02- Atelier du 19/10/12

1) Un mot qui en dit long:
On choisit un mot qui nous plaît, qui nous parle. On cherche des mots qui ont des lettres et des sonorités similaires. On en tire un petit texte ou poème qui glisse, qui a ru rythme, de la répétition, qu’on a envie de chanter même s’il n’y a pas de musique…

Cicé :

Promenade à pied dans la pinède.
Si ce n’était cet hélicoptère, paradant au-dessus de nos têtes,
Pédant pédalo de l’air à paraboles elliptiques,
Nous parlerions aux papillons et libellules,
Aux ailes parallélépipédiques, parés de périlleux libellés
Palabrerions aussi aux papys, pipes à la lippe,
Râlant, pépiant, tels de fiers bipèdes presqu’alités
Mais pas là, non, autant donner un coup d’épée dans l’eau !

Christian:

Une césure, une saisie au cyanure sans sinécure sous l’azur. Une saisie c’est sûr d’une cécité pour sûr, un trou d’serrure, une blessure, là sous l’armure, sous la dorure d’un césar obscur, si dur, si pur, qui n’a cure des sinécures et des voilures des rois Arthur ou des Ben-Hur, des becs d’azur et des épures.

Christine :

Va Polichinelle
Prends ton balluchon
Et tous les cochons
Qui se font la belle
Va, ton polochon
Sur le dos
Et joue-nous Polo
Le plus folichon
Et Sganarelle
Le Ronchon.
Va Polichinelle
Prends tes cabochons
Et joue-nous
Tes chansons !

Laurent :

Port Barcarès : Un barbare berbère barbu baraqué a braqué une banque de la Brinks. Il s’est barré en barque, de bric et de broc, une vraie barrique aux arabesques baroques. On l’a embarqué en break près d’une baraque en brique à Berck !…

Cathy :

Canari
Canapé
Ripé

Canari
Canapé
Ripé
Sauté

Canaille

Caneton, crois-tu que la cane rit de ton ripé ?

Solange:

Rédhibitoire

Ré comme la raie bien droite
Sur un crâne  de bon élève
Juste avant la récré.

Rédhi ?

Un raidillon bien raide
De vie étriquée
Au labeur étroit
À vision courte,
Portant jusqu’ au prochain virage avant le vide.

Bi ?

Ah non, vous pensez trop vite de votre esprit mal tourné…
Moi je vois
Le bibi posé bien droit sur la raie de la dame qui monte le raidillon de sa petite vie,
A cheval sur sa grosse pétoire.

Mais totalement inacceptable,
Absolument rédhibitoire,
D’écrire cela dans un atelier !

Emmanuelle :

A la libre palabre lue
près du buis l’arbre pâlit
l’habit l’éreinte
hébétude de l’habitude
macabre étreinte
âpre lèpre héritée de la nuit
la lune luit libre et libertine
prélude poli à l’aube tardive
qui brûle et tinte là bas
L’astre se teint de libéralités labiales

2) Auto-portrait
Vous vous regardez dans la glace, que voyez-vous ? On doit dessiner un portrait de nous-même en choisissant le style qui nous convient: par petites touches -impressionniste-, façon décalée, cubiste ou un portrait léché, le plus fidèle possible à la réalité…

Sale gosse au-dedans
Belle gueule au dehors
Terroriste en dedans
Ange au dehors

 Ou peut être faut il permuter ?

 Vésuve couvant au-dedans
Époque glacière en allant
Et pas de réchauffement climatique en vue.
Titanique en perdition…

 Mais c’est qui,
Celle là,
Qui veut casser la glace ?
Solange

La rondeur mène le monde. La rondeur du ventre de la mère, la chaleur du ventre de la mère. Il a un visage rond, rassurant, apaisant qui inspire immédiatement la confiance. Le cercle comme élément d’appartenance, comme lieu de stabilité, comme cocon nous abritant de l’hostilité du dehors. Il lui arrive souvent de quitter le cercle ou de n’y rentrer qu’à moitié, laissant des tonnes de projets en chantiers, se retrouvant tout à tout animateur radio, déménageur, poète maudit, primeur, chanteur, rugbyman, écrivain à compte d’auteur, viticulteur, journaliste ou emballeur de biscottes au nom de cette satané cyclothymie des gémeaux.
Christian

Quand je sors de la douche les cheveux mouillés, je ressemble à un épagneul à poils longs, assis bien droit, n’attendant rien ! L’air bête, quoi !…
Cicé

Dans une B-D pour enfants (Titeuf peut-être ?), je vois rentrer deux dames énergiques ; l’une a des lunettes oranges, un grand sourire et des gestes volubiles. Elle porte un manteau bleu et chaussures violettes. L’autre est son double en fuchsia et chapeau multicolore. Elles bavardent et jacassent pendant un bon moment sans déranger l’enfant (Titeuf ?), affalé dans le canapé qu’elles manquent d’écraser en voulant s’asseoir. Mais où ont-elles la tête ?
Christine

