07 – Année 2013-2014

1) Mots à la carte ou comment s’adapter le plus vite possible …

On commence à écrire… Toutes les 5 minutes, chaque participant propose un mot que tous les autres doivent intégrer dans la phrase suivante de son texte !! Lorsque chaque participant aura proposé un mot, conclure et mettre un titre .

Les mots donnés au fur et à mesure de l’écriture ont été :

cucurbitacées – déprime – mon dieu – canne à sucre – pic – rodéo – paratonnerre – dysenterie – Shakespeare –

En attendant l’hiver
Je ne voyais rien venir. Point de gelée blanche, d’anoraks à boudins phosphorescents ou de bonnets péruviens. Au clou les mitaines, écharpes et bas de laine. Non, cette année point de bonne soupe de cucurbitacées, de choucroutes et autres daubes de sanglier qui tiennent au ventre. Point de vin chaud ni de marrons grillés. Par ici la déprime, l’hiver nous faisait définitivement faux bond. Un éternel automne fricotait en catimini avec le printemps et la nature y perdait son latin, ballottée à qui mieux-mieux au gré des hérésies anticycloniques. Les asperges sauvages pointaient leur nez en Février tandis que les cerisiers s’enhardissaient de leur floraison à venir.

cerisiers 010

Mon dieu ! Quel capharnaüm ! Il n’y a plus de saison ma bonne dame ! Tout fout le camp ! A qui le dites-vous ! Si ce n’est pas un monde, quand même ! Plus de respect pour les cavaliers, seins de glace ! Noël au balcon, Pâques au balcon et au diable les tisons ! A ce rythme là, on allait se mettre à cultiver de la canne à sucre au lieu de brûler nos stères de bois. Même le pic Saint-Loup faisait la gueule. Il espéra bien un temps être recouvert d’une pellicule blanche mais ses désirs restèrent lettre morte. Les batailles de boules de neige, les rodéos de luges endiablés, ce n’était pas pour tout de suite. Et puis avec çà, la douceur ambiante ne tuait pas la vermine. Les toubibs se frottaient les mains, traitant à tour de bras grippes, gastroentérite et autres cas de dysenteries galopantes. Dans ce climat de chaos généralisé, on avait même ressorti les vieux paratonnerres rouillés pour juguler les ravages des orages aoûtiens qui en l’occurrence illuminaient le ciel de Février. Bref c’était la bérézina ! La chienlit ! La débâcle ! Une citation du dramaturge grand breton Shakespeare résumait à elle seule la situation: « Un seul hiver vous manque et tout est dépeuplé »

Christian

 

Cucurbitacée : premier mot d’un texte à écrire. Cucurbitacée !!! Mais qu’est ce que je vais bien pouvoir écrire ?! Le curaçao, le curare, j’aurais été inspirée ! Mais les cucurbitacées !!! Quelle déprime ! Autour de la table, ils ont tous l’air inspirés. Les concombres leur donnent des ailes ! Mon Dieu ! Ils écrivent quoi ? Moi, rien ne vient. Je ne vais quand même pas décrire la forme, la couleur du melon ou du concombre ! A moins que je ne parle de la plantation, floraison ou ramassage des cucurbitacées. A priori, cela les passionnerait ! Et puis de là, j’enchainerai sur la canne à sucre. Cela doit être passionnant, la coupe de la canne à sucre !

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Maintenant, il faut rajouter le pic ou le pique, comme on veut. Merci Laurent ! Comment glisse t-on dans un texte sur les cucurbitacées le mot pic ou pique ? Un as de pique pointant son nez … Ah ! Stop ! Mot suivant : Rodéo. Bien, nous avons un concombre qui fait du rodéo sur un melon ! tiens, pourquoi pas, cela peut être drôle, enfin il faut l’espérer au point ou j’en suis ! Je commence à avoir le gros intestin irrité ! Normal ! Tous ces cucurbitacées finissent par me donner la dysenterie ! A présent, il va falloir placer « paratonnerre » !La prochaine fois , je tenterai d’écrire un « Roméo et Juliette » avec mon concombre et mon melon ! A la Shakespeare, cela passera mieux !
Carole.

