02-Année 2013/2014

1) Ode lyrique

Ecrire une ode ou quelque chose qui nous tient à coeur. Ce peut être quelque chose qui fait l’unanimité : »ode à la joie », par exemple ou une ode plus badine portant sur un sujet à controverse, telle l’ « ode à la paresse ». A nous de choisir !!!

Ode à la dépense culinaire

 caddieQuand il s’agit de songer aux menus
Jamais le Français ne se trouve à nu.
Le moindre petit légume peut devenir
Une grande esquisse d’avenir…

 Pour remplir son caddy d’imprévus,
Il n’a pas son pareil en choix incongrus.
Chaque promotion est un rire
Dont il ne saurait se départir…

 Les marques ou spécialités sont devenues
De légitimes courses de « m’as-tu vu »?
Même le relevé de compte expire
Devant tant de légitimes désirs…

 Manger est un air porté aux nues
Et même les éditions y sont venues
Laissant nos grand’mères gémir
Sur l’économe en train de gésir…

Cathy B.

Eloge de l’absentéisme

 Il y a quelque chose de divin, de jouissif
à se dire alité lorsqu’on pète la forme.
Rester au fond du lit, dans un état passif,
prendre l’air abattu par une fièvre énorme…malade1
et voir autour de soi le monde s’agiter,
aux petits soins bien sûr pour le pauvre malade
tandis que nous restons immobile à rêver.
On nous fait des bouillons ou quelque citronnade,
nous prescrit un sirop au doux parfum d’enfance,
si l’on s’adresse à nous c’est avec des pincettes
et c’est sur un plateau que vient notre pitance…
On déjeune dans son lit, on traînaille en nuisette,
et là bas… au boulot, à l’école, ou que sais-je,
on pense à vous peut-être, peut-être qu’on vous plaint
ignorant que vous profitez du privilège
de visionner un film ou lire un bon bouquin.
Après avoir vraiment rechargé les accus
vous reviendrez enfin, ravi de l’interlude.
Un peu d’absentéisme, un bol de solitude :
ce devrait être remboursé par la sécu.

Emmanuelle

Ode à l’hésitant:

 je choisis çi , je choisis ça
pourquoi pas les deux à la fois
« j’hésite, madame. quel achat! »
je prends tout mon temps, je perçoisUpset 3d puppet, keeping for a head
plein de choses, des ci et des ça.
je vais arriver toutefois
à me décider comme ça,
tout doucement,  car tous les choix
sont importants pour moi. Basta.
Prendre son temps et rester soi,
hésiter et faire comme ça,
quel régal, mais oui, quel plaisir!

Christine

Ôde à la rêverie

AW-WaterReverie Éléphants roses et zèbres tachetés,
Abysses lumineuses et nuit bleutée,
Voyages dans le temps ou une bulle,
Métamorphoses et vol de libellule.

Ondulant au grès de mes fantaisies,
Dans un chaudron, je déverse et je touille,
Des zestes de folie dans ma tambouille.
Ô joie ! Je m’adonne à la rêverie.

Elodie

Ôde à la paresse

 Vous les Colomb, vous les Cortès
Pour qui le risque n’est qu’ivresseparesse
Pour qui la vie n’est que prouesse
Que vous apporte la vitesse ?
Que vous rapportent les largesses
Que vous procurent vos altesses ?
Quelle est la plus grande richesse ?
Elle a des allures de Déesse
Emplie de douceur et tendresse
Et dans ses brase l’on se confesse
Elle tient toujours ses promesses
Pour Elle le temps n’est que caresse
Cette Princesse, c’est la paresse !

Laurent

Ode à…l’exactitude

L’exactitude,
Comme disait Mémé
Est la panacée
De ceux qui bien nés precis
Savent tôt se lever
Pour vite oublier
Leur triste passé.
C’est, déterminés
Qu’ils vont travailler.
Moi, j’ai oublié
Comment on faisait
Pour y arriver
Sans me casser le nez.
Suis pas affectée
D’un si lourd secret
Et vous avouerai
Que je garderai
Mon identité.

Géraldine

2)a) Imaginez une comptine à la façon de Robert Desnos en utilisant des mots qui riment mais qui n’ont aucun lien entre eux.