Une entrée en matière avec tambours et trompettes.
Ne pas savoir faire des créneaux, un téléphone portable trop souvent tombé par terre,
un sac trop rempli de n’importe quoi…
Un trousseau de trop de clefs.
Des cheveux blancs par manque de temps.
Des rides qui racontent des tas d’histoires.
Ne pas être adepte du sport et pourtant courir partout.
Se regarder dans la glace juste ce qu’il faut pour ne pas perdre la face.
Se glisser dans des habits comme on enfile un costume…
un peu trop grand.
Ouvrir grand des yeux de myope sans jamais voir les défauts.
Des oreilles pour n’écouter que ce qui en vaut la peine.
Une mémoire à oubliettes.
Enfiler des gros sabots pour marcher sur des œufs.
Un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Un fou rire inextinguible dans un moment déplacé.
Et le sourire toujours
pour la formule de politesse.
Emmanuelle

L’allure est élancée, la démarche saccadée. Suivant un rythme intérieur à peine perceptible pour le passant, mais le professionnel ne s’y trompera. Presque un peu trop de tension dans la nuque. Mais l’allure se veut gaie. C’est décidé, c’est l’image qu’elle montrera d’elle-même. Les vêtements sont souples et laissent agir le mouvement, non , elle e se laissera pas gênée par ça.

Ah oui, le petit rictus au coin des lèvres, toujours révélateur le rictus, et la ride sur le front. Décidément, je vous le disais, un professionnel ne s’y trompera pas. Cette tête –là est trop pleine. La tempête, le brouillard, les étincelles. Et parfois l’accalmie. Oui, l’accalmie, on peut la remarquer dans les yeux. Ah oui, j’oubliais de vous dire, le rictus, les rides, le coup des yeux et tout ça, ça dépend du temps. Eh oui, c’est une fille du Sud.
Cathy

 Prenez un anagramme de n a t u r e l
Versez une pointe de Ménestrel
Recouvrez de poivre et de sel
Du bleu ajoutez des étincelles
Faites mijoter 50 ans
Vous obtiendrez Laurent

3)  Question – Réponse

Chacun pose une question sur un petit papier.
Chacun donne une réponse (qui n’a rien à voir)
sur un autre petit papier.
Chacun prend au hasard une question et une réponse et essaye de les faire coller en les glissant dans un petit récit.

Emmanuelle :

C’est quoi le sens de la vie ?
Ça rime à quoi tout cela…?
On poursuit des rêves inouïs
On court après n’importe quoi.
Il y a la crise, les enfants,
Les impôts, les enterrements,
Les factures à payer, le boss insupportable,
Dans le tram on est trop serré, les gens sont peu aimables.
On voudrait partir en Afrique ou pourquoi pas aux Bahamas…
Et comme vacances mirifiques on va camper au Grau du Roi.
Le temps passe, sous le pond est passé
La Mosson emportant nos dépits.
On se réveille. Les enfants ont grandi.
On a envie de tout recommencer
Mais la réalité freine notre engouement :
Parce que notre James Bond aussi a cinquante ans.

Cathy:

Je viens d’arroser mon jardin mais il se met à pleuvoir.
J’ai ouvert mon parapluie mais le soleil arrive.
J’ai visité une maison mais elle est déjà vendue.
J’ai préparé à manger, mais ils ne sont pas rentrés.

Alors j’en ai profité. Je me suis douchée sous la pluie, j’ai joué à Mary Poppins avec mon parapluie. Je me suis inventée une maison en papier et en carton. Et je me suis régalée de mes bons mets.

Et vous me demandez pourquoi pleut-il toujours quand on vient d’arroser ? mais parce que métro-boulot-dodo, certainement pas !

Cicé :

Question existentielle s’il en est, je me demande en ce moment et totalement hors contexte pourquoi la tartine beurrée  tombe toujours du mauvais côté ?

–          Si je cherche du côté purement cartésien et physique, je me dis simplement que le poids du beurre influe et entraîne la tartine de ce côté-ci.

–          Mais plus philosophiquement, je me demande quel est vraiment le mauvais côté ?

  • Si le mauvais côté de la tartine est sa face vierge et qu’elle tombe dessus, nous soupirons rassurés en la ramassant car 1°) nous n’avons rien sali au sol, et 2°) elle nous semble propre , et donc nous la mangeons, sans évaluer les risques que nous prenons. Voyons ces risques de la 2èmehypothèse :
    • Si le mauvais côté de la tartine est sa face beurrée, alors en la ramassant, nous constatons avec dégoût et force déception, que le beurre ayant fait colle, il y en a plein le sol, et il est à présent couvert de poils, poussières, moutons, cheveux et diverses autres matières non comestibles, alors nous la jetons et évitons ainsi, infection intestinale, étouffement par ingestion de cheveux restés coincés dans le gosier, brisure de dents par mastication intempestive de cailloux, etc, etc.
    • Donc le mauvais côté c’est la face vierge et donc la tartine beurrée tombe toujours du bon côté, et donc peut-être que Dieu existe ?…
    • Bon je répondrai plus tard cat là, je suis dans l’avion qui justement atterrit…oui je suis partie à Istanbul !