 

 

 

« Pour l’amour d’une courge »
Cucurbitacée était perchée dans le haut du potager, inondé du soleil de juillet. Martin, le jardinier la palissait amoureusement sur une treille d’osier.
C’était le plus hardi des éleveurs de courge de la plaine, il avait gagné le concours plusieurs saisons de suite et faisait beaucoup de jaloux.
Certains même, qui ne pouvaient s’empêcher de l’espionner, dressaient escargots et limaces équipés de caméra miniatures pour percer à jour ses secrets. Mais la déprime les gagnait car rien ne transpirait de ses techniques maraichères et la seule image qui leur parvenait était celle d’une belle tige verte qui serpentait dans les rangs enherbés d’un beau jardin, et qui s’enroulait voluptueusement autour des brindilles tressées.
Mon Dieu ! Qu’elle était belle avec sa corole vert tendre. Ses petits duvets dressés étincelaient au petit matin quand la rosée encore là, rafraîchissait la terre.
courge

Martin veillant à tout, l’avait protégée du vent par un rang d’immenses cannes à sucre, puis l’avait délicatement installée sur une tuile antique qui avait dû accueillir en leur temps bien de ses semblables.
Sa pique à la main, il éloignait sans vergogne tout gastéropode menaçant. C’était un vrai rodéo dans le petit jardin. Les caméras chutaient dans un horrible fracas, et les jaloux connectés se lamentaient de leur malchance. Plus d’image ni de son ne leur parvenait, le temps passé ne leur permettait plus de dresser d’autres limaces.
Cucurbitacée, elle, se prélassait, ivre de chaleur, et grossissait à vue d’œil. Martin qui l’enveloppait d’un tendre regard, la flattait sans cesse.
Parfois le vieil homme riait aux éclats. Oui, certains, cachés derrière le mur de pierres, l’avaient entendu. On se demandait bien au village, à qui pouvait parler cet homme habité de solitude : « il n’aimait que ses courges …». Eh bien, c’est à elle qu’il s’adressait inlassablement, lui contant la mésaventure de quelque trop gourmand, qui s’étant introduit dans son verger, avait été pris de dysenterie après avoir trop mangé de prunes.
Il savait bien qu’elle ne répondrait pas, mais sa conversation le nourrissait autant que la bonne et riche terre qu’il avait amendée durant de nombreuses années.
Un jour menaçant, il avait confectionné avec des bouts de ferraille un paratonnerre de peur qu’elle, si belle, si joufflue maintenant, finisse en gratin avant la fin de la saison. Heureusement, l’orage était passé plus loin.
Ce matin de fin d’août était l’heure de la cueillette, pour la préparer à cet arrachement, parfois douloureux, Martin lui lisait son Shakespeare préféré, « Songe d’une nuit d’été », mais ne tentait-il pas, plutôt de s’apaiser lui-même ?…
En ce jour, pour l’amour d’une courge, Martin fut à nouveau, décoré.

Géraldine

 

Sale journée

Oh là là ! Rien ne va aujourd’hui. Rien !

Pour bien commencer la journée, je me suis cognée contre la porte de l’armoire en sortant du lit. Bing ! Prends ça dans la tête ! Pendant 5 minutes, j’étais incapable de bouger tandis qu’une farandole de cucurbitacées dansait autour de mon crâne. Le mauvais moment passé, je suis allée dans la salle de bains pour prendre une douche. Et là ! Plus d’eau chaude! Obligée de faire un lavage express au gant de toilettes.

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Bon, à cet instant, je me suis dit que la chance allait forcément tourner. Et je suis partie dans la cuisine pour avaler un petit quelques chose. Quand j’ai ouvert le frigo, c’était la déprime. Mon Dieu ! A croire qu’un farfadet avait dévalisé mon garde-manger pendant la nuit.

C’est donc avec un gouffre à la place de l’estomac que je me suis traînée jusqu’au travail. C’était l’horreur ! Partout, je voyais de la bouffe me narguer : Julie, la grande tige du marketing s’est métamorphosée en canne à sucre, la souris de mon ordi en beignet, les énormes doigts de Robert pianotant sur son clavier en guimauve.

