05 – Année 2013-2014

En ce dernier atelier de l’année 2013, nous commençons par un grand classique : des cadavres exquis. Chacun écrit un sujet le cache et passe son papier, on ajoute un verbe, on cache puis on ajoute le COD, le complément de lieu et le complément de temps.

On obtient des phrases du style :

Le caviste attrape le président de la république à côté de la heminée le matin en se levant.
Le temps accroche son voisin au bout du chemin tous les vendredis soirs.

On s’inpire de ces phrases pour écrire un texte, un poème …

Christian est très inspiré avec 4 textes :

Le matin, en se levant, à côté de la cheminée, le caviste attrape le président de la république pour lui soumettre son cahier de doléances.
« Je veux que l’on serve du vin dans les cantines scolaires à tous les repas afin que les enfants s’habituent très tôt à ce nectar divin. »
Le président, contemplant le feu qui crépite dans la cheminée réfléchit un temps puis déclame d’une voix solennelle :
« Il en sera donc ainsi ! A compter de ce jour, pinard à volonté dans toutes les cantines ! »
pres

A l’approche du printemps, un chapeau attrape un pull over tandis que des tonneaux de chatmusique classique s’évertuent à trouver leur violon d’Ingres. Non loin, des cohortes de sémaphores râpent des carottes en dansant la macaréna sous l’œil admiratif d’un cyclope anorexique. Résonnent des tambours, battant la démesure en mesure alors qu’un filet plein de poissons-chats échoue dans la gamelle de Félix, le félin fielleux fomentant son festin !

jazz Une trompette arrose la lune bleue
Et les notes comme autant d’étoiles
Raniment de mille feux
Les esprits en cavale.

 Un vieux chaman jazzman
Comme touché par la grâce
Fixe dans son pictogramme
Et le temps et l’espace

geant-rouge « Une cantine de sardines » chante le géant rouge « bouche le port de Sète. Et voilà la Marine qui va leur faire leur fête . Le géant rouge s’interrompt et devient vert de rage en voyant l’assistance lui balancer des tomates rouges comme la honte qui l’envahit.

 Christian

Deux temps, trois crochescroche
Contretemps, je décroche

 Trois temps, deux croches
Va-t-en, ça cloche

 Deux temps, deux croches
Le temps s’accroche

 Quatre temps, quatre crochescroches-bleu
Passe-temps, j’empoche

 Deux temps quatre croches
J’attends, tu approches

 Un temps, deux croches
C’est le printemps, bonne pioche !

Laurent

 

A l’approche du printemps printemps-269974
Le chapeau attrape un pullover à rayures
Les baskets font des claquettes
Les jupes dansent avec le vent
Les couleurs n’en font qu’à leur tête
Les pieds nus partent à l’aventure

hiver

 A l’approche de l’hiver
Le chapeau prend une doudoune
Les baskets de grosses chaussettes
Les jupes tombent jusqu’aux mollets
Les couleurs sombres se libèrent
et les pieds-nus ont mis leur armure

Emmanuelle

 

Affichette chez mon boulanger :

Découvrez la sardine, ce nouveau genre de chanson
qui plait tellement à Londres en ce moment.
le chanteur à la mode, dit « le Géant rouge » qui en a composé  au moins une centaine ,
est là ce soir à 21 heures.
C’est vous dire le succés que va avoir
« la Taverne du vieux Londres« qui l’accueille aujourd’hui,
bien que ce soit un jour de pluie !
Arrivez en avance pour réserver votre place.

 

the-ship-tavern

Christine

 

presC’était un caviste patriote, qui placait toujours une photo du président de la Répubique, dans sa boutique, au dessus de la majestueuse cheminée en pierre, pièce maîtresse de sa cave. Sa clientèle changeait au gré des élections. Il aimait beucoup ça; les conversations en étaient souvent originales , parfois épiques, les quiproquos encore plus suaves….Surtout quand un inconnu rentrait, faisait l’étonné, et amorçait un début de discussion, d’abord prudent , puis de plus en plus passionné …

Christine

Ensuite, pour terminer l’année de manière conviviale, avant de déguster petits plats et nectars, nous écrivons des textes à plusieurs mains :

 