Christian

Elle me parle de la lune, de soucoupes volantes, d’expériences interdites dans les pays à inventer. Elle plante ses grands yeux dans les miens telle une harpie inquisitrice et me pose des tonnes de questions d’un ton sentencieux :

Combien de dents possèdent les crocodiles ?
Qui a inventé le moulin à paroles ?
Où se trouve le royaume de Cucurnibas ?
Quelle est la promo du jour chez le primeur du coin de la rue ?

Et j’en passe et j’en passe. Je lui réponds toujours très vindicativement :

« 18 dents, Parlote, au Hunaures, 2 avocats pour le prix d’un. »

Satisfaite de la pertinence de mes réponses, elle me décoche son sourire enfantin et tombe tout doucement dans les bras de Morphée.

Christine :

Oh là, là, tu as entendu ce cri ? Dis-moi, un homme peut-il hurler comme un loup ?
–          Ecoute, un homme peut tout faire. En tout cas, il essaye… Mais pour ce qui est de la réflexion, le silence est nécessaire. Alors tais-toi un peu et réfléchis !!

Solange :

 Où peut il bien être….. ?

 Le questionneur de la question.
Où peut il bien être l’empêcheur de tourner en rond ?
Et celui qui m’a sourit l’autre jour ?
Où peut il bien être le soleil qui s’est couché
Et le bonheur qui courrait dans le pré?

Ou peut il bien être celui qui est mort vendredi dernier
Et cet enfant qui quêtait à Montpellier
Où peut il bien être le papillon qui se cognait au carreau ?
Et que j’ai laissé sortir ?

Je ne sais pas.
Personne ne sait.

Même s’il y en a qui font semblant parfois de savoir
Et se donnent des airs importants
En parlant d’un groupe anglais
Fondé par Keith Richard et Mike Jagger

 

Laurent :

Tu aimes la tarte au concombre ?
Tarte au concombre entier, épi de maïs…
Ce repas aux allusions phalliques prenait une tournure spéciale.. Mais je parvins à lui clouer le bec en lui apprenant que la barbe de l’épi de maïs était son sexe féminin !

4) Trois p’tits chats, trois p’tits chats..; chapeaux d’ paille …paillasson
Dans l’esprit de cette chanson, on essaye d’écrire un petit poème ou un petit texte dont le début de chaque phrase commence par la dernière syllabe de la précédente.

L’atelier a inspiré Christian, Cicé (2) et Laurent:

A Montarnaud, à Montarnaud
Nos
écrivains, boum boum tsoin tsoin
Soign
ent leur maux à l’écritôt
To
rdent des tonnes d’ alexandrins
In
voquent Rimbaud et Artaud
O
mettent de compter les pieds
Pié
tinent devant les nuées de mots
Mau
dissent les poèmes avortés

Atelier savant d’écriture,
Urticaire géant à soigner.
Nier tout d’un bloc,
Occupé à gratter les cloques
Que
lques fois rouges écarlates.
Hâter le pas et les choses,
Oser écrire, signer et lire,
Irréprochablement à voix haute
Aut
rement qu’en sifflant
Lent
ement et sans faute
Te
dire Emmanuelle
Elle
me plaît la séance,
Ce soir et chaque fois !

Qu’est ce qu’on s’amuse !
Usant jusqu’à la corde,
Ordonnant les mots,
Modelant  les phrases
As
ticotant le sens
Sans
grave, ni sérieux.
Rieurs sur tous les tons
Tom
beurs de rimes,
Imitateurs de talent
Lan
ternes en berne
Ne
z au vent,
Vent
re à terre,
Terriblement créatifs,
Tifs ébouriffés
Fées
de la rime et des mots
Mo
rdre à l’hameçon
Son
sourire le vaut bien
Bien sûr elle assure

Ce soir à Montarnaud
Nos
écrivains sont
Las,
lasses , bien fatigués,
Gais
de se retrouver
nérant leur mentor
Tor
turant leur esprit
Pri
mant le bel écrit
Cri
ant leur véri
Tai
sant leurs divergences
Enc
ensant leur voisin
In
vitant toutes les muses
Us
ant de stratagèmes
Aim
ant les jolis mots
Mau
dissant la fin de ce soir

Christine est  plus bucolique :

Elle est dans un jardin
Din
gue de fleurs
Leurre
pour les mésanges
Angéliques et les bourdons
Dons
de l’été,
Ethéré, les nuages
A ge
noux dans le ciel
Si elle
les regarde.

Cathy dans le fantastique version Halloween :

 La sorcière est sur son balai
L’ét
é touchant à sa fin
Faim
dans le ventre se dit-elle
El
ixir, je n’en ai plus
Plu
sieurs crocodiles passant par
L’a
rbre sert de piste d’atterrissage
Ag
ile, la sorcière descend
Sent
les crocodiles et les mange.
En…fin !

L’hiver est arri
Vei
né d’arbustes gris
Gri
maces enneigées
missant sans un bruit

Bruissement dans le ciel
él
evant le visage
Je
vois une hirondelle
él
ogieux présage

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2 commentaires pour 02- Atelier du 19/10/12

  1. Solange dit :

    Tu sais quoi Laurent ? Il est super ce blog!!!
    Tu fais, et tu as fait du sacré bon boulot..
    SF

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