Pour revenir à la raison, je me suis pincée à plusieurs reprises et j’ai dévalé les escaliers, direction le Service Production, où il y a toujours un con pour offrir quelque chose à grignoter. A croire qu’ils apprécient les pique-assiettes… La série noire n’était malheureusement pas terminée. Dans mon élan, je me suis emmêlée les pieds, et je me suis retrouvée à cru sur la rampe de l’escalier, pile poil au moment où le patron a pointé le bout de son nez.

rampe

« Alors, Isabelle, vous faites du rodéo aujourd’hui ? M’a-t-il dit d’un air moqueur. »

Rouge pivoine, je suis descendue de mon canasson, j’ai tiré sur ma jupe relevée jusqu’aux cuisses et j’ai tenté d’afficher sur mon visage le sourire le moins niais possible. J’ai vraisemblablement échoué. Si vous aviez vu sa tronche de mec qui souffre de la dysenterie, vous seriez partis en courant. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait. L’appétit coupé ! Il y a des jours comme ça où vous vous demandez si vous ne servez pas de paratonnerre à tout votre entourage…

Désespérée, j’ai fait une ultime tentative pour faire fuir le mauvais sort. J’ai invoqué tous les saints dont ma mémoire se souvenait : Pierre, Jean, Shakespeare, Hugo … J’ai prié, longuement, les yeux fermés, dans l’attente d’un miracle. C’est alors que j’ai entendu un doux murmure dans l’escalier. La chance ? Allais-je enfin trouver la chance ? D’une confiance aveugle, je me suis avancée. Mais c’est Robert aux doigts de guimauve que j’ai percuté.

Elodie

 

Petite histoire d’un régime.
Le pauvre homme marchait péniblement, en traînant la jambe et en portant sa courge. On lui avait prescrit un régime à base de cucurbitacées, destiné à accélérer la cicatrisation de sa blessure. et aussi à régler ses problèmes intestinaux. Courge, potiron ou citrouille, il ne savait pas trop la différence, mais il en avait une belle dans les bras et peinait fort à la porter!

La poser sur la tête, malgré la forme incurvée du légume, ne fut pas un bonne idée, en l’absence d’entraînement, car il chuta dans le chemin caillouteux et le potiron se brisa en plusieurs morceaux. Quelle déprime ! Il fourra quelques débris dans ses poches .
Mon Dieu, son régime serait quand même suivi s’il ajoutait quelques autres légumes et de la canne à sucre. La blessure n’y verrait que du feu et guérirait bien tout de même. C’était une question vitale pour lui, car il devait participer à la course autour du Pic St Loup et au rodéo sur vachettes camarguaises qui auraient lieu le mois suivant à l’initiative du célèbre club « courir et tauréer » . Il devait absolument damer le pion à la bande à Gaston qui le tournait volontiers en ridicule sous prétexte que ses dysenteries à répétition l’empêchaient de courir vite.

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Il aperçut au loin le paratonnerre de la maison de son ami Shakespeare (surnommé bêtement ainsi parce qu’il faisait beaucoup de bruit, pas pour rien, quand il bricolait). Sauvé! ce copain était le plus ingénieux qui soit et il trouverait sûrement un truc pour accommoder les morceaux de potiron ou pour trouver d’autre cucurbitacées et concocter la recette idéale .

Malheureusement cette histoire ne finit pas bien; Le copain malin n’était pas chez lui, la soupe ne fut pas conforme aux prescriptions, l’entrainement de notre héros très insuffisant, la course perdue et le rodéo calamiteux car la blessure à la jambe se rouvrit, ainsi que la dysenterie. La bande à Gaston, encore une fois, rigola fort.

Mais… mais… à toute chose malheur est bon. Car les graines de courge , semées sur le chemin, germèrent et donnèrent bientôt des plantes magnifiques, qui alimentèrent plusieurs régimes à base de cucurbitacées ainsi que de belles citrouilles pour Halloween !

Christine

 

    ZEN

C’est une cure de cucurbitacées, bien tassées qu’il me faut ! Il paraît que cela rend zen comme les carottes rendent aimables, soi-disant. Je m’empresse donc de suivre cet article de presse et me rends à la première heure chez le primeur. S’étalent sur son étal un choix varié de fruits et légumes non avariés. C’est certain, ma déprime va s’estomper. Je ne vais pas me tromper. Des pastèques Mexicaines, des melons dont j’emplis mon chapeau. Même les citrouilles ne me font pas peur. Par contre, je ne m’encombre point de concombres !
« Mon dieu, te voilà bien chargé, m’apostrophe sans guillemets Paul, mon pote âgé qui tient la caisse.
Faute de persil, Jeanne te donne de la canne à sucre, c’est de bon cœur, et un artichaut !