Ce sont des gens sur leur quant à soi,transport-ardechois-005
n’ayez pas peur, ils sont ardéchois,
mangent des pois, cassent des noix,
leurs manières sont de bon aloi,
c’est vrai pourtant, il faudrait qu’ils soient
un peu plus grivois, qu’ils nous tutoient,
même s’ils sont rois, surtout François,
alors nous monterons dans leur convoi,
alors il faudrait  qu’à Cicé on l’envoie.

Christine

Place St Pierre de RomePlace Saint Pierre à Rome
J’ai vu un majordome
Vêtu d’aluminium
Danser le Charleston

TROPIC_OF_CAPRICORN021106Au cap du Capricorne
J’ai vu un factotum
Chanter le Te Deum
En plein capharnaüm

 Sur la route du rhum
J’ai vu un géranium
ligne-de-depart-route-du-rhum-2010Parler référendum
Avec une licorne…

 Erratum :
J’arrête le rhum !

Emmanuelle

ou 2b) Listez vos deux ou trois plus grandes qualités et vos deux ou trois pus grands défauts. Imaginez un personnage qui aurait exactement l’inverse de ces qualités et de ces défauts. Mettez-le en situation dans votre métier et imaginez ce qui va se passer.

« Alors ton maître, il est sympa cette année ?
– C’est pas un maître, c’est une maîtresse. Elle est très jeune. Elle s’appelle Laurence Noard. Elle a les yeux marron, les cheveux bruns frisés. Le problème c’est qu’elle est toujours en retard. Faut dire qu’elle habite très loin de Montarnaud
! Y’a Kévin qui dit :
« Laurence Noard, reine du retard ! »
– Qu’est-ce que vous avez fait aujourd’hui ?
– Pas grand chose , du coup , on a fait les idiots. Kevin, il dit:
« Laurence Noard, reine du bazar! »
– Et l’après-midi ?
– Elle a tenté de nous faire chanter. C’était la catastrophe ! Kevin il a dit :
« Laurence Noard, reine du canard! » Du coup, elle a abandonné et s’est lancée dans la peinture. Là on a été bluffés. Elle nous a fait une sacré démonstration ! Kevin a conclu :
« Laurence Noard, reine des Arts! »

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Laurent

3) Chacun son tour : écriture collective à la suite d’une de ces deux phrases :
C’était une femme originale et solitaire  ou J’arrivai à Prague à six heures du soir.

J’arrivai à Prague à six heures du soir. Mon avion n’avait pas décollé et j’étais passée par Londres et Helsinki pour aboutir enfin à Prague. Mais avec ce retard, plus personne ne m’attendait ! Petit problème : j’avais laissé l’adresse de mes cousins dans ma valise  qui s’était malencontreusement égarée à l’aéroport de Gatwick. J’avais beau chercher dans ma mémoire, impossible de me rappeler leur numéro de téléphone.

Prague

Il était dit que ce voyage serait compliqué, je devais en prendre mon parti. Mes finances ne me permettaient pas de prendre une chambre d’hôtel, j’optais pour une auberge de jeunesse. Sans trop de difficulté, je trouvais sa localisation sur le plan de la ville et les panneaux me guidèrent dans la multitude de ruelles du vieux quartier.

Je poussai la porte avec l’espoir de trouver un repas chaud pour reprendre des forces après cette longue journée. L’avantage des auberges de jeunesse, c’est qu’elles sont emplies de jeunes de tout pays ! C’est sans problème que je pus trouver un interlocuteur comprenant ma langue.

Il avait un fort accent que je ne connaissais pas. Ni canadien, ni suisse. Quelque chose de guttural. Un son sorti des profondeurs de son corps matelassé. Ses yeux étaient verts, expressifs et délicieusement attentifs. Je craquais déjà pour ces yeux-là et pour cette voix inattendue, étrange, tellement en accord avec mes aventures récentes.

Nous avons parlé vaguement français, mangé ensemble, nous sommes perdus dans la ville. Nous avons ri de nos voix si différentes et de plein de détails de voyage. En un mot, nous ne nous sommes plus quittés. Nous étions …amoureux !

