04 – atelier du 7/12/12

1) Cette nuit j’ai fait un rêve étrange…
Dans l’esprit du »cadavre exquis » nous racontons un rêve imaginaire, chacun ajoutant une suite aux quelques mots laissés par le précédent de manière visible, l’essentiel étant caché…

tc

J’ai rêvé d’un taille-crayon Wescott qui n’émettait aucun son, qui avait la classe poétique des taille-crayons d’antan comme un Buster Keaton sous sciure, un Chaplin érabilisé. Son possesseur m’apostropha. Il aurait peut-être voulu que j’aille dans le grenier vérifier d’où venait un tel bruit, mais j’étais tellement lourde que je ne pouvais plus bouger. La peur peut-être ?  Il décida de sauter contre toute attente au-dessus de ce précipice qui se présentait devant lui. Alors, il prit son élan, plongea dans les vagues et disparut dans la mer immense. De loin en loin, on apercevait un petit point noir dans l’écume blanche, ce pouvait être sa tête.  Oui, je suis malade mais un bon café me fera du bien ? Je passai côté cuisine et entrepris de partir à la recherche du café et de tout le nécessaire en furetant dans les placards. L’odeur si alléchante ferait-elle son effet ?  Même pas ! Car le chat de la maison y était allergique, et sous le choc de ses papilles chatouillés, me sauta sur le crâne et me griffa le cuir chevelu… J’eus si mal que je me réveillai brusquement.

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Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange : il y avait un grand canal (ou une rivière) avec un port, dans une ville assez ancienne, presque moyenâgeuse. Je marchais paisiblement quand soudain, un orque colossal sauta hors de l’eau pour atterrir  sur la terre ferme. Je pris mes jambes à mon cou pour fuir le plus loin possible. Le chemin devenant de plus en plus difficile, j’avançais péniblement, écartant les branchages. Les ronces se faisaient de plus en plus envahissantes comme une jungle impénétrable, un imbroglio de branches régulant à loisir l’équilibre du monde. Fallait-il se perdre au loin, regagner la rive ou se laisser couler ? La tiédeur de l’eau m’offrait un berceau accueillant que je ne voulais quitter. Je me retrouvai alors une sucette de bébé à la bouche. Je ne pouvais plus dire un mot ! Heureusement que j’avais pensé à éteindre mon portable !.. ; Sinon, on m’aurait vertement sonné les cloches.

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Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. De mon jardin, je voyais la mer violente et déchaînée, sombre, tumultueuse, noire. Et soudain les vagues se rapprochèrent de plus en plus, violentant implacables les rochers, déchirant les récifs, conjurant par leurs forces des milliers de légendes bretonnes, nous ramenant à la pierre des menhirs.
« Peut-être que toi aussi, tu as collectionné ce type de rencontres extraordinaires, me dit le poisson. » Je voulus répondre mais je bus la tasse. Une énorme vague me submergea et je ne pus fermer la bouche à temps. Et là, surprise ! C’est un délicieux breuvage qui emplit mon gosier : le nectar des dieux, le velours d’une peau de pêche aux subtils parfums de fruits et de bois… J’en bus avec tant de délectation que j’en fus étourdi et grisé. J’étais à plaindre mais heureux à la fois ! C’est difficile à imaginer de se trouver dans un état pareil. L’activité onirique a toujours quelque chose d’étrange.

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Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. J’étais exténuée par une semaine de recherche de logement, m’étant endormie sur le canapé, une fillette au regard noir me réveilla en criant : « où t’as mis mon rimmel ? » J’étais désemparée. Je ne voulais pas lui avouer que j’avais eu peur. Le jour se levait. Il allait songer à partir, affronter le rendez-vous tant attendu. Chaudement vêtue, je passais par la boulangerie, faisais provision de pains au chocolat. Le bus allait arriver et je saurai bientôt si d’autres avaient ait le même pari. Combien serions-nous ? La réponse était toute proche…

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Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. Je me trouvais dans la maison de mes grands-parents, dans cette chambre où nous dormions enfants, et soudain je me vis dans ce lit comme une adulte entendant mon père m’appeler. Sa voix était si étrange qu’elle semblait venir d’outre-tombe. Inquiète, je me cachais sous la couette, figée, n’osant ni respirer, ni bouger, les oreilles aux aguets. C’est alors que j’entendis des pas s’approcher. Je ne remuais pas un œil, m’aplatissant jusqu’à faire corps avec le matelas. Et là, stupeur, sous le matelas, des lingots d’or à foison comme autant de lauriers sur une couronne à créer. Un matelas de douce mousse, pour voir le jour se lever, s’accrocher au rideau, doucement, sans rien déchirer, pas même ce rêve étrange et pénétrant. Je jetais un œil sur l’agenda. Nous étions le 22 décembre 2012. Les Mayas s’étaient trompés. L’âge d’or commençait !