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– Ca tombe à pic, elle ne restera pas sur le carreau, c’est promis. »
Rentré à la maison, je me rends dans mon labo. C’est parti pour une décoction spéciale ! Pour les elixirs particuliers je suis rodé ! Oh oui ! Une fois épluchés, je remplis la cucurbite de mon alambic de toutes ces cucurbitacées. J’y joins la canne de Jeanne et le cœur d’artichaut. Au bout de quelques minutes la chaudière bout. Les vapeurs de ce mélange bien alambiqué en contact de l’air frais de mon paratonnerre me fournissent un liquide jaunâtre. Me rendra-t-il enfin zen ? J’en remplis un verre et me mets à déguster cet alcool de cucurbitacées. L’effet est immédiat. Une terrible dysenterie ravage mes intestins. Je ne peux plus, je me meurs, j’expire !

Laurent

SHAKESPEARE

J’ai toujours pensé qu’on devine quelqu’un aux livres qu’il lit. Pourtant, sa bibliothèque ne dévoile pas grand-chose de mon voisin. Un recueil de jardinage « Le cucurbitacée » côtoie une biographie de Chopin, un pamphlet de Diderot et les poèmes d’un illustre inconnu.
Le voilà qui revient avec un constat à l’amiable. La déprime se lit sur son visage.
« J’ai toute l’aile enfoncée ! » grogne t-il en cherchant un stylo. Prestement, je me saisis de mon sac pour lui passer un bic, mais voilà que la anse fait balancer un vase Ming sur une console. Je le rattrape juste à temps.

« Vous n’en avez pas fait assez ? » gémit mon voisin, dont j’admire le costume trois-pièces et la cravate qui l’étrangle. Il ne m’invite pas à m’assoir sur son canapé. Vu que j’ai du goudron plein les mains, je peux le comprendre. Mon Dieu, je m’aperçois que j’ai laissé une trainée noire sur sa porte. J’essaie de regarder ailleurs mais tout me ramène à cette tâche.

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« Évidemment, vous vous en foutez vous. Votre boîte de conserve ne vaut pas un clou. Vous n’imaginez pas le prix d’une BM ! »
Je ne sais pourquoi, je me sens bien inspirée de me taire.

« On est d’accord que vous êtes totalement en tort ? » ajoute t-il en martelant les mots. Me voilà face à un épineux problème. Ok, je lui ai grillé la priorité sur la droite sur le rond-point, mais lui allait beaucoup trop vite. Si je me lance dans une discussion, je sens que ça va me gâcher le week-end. Or j’ai envie de rester zen. Je respire doucement en fixant mon regard sur sa plante verte, une espèce de canne à sucre fichée dans un pot en marbre. Après tout, je suis assurée au tiers. Je sais remplir un constat mais il prend les choses en main et à part le côté amiable, a l’air d’assurer. De temps en temps, il lance quelques piques de macho : « Ah, les femmes au volant ! On a passé son permis dans une pochette surprise ? Vous en faites souvent des rodéos sur le rond-point vous ? »

Je préfère garder mon calme, me souvenant de vagues cours de yoga suivis il y a belle lurette. Je respire doucement, posant dans son salon comme un bouddha immobile. Plus je suis calme, plus il s’énerve. Il semble craindre de se faire avoir, fait des dessins compliqués sur le constat. J’observe par la fenêtre son jardin où tout est taillé au cordeau, pas une feuille morte ne traîne sur les pelouses vert pomme, on ses croirait au château de Versailles, avec les buis figés par un artiste de la cryoscopie.

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Dans mon jardinet, c’est tout le contraire. Ces temps-ci, avec la pluie, il est plein de boue comme s’il était atteint de dysenterie. Rien de cela dans ce lieu d’opulence : sa maison doit être équipée d’un paratonnerre. Même son intérieur est impeccable. A croire que jamais personne ne s’assoit dans son salon, ou ne mange à sa table plus brillante qu’un miroir.

