner s’ils le peuvent en un bracelet subtil et doux ou en un gracieux tour de cou afin de parer une princesse.

Christian

4°) Arbre de la forêt
Que vous inspire cet arbre ?  Votre texte (ou poème) ne doit contenir aucun des mots suivants : écorce, arbre, tronc, feuille, branche, brindille, bois, forêt (Qu’ils soient au singulier ou au pluriel.)

 

arbre

On l’appelle l’éventail à pendus.

Une solide base enfoncée dans la terre dure comme de la pierre. Un faisceau de poutres27203211 biscornues entaillées par l’action des cordes destinées à soulever des corps agités de soubresauts.

Vous doutez de mes paroles ? Visitez le site à la faveur du crépuscule. Et si vous êtes attentifs, vous distinguerez peut-être à la lueur du soir des ombres fantomatiques qui errent, vagues souvenirs des trépassés qui y ont rendu leur dernier souffle.

Elodie

 

 

 

Etendre ses grands bras
Et enserrer le monde,
Recompter sur ses doigts
Les astres et leur faconde,
Trôner au fil du temps
Immuable, majestueux,
Imperméable au vent,
Aux caprices des cieux.

arbre2Etendre ses grands bras
Et écouter le monde,
Le cœur ivre d’émoi
Qui rythme les secondes,
Trôner au fil du temps
Tel un dieu végétal,
Un colosse omniscient
Mis sur un piédestal.

Etendre ses grands bras
Et étreindre le monde,
Eternel opéra
O irradiante ronde,
Trôner au fil du temps,
Donner de l’ombre aux bêtes,
Gardien du firmament
Poète analphabète.

Christian

La campagne dénudée
tous les oiseaux partis,arbre3
les hommes à la maison,
le ciel d’hiver découpe
en ombres chinoises
des dessins compliqués
de chênes ramifiés,
de hêtres et de pommiers
noircis et déplumés.
Amis ne restons là
le froid court la campagne
le froid va nous tuer

Christine

Il tendait ses bras maigres et décharnés
arbre4Seul dans le ciel d’automne mordoré
Sa base solide de cent vingt années
L’avait sans rechigner, bien supporté
Mais voilà qu’un orage de fin d’été
Réduisait à néant tant de beauté
Les éclairs déchainés avaient tenté
De l’anéantir, de le foudroyer
Il voulait sur sa cime tant veiller
Que ses racines avaient résisté
Renaitre au printemps, s’était décidé
Bientôt des bourgeons le réveilleraient
La vie à l’oubli il préfèrerait.

Géraldine

Comme des lances
Ses rubans de soie s’élancentarbre5
Les bras levés
Il danse
Jongle avec des pans de brume
Il danse, danse
Agite les nuages
Attrapant les oiseaux de passage
Sous la pluie
Il se plie, se ploie
Il déploie ses ailes, les déchire,
S’incline vers le ciel
Il crie, il brûle, il respire,
Il se confie aux étoiles
Soupire vers la lune
Et quand l’hiver s’allume
Il a froid
Il ne tient plus en place
Et pleure des larmes de glace

Emmanuelle

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