J’arrivai à Prague à six heures du soir. Avec le changement d’horaire, la ville respirait sa noirceur, la pluie illuminait la rue de flaques inquiétantes. Comment se repérer, comment retrouver l’hôtel…Que de temps passé depuis notre rencontre. Nous nous étions retrouvés tous les dix ans et maintenant…
Je voyais avancer l’heure, je devais prendre une décision. Il me semblait qu’en remontant la rue j’allais dans la direction d’une grande place où j’espérais trouver un café…Et quelqu’un qui comprendrait le Français ou mon Anglais toujours sommaire.
Soudain, le flash. A l’angle de la rue principale parcourue par le tramway et d’une ruelle sombre, je reconnus l’hôtel. Je revis tout à coup ces moments merveilleux. Mais dix ans étaient encore passés. Serait-il là ? A pas hésitants, j’avance. Mais soudain ma peur remplace le désir de le revoir. Allons-nous retrouver cette complicité qui nous unissait comme les doigts d’une main… Le rébus étrange qui nous avait servi de repère et permis ce rendez-vous était bien dans la lignée de ce que nous avions vécu ensemble…

Tremblante d’hésitations et d’envie, je me cache derrière un réverbère et me compose une pont_alexandre_III_reverbereattitude en fouillant dans mon sac, sans rien regarder des alentours ;

Soudain il apparaît dans mon champ de vision. Plus tout à fait le même. Le temps ne l’a pas épargné. Il avance très doucement, le dos voûté, lourd et fatigué. Où est l’homme athlétique des photos ? Je suis triste tout à coup, ai-je vraiment envie de le voir ainsi ? Moi qui l’admire tant ? N’avoir jamais vécu avec lui me l’a rendu longtemps inaccessible. Nos retrouvailles à ma majorité furent très troublantes : raccorder mon fantasme à la réalité, pas simple ! Mais son charme avait opéré et rapidement j’avais effacé toute peur face à cet inconnu. Nos lettres avaient comblé la distance, nous nous comprenions si bien…

Il hésitait, me cherchant du regard dans la rue vide. Il fallait que je retrouve mon insouciance, pour lui. Ne pas lui montrer mes craintes. Oui, c’était peut-être notre dernier rendez-vous ?

 Je me décidai alors : « Papa ! »

 C’était une femme originale et solitaire. Elle ne s’était jamais posé la question de ce qu’il était permis ou interdit. Depuis toute petite, elle avait suivi son esprit curieux pour explorer tout ce qui pouvait se passer sur la propriété entre vents et marées. Aujourd’hui, c’est un petit monticule de terre qui l’attire juste devant le grand chêne centenaire.

taupiniere

De son pas leste, elle décide d’aller voir de plus près ce que renferme cette excroissance… Elle se penche, approche sa main et la retire aussitôt. Le creux de sa main la brûle. Elle perçoit au milieu de cette taupinière une lueur rougeoyante et bouillonnante, exactement comme la lave au fond d’un volcan miniature.

       Soudain,  un animal étrange sort la tête d’un autre trou de l’arbre :
         
Ca va pas non ?, l’interpelle-t-il en fronçant son museau. Vous allez abîmer notre cheminée !
         
Pardon, fit Adèle, je ne savais pas cet arbre habité.  A qui ai-je l’honneur ?, demanda-t-elle.

L’animal s’amadoua aussitôt devant tant de délicatesse. Il grimpa deux branches plus haut puis déclara :
«  Je suis votre grillon et j’habite ici à demeure ! »

 

C’était une femme originale et solitaire. C’était un homme très normal et solidaire. Dans le train express régional, ils sont assis l’un à côté de l’autre. L’une fait des vocalises et babille une suite de syllabes incompréhensibles. L’autre proteste et demande à sa voisine bruyante de respecter les autres voyageurs.

Comment arriver à les faire se rencontrer et même s’apprécier ? me dis-je… Assis en face d’eux, je décide de leur raconter une histoire captivante et les enrôler pour qu’ils y mettent leur grain de sel. J’eus l’idée de leur parler de ce film de Lubitsch qui se passe dans un magasin de maroquinerie. Les deux personnages principaux sont comme chien et chat eu début. L’homme protesta :

« L’héroïne de ce film a de l’éducation, elle ! Rien à voir avec cette mégère !

          Si vous continuez ainsi, je crie que vous me maltraitez !, dit avec véhémence la « cantatrice ».