Enfin le constat est rempli. Il m’en tend brusquement une copie d’un air glacial. Je suis restée debout tout le temps. J’aperçois « Le songe d’une nuit d’été » dans la bibliothèque.

« Ah, vous aimez Shakespeare ? » dis-je cordialement, manière d’alléger l’atmosphère.
« Hein… Le chat de qui ? » aboie t-il d’un ton rogue.

Je comprends. Les livres, c’est pour faire joli. Et sa BM, c’est pour parader. Eh bien il va moins faire le malin maintenant dans les rues du village. Je me demande finalement si je ne l’ai pas percuté volontairement tout-à-l’heure. Inconsciemment bien sûr…

2°) Mots qui rythment, qui riment, qui sonnent

Sonnez les mots ! Ecrivez un texte poétique ou un poème qui fasse sonner les mots.

michael-jackson-4886C’est Allison
Anglo-saxonne
Un peu garçonne
Elle est maçonne
Très polissonne
Chez elle on sonne
Si l’on frissonne
Elle désarçonne
Comme personne
Ecoute Jackson
Joue du klaxon
C’est Allison

Laurent

Un par terre de pages papillonne
Parade patachon et patronne
Pèle mêle des pêcheuses patraques
Des pédagogues pédants pathétiques

Christian

3°) les ani-mots en image.

Inspirez-vous d’une ou plusieurs illustrations de Ferdinand van Kessel… Fable, récit, poème ? Qu’importe mais votre histoire commencera par messire le chat

chatsinge

Messire le chat bouillait intérieurement. Des milliers de miaulements schizophrènes résonnaient dans sa boîte crânienne. Mais que venait il fait dans cette galère. Certes, notre félin avait décidé de se rendre à pattes de velours chez le barbier.
Une fois sur place, les choses avaient pris une tournure qu’il n’avait pas envisagé .Le 019722ebbarbier était un vieux singe myope et sourd affublé d’un chapeau rouge à plume pour le moins ridicule. Le babouin sénile le fit assoir sur un coussin rouge, l’affubla d’un drap blanc qui le faisait ressembler à un chat botté d’opérette. Pour détendre l’atmosphère, le simiesque barbier lui proposa un verre de lait, déterrant par cette offre tous les poncifs éculés circulant sur les félins.
Toutes griffes dehors, messire le chat, demanda un whisky on the rock. Cette doléance déstabilisa le barbier qui balbutia fort gêné qu’il n’avait pas d’alcool dans son échoppe.
Messire le chat n’insista pas.
Les choses semblaient se calmer quand le vieux singe entreprit de prendre d’assaut la moustache de sa seigneurie féline.
Je suis venu pour ma barbe et nous pour que l’on me défrise la moustache, vieux babouin !

Christian

Messire le chat couché dans un coin du sofa
Tentait d’amorcer le grand somme prescrit
C’était sans compter sur Mam’selle souris
Promise à un bel avenir de Petit-Rat.
Il avait tant galopé durant toute la nuit
Assumant ce pourquoi on l’avait bien choisi gif-anime-chat-14-gratuit
Que son énergie avait vite chutée
A la vue du confortable canapé.
Mam’zelle souris elle aussi avait pris
La direction du salon de velours gris
Et s’étant avisée que libre était l’accès
S’avançait, imprudente à peine dissimulée.
Ignorante de Matou d’un seul œil endormi
Elle allait et venait, dansant sur le tapis
Tournoyant et chantant refrains à volonté
Préparant ses concours de chant et de beauté.
D’un seul coup, comme mû par un ressort lâché
Il sauta et rafla la Grise sous son nez
Qui tenta mais un peu tard, un cri
Et fini bien au chaud de l’estomac, sa vie.
Géraldine

Messire le Chat était très préoccupé
par sa coiffure et la toilette de la journée.
Il s’adressa au barbier le plus réputé,
un singe courtois en pourpoint bleu bien boutonné,chatdali
qui l’installa sur un coussin rouge et replet,
lui tailla les moustaches d’une coupe compliquée.
Au vu du miroir, cela contraria Minet.
« Messire, je vous assure que c’est plus distingué
que toutes ces moustaches frisées et trop délurées;
des jeunots qui viennent ici se faire toiletter
Mais si Monsieur le désire vraiment , je lui mets
tout comme avant, des vibrisses coiffées et lissées  »
proposa ce singe-barbier toujours apprécié
des clients arrogants les plus mal embouchés.
Voyez vous, souvent ainsi faut il être aux aguets
de ceux qui veulent tout sur un plateau d’argent.