Le cidre de poire

 cidre                    Quoi ? Le Sire de la foire ?
Ça ne s’arrangeait pas pour pépé Fernand. Depuis le temps qu’on lui demandait de s’appareiller pour avoir des discussions normales… En vain.
Je récupérai moi-même le cidre de poire et m’en versai un deuxième verre. Il faut dire qu’il était fameux, vraiment très parfumé !
Mais pépé Fernand, lui, n’était pas de cet avis. Il se mit à tempêter, en accusant le breuvage qui avait « un affreux goût sucrassé » de lui faire perdre ses mots.
Ne perdant pas sa voix pour autant, il se mit à faire l’apologie du « vrai vin, de celui qui goulaille au fond du gosier, de celui qui chante à la lumière et drape le ballon, de celui dont la cuisse ronde réjouit le palais et fait rosir les joues des honnêtes gens. »

En cœur, nous lui fîmes un ovation, et notre pépé Fernand se mit à danser comme une sévillane shootée à la caféine.
Son avis comptait toujours. Il allait leur montrait à tous ces buveurs de canada dry. Il fit apporter des fûts de vin blanc, de vin rouge. Il voulait que tout le monde y goûte.
Et c’est là que ça a dégénéré. Mamie Berthe, qui regardait pépé Fernand depuis soixante-neuf ans avec les yeux de Juliette pour Roméo, a voulu être de la partie. Sauf qu’elle a tout goûté : le rouge, le blanc, le cidre de poire et même le canada dry.
                    Vous en faites pas, elle est coriace la mémé, ont dit les pompiers en l’emportant sur la civière, direction les urgences. Il faut juste qu’elle cuve son vin.

Et pépé Fernand hochait la tête :
                    Ça, je l’avais dit, le Sire de la foire, il était bien trop sucrassé !

 

Tempête sur Ilao

Elle voulait absolument se mettre  à l’abri des orageuses discussions familiales. Ainsi, dans ce petit mas loin de tout regard, elle avait décidé de mettre les choses à plat, de prendre du recul, afin de prendre en toute quiètude les décisions qui s’imposaient.

         C’est pour cela qu’elle avait pris sa journée, acheté un bon petit blanc , choisi son CD préféré et qu’elle s’enferma. Les décisions étaient toujours plus faciles à prendre lorsqu’elle buvait un petit coup.

         Elle entendait parler en bas, de plus en plus fort. La discussion semblait s’envenimer. A l’idée d’être au entre de ce débat, elle trouva que son verre de blanc était encore plus délectable.

         Son morceau préféré touchait à sa fin, c’était la dernière plage du CD. Elle n’avait pas vu le temps passer. Lorsqu’elle ouvrit la porte, le silence emplit la pièce. elle le rompit tranquillement:

tempete

         « Mes chéris , calmez vous , je viens d’apprendre à la radio une grave nouvelle. Il y a eu une tempête sur Ilao, les dégats sont énormes, et si j’ai bien compris, la maison est dans le quartier où tout est détruit. Ce n’est pas la peine que vous discutiez pour savoir qui l’habitera cet été, et quels sont ceux qui cohabiteront.

         Elle emballa son histoire de ficelles bien réalistes et de détails bien véridiques. Personne ne s’avisa qu’elle n’avait en main qu’un lecteur de CD; Tout le monde se mit à pleurer en s’embrassannt.

          La tempête sur Ilao avait protégé l’harmonie familiale…  Pour un instant !

 

Le miroir des fantasmes

mouche_015

 Sur le mur de la pièce principale est accroché un grand miroir. Je me regarde dedans et prends l’allure de celui que j’aimerais être. Un jour, une mouche énorme, style mouche à vers, se pose sur le miroir, comme si elle était sur le coin de ma bouche. Elle me nargue d’un œil narquois. Je l’observe et tente de découvrir ce qui peut l’intriguer. Mais elle prend la mouche ( !), quitte le miroir et vient se poser sur mon épaule. Je déteste les mouches noires. Et surtout celle-ci, bien sûr, dans l’instant présent. Donc j’imagine un stratagème ingénieux pour l’occire sans qu’elle ne s’en aperçoive. A pas de loup, j’amorce une marche glissante qui ne fait pas bouger une seule partie de mon épaule. Très concentré par la manœuvre, j’ouvre la bouche, oubliant que la vue d’une mouche est bien plus performante que la mienne et pfffffffft ! La mouche se transforme en une créature de rêve ayant pour unique apparat un peu de chanel n°05.