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Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. J’étais en Amazonie, sur la côte ouest du Rio Negro. Je devais atteindre Manahaus en traversant le fleuve sur un fil. J’avais très peur. Soudain, mon chat a bondi sur moi et m’a réveillé. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Cette présence si forte et ce décor autour de moi ne coïncidaient plus. Il me fallait décider. Mais comment savoir dans cet instant ce qui était réel ou ce qui appartenait au rêve ? D’un côté une lumière verte éblouissante, de l’autre côté une nuit étoilée tout à fait banale. Et ces deux côtés appartenaient au même paysage… J’avais l’impression d’y voir double, comme dans un miroir. Et soudain, une lumière apparut dans le ciel. C’était Dieu, en chair  et en os, Dieu tout puissant qui venait régler l’addition. J’avais expié, réglé mes comptes en bonne et due forme avec le seigneur. J’avais renié mes maîtresses, avoué mon alcoolisme, revendu mes drogues, échangé mes fouets et autres paires de menottes. A présent, j’étais prêt pour accéder au paradis. AMEN

rêves

J’ai fait un rêve étrange et pénétrant. J’étais un ange. Être ange est peu banal. J’ouvris mes ailes et parcourus le ciel. C’est à ce moment là que je croisai un gendarme qui me fit signe de me garer sur le côté de la route. J’étais en pyjama. Cela ne convenait pas à la situation ! Je comprenais qu’il allait falloir bouger, m’habiller ! Sans bruit, je tentais un glissement vers la salle de bain, mais je m’arrêtais stupéfaite sur le pas de la porte : un phoque se prélassait dans la baignoire.
J’éprouvais alors l’envie irrésistible, brûlante, de m’immerger dans l’eau. Au moment où je trempai un orteil, une voix de stentor s’exclama :
– Allez, allez, on se réveille ! L’opération s’est bien passée, mais il faut revenir à la réalité maintenant. Vous allez voir, la cellulite, c’est terminé : on a tout enlevé !

2) Article découpé.
Emmanuelle s’est amusée à découper deux articles du midi libre. A chacun d’imaginer les mots manquants pour compléter l’article caviardé tiré au sort !

articles
En gras les bribes de l’article original

Le goûter gargantuesque du 3ème âge
traditionnellement d’une pièce, s’est déployé cette année
autour du champagne, le maire avait suggéréchampagne_08
la participation d’un orgue. Cet ajout apprécié
a été propice à inciter les plus anciens
à pousser la chansonnette.

Des couples qui malencontreusement
                        n’avaient pu faire entendre leur voix
                      lors de cette première tentative se sont
manifestés. Ils recevront bien entendu une partition
leur permettant de conserver la mémoire de ces
beaux instants partagés ensemble.

Cathy B.

Une réception qui tourne mal !

 Pour l’ouverture de leur nouveau restaurant
les frères Pourceaux avaient préparé leur
fameux  goûter gardois pour quelques amis et célébrités de la région.
L’arrivée d’une pièce montée gigantesque composée
de flûtes de champagne, le tout accompagné parchampagne_06
la musique d’un orgue de barbarie aurait
dû être propice à inciter les convives
à pousser la chansonnette !
Ce ne fut pas le cas l’alcool s’étant avéré frelaté !
Individuels ou couples qui malheureusement avaient
goûté au breuvage n’avaient pu imaginer qu’ils se
retrouveraient à l’hôpital lors de cette soirée.
Ils recevront bien entendu une nouvelle invitation
en espérant qu’ils aient conservé leur confiance
envers les restaurateurs.