Christine

singepeintre

Messire le chat, arrêtez de vous lustrer le poil. Relevez la tête et affichez votre plus beau sourire.

Non, ne souriez pas en fait ! Vos canines sont tellement affûtées que vous me faites trembler.
Et si vous voulez que je réussisse votre portrait, il ne faut pas que je sois angoissé.
Voilà, c’est bien, moustache rectiligne, torse bombé, je peux continuer.

Mais c’est Foufi qui s’en mêle maintenant. Foufi, filence !
Et file doux comme un gentil toutou ! Ce pinceau n’est pas un jambonneau.

Et dire que j’ai toujours voulu être un artiste… Mais je me suis lourdement trompé.
Des heures à raisonner des bêtes de tout poil dans cet atelier sombre et triste comme la mort. Alors que je rêve de vert, de grand air, de canopée.
Papa, maman, vous aviez raison. Je vous ai quittés le sourire aux lèvres mais désormais, c’est de la ville que je veux m’évader.

Elodie

Messire le chat

Voilà mon chat, un chat d’Iran, chat_013
Un peu chaman, il est charmant,
Pas un chat laid comme Sacha
Ce chat pelé, un vrai chat teigne !
Parfois chameau dans mon chapeau
Jamais chagrin, c’est un chat pitre !
Un peu chafouin et chapardeur !
On le chatouille et il chavire
Et quand il chasse, oui, mon chat loupe
Oui, mon chat cale, c’est un chat lent !
Aime la chaleur, pas le chahut
Aime le chapon, bois du chablis
Dans ma datcha, c’est le pacha.
Mon chat Bada, mon chat chat, chat !

Laurent

Messire le chat désirait un portrait
qui rendit grâce à sa beauté.

Messire Singesinges029
étant peintre à ses heures
accepta volontiers ce labeur.
« Je voudrais pour paiement recevoir quelque manne » dit-il.
« A vous de voir quoi : cacahuètes ou bananes…
Quelque ingrédient appétissant
que je me mette sous la dent. »

Le tableau avançait à la joie du félin
mais pour rétribution
à l’animal candide
se posait la question
n’étant pas très malin
de savoir où trouver banane ou arachide.

« Il est aisé, songeait le chat,
de dénicher quelque rongeur…chat
Mulots, souris, ratons laveurs…
Il suffit pour cela
d’aller au galetas.
Tandis que les bananes,
je suis plutôt profane !»

Ne sachant comment faire
Il demande conseil
à un brave toutou
n’ayant pas sa pareille
pour avoir réponse à tout.

« Vous trouverez votre bonheur
en vous rendant chez le primeur
où les fruits et légumes
poussent en toute saison. »

Ravi, messire le chat y fait ses commissions.
Mais n’ayant pas un rond,tier005
ne sait comment payer.
Le marchant, bonne pâte,
trouve à le rassurer
avec une proposition :

« Étant rapide sur vos pattes, dit-il, vous pourriez hanter mon grenier
où des rongeurs de tous poils semblent bien vouloir s’installer.
Débarrassez-moi d’eux ! »
Ravi, messire le chat, se régalant d’avance, dévora les squatters.
Oh, la belle pitance !