Les choses sont mal engagées, me dis-je. A ce moment-là, l’annonce caractéristique du contrôleur fit marquer une pause à nos passagers.

« Mesdames,  Messieurs, notre train à destination de Montpellier, Sète et au-delà vers Perpignan  va s’arrêter sur la voie. Il est interdit de descendre. »

 Cette annonce était synonyme de durée illimitée à supporter les désaccords et disputes de mes deux voisins. N’en pouvant plus, je devins Léon, le héros du film de Besson, sortis mon Lugger avec silencieux. Deux petits « bum » et la fin du voyage fut très calme…

 leon-the-professional-crimezine-tonybulmer

C’était une femme originale et solitaire. Dans ses cheveux, des papillotes lui donnaient l’air d’une fauvette effarouchée. Elle esquissa quelques pas de danse puis s’allongea de tout son long au milieu de la rue, en signe de protestation. Contre quoi, look-jupe-vert-deaumystère… Elle se mit alors à lancer des imprécations aux passants qui essayèrent de la relever, craignant qu’elle ne se fasse mal ou qu’elle salisse sa jupe en tulle et dentelle verte qu’elle arborait. Ils fuyaient tous ensuite devant le ton impérieux et plutôt désagréable.

Elle était toujours maquillée comme pour aller au bal. Elle s’examinait dans un minuscule miroir de poche ébréché qu’elle portait dans un vieux sac en skaï. Régulièrement, elle ajoutait du blush orangé sur ses joues ridées ou une ombre à paupières azur, récupérée dans une poubelle. Elle adorait le bleu. Ca lui rappelait la mer de son enfance, si bleue, si chaude !

 Soudain, elle bailla d’ennui et se releva. Juchée sur d’immondes talons, elle trébucha, les pavés de Dunkerque lui faisaient de misères. Elle en avait vraiment assez du froid, de la pluie, des pavés glissants. Il lui fallait trouver de quoi se réchauffer.

Une enseigne lumineuse attira son regard. Oui, elle allait s’offrir une pause à l’abri, dans ce magasin. Il y avait suffisamment de monde pour qu’elle se promène un peu entre les rayons comme pour faire du shopping. Son accoutrement ne laissa pas indifférent les autres clients du magasin. En fait de pause, elle provoqua un véritable raz de marée car une nouvelle chute se produisit au niveau du rayon des conserves qui se répandirent sur le sol dans un fracas indescriptible.

Loin d’être gênée, face à la foule amassée, elle se leva, défroissa sa jupe verte et minauda :

« J’adore faire étalage de tous mes attraits ! » Et elle sortit, la tête haute, en boitant.

 

 C’était une femme originale et solitaire. Déjà, elle s’appelait Nausicaa, ce qui n’est pas très commun. Elle parlait très fort, n’écoutait personne, et s’habillait en robe et chaussures de tango pour aller récupérer son fils à l’école.

Certains parents la regardaient, déconcertés par son apparence, et n’osaient lui adresser la parole. Mais un soir, son fils resta longtemps devant l’école, jusqu’à ce que les dernières femmes de service ferment le portail. L’une d’elle, la plus âgée, s’approcha :

 « Alors petit, il y a un souci ce soir ?
                   
Ben oui, papa n’est pas là !
                   
Comment ça : papa ? C’est bien ta maman qui vient te chercher d’habitude ?
                   
Oui, mais ma maman est partie en croisière dans un verre d’eau… Alors c’est mon papa que j’attends aujourd’hui.
                   
Que me racontes tu là, Gamin ?… (son prénom était vraiment « gamin »), ta maman est partie où dis-tu ?
                   
Elle fait une cure… de… d’intoxication, je crois, pour boire de l’eau. »

La femme de service ne chercha pas à en savoir plus. Il faut savoir parfois freiner sa curiosité.

prison

« Mais ton père… Il travaille où que je puisse le joindre ?
L’enfant sembla hésitant :
                   
Je crois qu’il est dans le médical… parce que maman m’a dit qu’il est à la santé…? Mais il devait se libérer aujourd’hui. »
La femme de service se demandait que faire de l’enfant lorsqu’un homme apparut.
                   
Désolé de ce retard, dit-il en enlevant l’enfant, il n’est pas si simple de s’évader. »

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