Laurent

Lors du goûter garden party du club du 5ème âge de Pernes les alouettes ce dimanche
24 décembre, la livraison d’une pièce montée de 250 000 petits choux a fait forte sensation. Pour l’occasion, le champagne, le crémant et les spiritueux de toute sorte ont coulé à flot,et c’est accompagné d’un orgue divinementtchin_tchin
Bacchien , propice à inciter n’importe quelle carpe
à pousser la chansonnette, que les vétérans ont entonné à l’unisson quelques revigorantes marches militaires. Les couples qui malheureusement
         n’avaient pu danser
lors de cette charmante réception reviendront l’an prochain, s’ils sont
toujours là, et recevront bien entendu leurs invitations dans le courant de l’année
et devront la conserver bien précieusement jusqu’au prochain jour j.
Cicé

Couvre-lit_patchwork_silk__satin_001

Les concurrentes comme elle, avaient organisé le concours de patchwork-en-couple : cela se passait en novembre, salle des mariages à Montarnaud, et cela donna lieu à une réception en costumes avec au total  24 couples qui ont tous reçu des médailles d’argent, d’or ou de platine, au cours d’une après-midi festive où nous avons admiré les chefs d’œuvres présentés.
Christine

Les médailles de la bravoure.

medaille20orDe la montée et de la chute, personne
n’osa parler. On les avait sur tout accompagné
vers la victoire qu’elle qu’en fut la barbarie.
Certains
lucides, critiquaient cette
course pas bien nette.
Les quelques
habituels supporters
avaient fort heureusement oublié
d’être présents cet
après-midi maudit.
Tendu, l’organisateur avait distribué à contre
cœur leurs médailles aux coureurs.
Bien que gravés à leur intention,
elles semblaient peu adaptées.

Géraldine

deco-drapeaumontée et de l’avoir tout
de même accompagnée, cette mécanique
de barbarie qui traversait la ville est-ce sérieux ?
Pour certains à l’esprit vengeur, oui, et également
pour d’autres à l’âme pas nette.
Les quelques uns
heureusement à
être présents cet
après-midi
tendu dans la rue,
leurs médailles levées très haut sur des drapeaux,
tout à leur intentions mauvaises. J’en avais froid au dos !

Jeannot

Un tournage à Montarnaud

C’est sur l’esplanade que la scène a été montée et de nombreux villageois invités à jouer les figurants. Le réalisateur, accompagné de la script, a prévu tous les accessoires pour les scènes de barbarie. De nombreux comédiens, certains à peine majeurs, ont fait des cascades impressionnantes au dessus de la Mosson.

mosson

Mais il a fallu faire place nette. Les quelques employés municipaux ont dû raser les arbres qui gênaient les scènes de combat. Il faut ce qu’il faut et heureusement, les têtes d’affiche ont pu être présents cet après-midi pour le goûter du troisième âge. A la grande joie des super mamies qui ne se plaindront pas d’avoir attendu leurs médailles, gravées à leur intention et leur étant offertes pour l’occasion.

Emmanuelle

GRANGES-sur-VOLOGNE-bienvenue

La semaine dernière, la municipalité a enfilé le pied gauche dans la chaussure droite et le pied droit dans la chaussure gauche. Elle le fait régulièrement de se tromper, mais là, c’était le pompon.
On était vendredi 9 mai, dans le village de Granges. Jour banal, mais la mairie, ce vendredi l’a tourné à l’honneur des mariés.
Pour leurs malheurs, au pays, ils n’en ont pas vu depuis longtemps des mariés. La gent masculine, depuis quelque temps est au désespoir. Toutes les filles sont parties à la ville faire la cours aux gentleman. Les samedis matins, le maire met son beau costume, la secrétaire décors la mairie de bouquets. L’atmosphère se veut gaie et joyeuse, avec un air d’espoir.
Le registre des mariés reste vierge.
Alors c’est par folie, dans un dernier souffle, que la municipalité, vendredi dernier, a joué ses dernières cartes. Changer de jour.
mais il n’y a eu ni mariés, ni petits fours.

Cathy L

La municipalité  a pris la décision irrévocable et ce devant le fait que les jeunes gens GrangeslaVille050urinaient régulièrement tous les vendredis 9 sur le monument aux morts de Granges, en l’honneur soit disant des nouveaux mariés, la municipalité, donc et son engeance, ont invité la gent au long cours à l’exécution publique des perturbateurs, sans tambours ni trompettes, dans une ambiance conviviale et joyeuse, avec une tombola et des conscrits, sans signe ostentatoires s’appartenance politique ou religieuse… ni petits fours d’ailleurs.