« Poupoupidou, mon chou », me dit-elle. Tu as bien fait de ne pas m’écraser ! »

 Tempête dans un verre d’eau.

 La reine des fourmis avait disparu. C’était le désespoir dans la fourmilière. Au lieu de s’affairer, comme à leur habitude, les fourmis ne bougeaient presque plus. Seul le sol était en mouvement et de sinistres craquements réguliers rythmaient le temps. Des soubresauts répétés ébranlaient les galeries et les ouvrières d’habitude en ordre de bataille fuyaient à qui mieux mieux toute antenne dehors. La  Reine avait disparu. Qu’allaient-elles devenir ? La panique gagnait les troupes. Les fourmis, jusqu’alors dévouées à leur reine étaient perdues. Chacune avait son idée :
«  La Reine est tombée dans une faille du sol !fourmis_021
– La Reine a été écrasée par une chaussure !
– La Reine a pris la poudre d’escampette ! »

 C’était le chaos. Soudain, au milieu des va-et-vient et du bruit, la Reine réapparut. Elle était radieuse. Elle annonça fièrement aux ouvrières et aux guerrières :

« Enfin, j’y arrive ! Je croonde ! » Un tonnerre d’applaudissements de mandibules retentit dans la galerie. Enfin notre fourmi croonde !…

 L’instituteur et son élève

 Il existe un rapport un peu particulier entre l’instituteur et son élève, qui plus tard sera, qui sait Coluche, Sarkozy ou le mime Marceau !

coluche_accueilnicolas-sarkozymarc02

Cette année, c’est la petite Emmanuelle qui le préoccupe. Elle passe son temps à griffonner de petits poèmes sur les feuilles de brouillon qu’elle récupère dans la corbeille. Il aimerait bien qu’elle en fasse profiter la classe mais elle préfère les entasser dans sa pochette à élastique destinée aux exercices en autonomie. L’enseignant respecte son souhait de les garder secret ! Mais aujourd’hui, un événement va le bouleverser. Car lui, l’instituteur consciencieux en a lu quelques uns de ces petits papiers.  Il s’en souvient notamment d’un, particulièrement réussi. Or Emmanuelle, dans le couloir est en train de le réciter à sa copine. Celle-ci se met à rire si fort, que l’instituteur intrigué tend l’oreille, mais en vain . Emmanuelle se met à gesticuler, mimant il ne sait qui… A bout de patience, il interroge l’élève sur la teneur de son poème. Emmanuelle rougit de honte, balbutiant piteusement quelques mots. L’instituteur ne sut jamais ce qui était écrit. Et cela le faisait enrager. Les années passèrent. Emmanuelle grandit. L’instituteur cherchait toujours à savoir ce qui était écrit sur le poème. Il avait tout tenté. Alors en désespoir de cause, il s’inscrivit à l’atelier d’écriture du vendredi pour percer le secret d’ Emmanuelle.

Ainsi roulait l’olive bleue

        tourLe petit chemin serpentait à travers les bosquets, escorté de lavandes et de pins parasols. Après quelques kilomètres à travers les bois, on apercevait des champs d’olives à perte de vue. Mais plus on se rapprochait, plus ce que l’on pensait être une illusion d’optique semblait réel.
Emile plissa les yeux, pour s’assurer que ce qu’il voyait était exact. Oui ! Il y avait bien une Tour Eiffel au bout du cham d’olivier ! Et à peine plus petite que l’originale ! Emile s’approcha , intrigué. Son esprit vagabondait. Qu’était-ce ?
          Un derrick dédié à l’huile d’olive ?
          L’antenne du nouveau réseau de téléphone 5G ?
          Un immeuble sans demeure fixe ?

Il        Il n’était plus qu’à 100 m de l’édifice quand il comprit !

C’était un hologramme qui projetait de façon parfaite l’image de la célèbre Tour.  Toute une équipe de techniciens du cinéma et de l’image étaient à pied d’œuvre, dans le champ d’olivier. La script relisait aux acteurs les changements de dernière minute.
« Là, Tintin, tu dois sauter de la tour Eiffel (enfin de l’échafaudage) dans l’olive bleue (enfin dans l’Alpine) et tu te laisses conduire à travers champs. »
Emile, rassuré sur sa santé mentale et la qualité de sa vue assistait aux dernières prises de vue du dernier Pilansko.

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