Comme on le voit dans cette histoire
hormis quelques rongeurs qui ont broyé du noir
on peut dire vive le troc et l’échange des savoirs
qui permet à chacun de se faire valoir

En bonus à cet atelier les textes d’Elodie et d’ Emmanuelle de l’atelier du 24 janvier (qui sera complété…)

1°) En puisant dans vos souvenirs, évoquez (à travers un poème dont chaque vers commence et se termine par la même syllabe) un lieu magique où l’eau est omniprésente : rivière, lac, océan…

L’horizon bleu infini, le soleil ardent, son halo
L’eau turquoise pétillant sous les nuages falots
Une mer de sable fin ondulée de dunes
Une douce brise berce les poissons-lunes

IFElodie

Comme un océan bleu s’étend le lac de Côme
Cerné par des maisons que les montagnes enserrent
Agenouillé sur l’herbe, sous un ciel sans nuage
Tu contemples l’eau pure. Les arbres s’évertuent
A jeter l’encre sur la douceur des rivages
Mâtinant d’ocre et vert la froideur du bleu mat
Et l‘oiseau s’émerveille dans un bruissement d’ailes.

come

Emmanuelle

 

2°) « Cela fait bien cinq minutes que je suis debout devant la porte. J’ai frappé pourtant. Au moment où je m’apprête à recommencer… » Imaginez la suite !

« Cela fait bien cinq minutes que je suis debout devant la porte. J’ai frappé pourtant. Au moment où je m’apprête à recommencer… »

… Une sirène. Des piétinements dans l’escalier. Des syllabes hachées qui vous tranchent les oreilles.

Je passe la tête au-dessus de la rampe en bois délestée de son vernis. Des casques, des uniformes et des godillots en cuir. La peur me prend aux tripes et mon imagination fuse plus vite encore que le reflux de mon estomac. Que lui est-il arrivé ? Une crise cardiaque ? Un malaise ? Une mauvaise chute ?

Je suis comme paralysée. Pétrifiée. Je ferme les yeux, de peur de voir l’un des hommes venir à ma rencontre, les yeux baignés de compassion, pour m’annoncer… Je préfère ne pas y penser.

Le bruit se rapproche. Je perçois désormais le son des respirations lourdes et saccadées. Je sers les poings. Prête à encaisser. Mais la tempête poursuis son chemin. Un palier plus loin. Une grand-mère leur ouvre la porte, la voix éplorée. Son pauvre « Minouchat » ne veut plus descendre de l’arbre où, depuis la fenêtre de la cuisine, il s’est perché.

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Je reprends mon souffle. L’angoisse quitte mon corps, semant sur son passage des salves de tremblement. La porte s’ouvre.

 Tiens, t’es déjà là ! Pourquoi tu m’as pas fait signe ?

Je me retourne et lui sourit gauchement, la larme à l’œil.

 Oh toi, t’es pas en forme aujourd’hui. Et si… on allait au resto pour se requinquer ?
 Et si … lui dis-je en retour, avant de me jeter dans ses bras.

Elodie

Cela fait bien cinq minutes que je suis debout devant la porte. J’ai frappé pourtant. Au moment où je m’apprête à recommencer, elle s’ouvre enfin.
– C’est pourquoi ? Me demande une voix peu amène. Je commence par me fendre d’un grand sourire. Selon les règles apprises par cœur pendant la formation de commercial chez Whiskas : sourire, se fendre d’un compliment, parler de la pluie et du beau temps.

 

Évidemment, ce n’est pas par hasard que j’ai frappé à cette porte. Nous avons nos informateurs, que le panneau « cave canem » (attention au chien !) apposé sur le portillon vient de me confirmer.

– Oh ! Le beau chien-chien ! Dis-je en insistant bien. Je n’en ai jamais vu de si beau !

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Le regard que le Rottweiler jette sur mes mollets ne me dit rien qui vaille.

– Faudrait voir à ne pas l’énerver, me dit la ménagère de moins de 50 ans d’une voix grinçante. C’est pour quoi alors ?
– Eh bien, ça tombe bien que vous ayez un spécimen de la gent canine, car je vends les meilleurs croquettes et pâtés pour chiens de la planète. Voulez-vous y goûter…? Enfin, j’entends : que Médor y goûte ?
– Médor ? Un chien qui a un pedigree remontant aux Baskerville ! Il s’appelle Kroutchef, et de toute façon, il est végétarien…

Le retour à ma voiture se fait en courant, ventre à terre. C’est que ça galope ces molosses… Je m’enferme dans l’habitacle. Finalement, je crois bien que je vais retourner pointer au Pôle Emploi. Je tiens à la vie moi ! Enfin, j’ai au moins gagné un stock de pâté. Et ça doit pas être plus mauvais que du foie gras si ça s’trouve.

Emmanuelle

 

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