Christian

3) Sujet libre !! Tous les styles sont permis…seule contrainte :
utiliser le « tu »…

Tu te rappelles la grosse maison du Bas-des-Roches ?bas
C’était à la montagne, la grande balançoire
était accrochée à un chêne centenaire,
et la table du déjeuner était dehors.

Toi, la grande, tu me poussais toujours plus haut
Et je riais en déployant mes ailes de rêve.
Un beau jour d’été, bien qu’anges toutes les deux,
mal arrimées sur la même planche, jambes de travers,
et mains glissantes, nous sommes tombées par terre,
sur un lit de feuilles, tremblantes mais indemnes.

Tu te rappelles nos deux inquiétudes,
nos bras écorchés, le retour vers la maison,
et le joli mensonge tout enrubanné,
pour raconter notre aventure aux adultes.
Tu te rappelles les vacances du Bas-des-Roches ?

Christine

steve_thorne-into_the_etherTu parles d’un exercice ! Comme s’il m’était accoutumé de parler à tu et à toi. A toi, oui, mais pointu. Toi, tu n’as pas d’accent, tu parles comme tu respires, c’est de l’air inodore, incolore, de l’éther en somme. L’éther de ton esprit, qui s’évapore de ta bouche en mots, de mots en caresses à mes oreilles. Je t’écoute et je m’émerveille. Tu me déconcertes, moi qui ne suis que larmes et piquants, moi dont les pointes de voix rendent la parole acerbe.  Je t’écoute, je m’émerveille et je garde le silence. Je ne veux parler qu’à tu et à toi, pas à tort et à travers, tu comprends ça, toi, le poète ?

Cicé

Tu veux parlergarde_enfant_seul
Je dois penser
Tu vas rêver
Je pars bosser
Mais tu te tais
Et je m’en vais
Reviens souvent
Vainqueur de temps
Je te vois grand
Tu es pourtant
Mon seul enfant.

Géraldine

Tata, tu t’es tue trop tôtobseques
Tatie, t’es partie trop vite
Tout est triste sans toi,
T’étais tellement têtue
T’as tout tenté
Tes tentations t’ont tant coûté
T’as tout quitté
Sur un coup d’tête
T’avais tort !
Nos têtes à têtes vont me manquer
T’étais ma tutrice
T’étais mon tuteur
J’ai conservé tous tes trésors
Ton tutu, tel un totem
Et ton tatou tatoué sur mon derme.
Adieu Tati, adieu Tata
Et patati et patatas
Ton titi…

Laurent

Si tu reviensr
Tu me diras
Si tu reviens
Tu me parleras de là-bas
Si tu reviens
De ce pays sans loi
Si tu reviens
C’est du bonheur encore une fois.

Jeannot

Tu, tu , tu, tu, tu, tu, tu, tuMante_religieuse
Tu me tues à petit feu
Tu me tutoies, tu me rudoies
Tu me soudoies, mes aïeux
En tutu sous les cieux
Je sais tu es venue
Titubante, tout émue
Turbulente, truculente
Tu me tues, toi ma mante.

Christian

Ce soir tu me fatigues et tu le sais.
Tu triches et tu m’ennuies.
Tu n’imagines pas cette histoire, cette présence et pourtant c’est la vie aussi.
Des bouts de vie mis bout à bout porté par un être seul quittant sa table et se dressant sur l’avant scène…

Comment te raconter la force de ces textes criant le froid en eux, le froid de la rue, le froid des regards ?

regard

Quelle prouesse, quelle force de vie dans un être seul qui clame rancœurs  et rancunes comme autant d’appels surgit de la nuit, de la solitude, du vide de l’absence.

A écouter, à regarder tu ne sais plus qui est le comédien, qui est l’auteur tant est proche l’humain !

Une sonnette carillonne et tout d’un coup le parcours est achevé. Sous les applaudissements, l’être seul rejoint le bar, les verres s’échangent, la solitude a changé de camp. Tu n’es pas là.

Cathy

Tu
Derrière tes silences
flottements, réticencesmousse
tu sembles réfléchir
barrière
que je ne peux franchir
Tu me renvoies
un territoire inexploré
où s’aventurer est impossible
et dont je ne devine que
les pensées bouillonnantes.
Comme les plantes envahissantes
D’un vieux jardin
où la mousse humide gagne du terrain
derrière les hautes grilles rouillées
ton front plissé
abrite
Un monde mystérieux de terres inaccessibles.

Emmanuelle

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