07- Atelier du 01-02-2013

Au programme ce soir le futur, un voyage en train et un tour dans la cité. De quoi s’évader de notre routine.

1) Pour commencer nous devons utiliser un ou plusieurs pronoms personnels (ou très personnels !!) Phrases courtes…au futur !!

Leur mère partie, ils sortiront de leur tanière, avec mille précautions, et quelques avancées puis reculs. Ils verront très vite la silhouette menaçante. Dans une envolée de poussière, griffes dérapant sur la roche, ils rentreront à toute vitesse en se bousculant. Le fauve rusé se jettera sur le trou, vif comme une tornade qui avance.

renards-15

Enfoncera-t-il sa patte suffisamment loin pour attraper un des petits ? Il nous faudra guetter aux jumelles pour le savoir. Et encore! Le crépuscule nous enveloppant de son châle sombre, notre curiosité restera insatisfaite.

Christine

gif_ileJe jouerai le jeu
Tu perdras ta vertu
Il regagnera son île
Elle croira au Père Noël
On se moquera du qu’en dira-t-on
Nous nous mettrons à genou
Vous serez au garde à vous
Ils se regarderont le nombril
Elles écriront au futur  des nouvelles.

Laurent

Tu danserasTango
Je jouerai avec toi
Tu m’aimeras
Je te prendrai dans mes bras
Tu le verras, il sera là, lui, tout près de toi
Lui ? Il te racontera une histoire
Elle nous emportera loin, là-bas.

Cathy Be.

Quand les poules auront des dents, les vaches voleront de leurs propres ailes. L’eau s’empilera en cubes au pied des cascades. Nous marcherons sur terre comme sur un lit de mousse. Le froid gelé de l’hiver aura un goût de sorbet, et quand je m’éveillerai, il n’ y aura plus rien de vrai.

poules-dents

Cicé

Je t’aimerai, tu m’aimerashumoristique8
Nous partirons, oui nous fuirons
Nous explorerons, nous chercherons
Nous cheminerons, oui nous irons
Par les chemins, batifolerons
Au gré du vent, nous évaderons
Ils n’aimeront pas, vous comprenez
Ne comprendrons pas, vous savez.
Au gré du vent, par les chemins
Au gré du temps, de nos desseins.

Christian

FUTUR

 seulIl s’éternisera au travail
Il ira boire un verre
Il rentrera tard
Il ouvrira la porte sur une maison froide
Il allumera quelques lampes
Il mettra la télévision en marche
Il réchauffera les pâtes de la veille
Il se servira un verre
Il regardera les lumières d’en face
Il écoutera les rumeurs de la ville
Il rêvera d’une autre vie

Emmanuelle

 

2) TRAIN  On écrit 5 mots qui commencent par chacune des lettres de TRAIN puis nous laissons notre imagination s’exprimer en toute liberté.

0127

Le voyagiste aux 2 touristes:

« Mme, Mr, vous prendrez le train jusqu’à Istanbul. Il va lentement, vous aurez tout le temps d’admirer la nature et de compter les traverses des rails. Au revoir et bon voyage. »

Christine

Quoi de mieux que le trainTrain
Pour quitter son train-train
Composter un ticket
Pour oser tout quitter
Prendre le train de nuit
Pour sortir de l’ennui
Retirer son costard
Enfiler l’Eurostar
Un billet sans retour
Pour une vie sans détours
Pour enfin arriver
Au plaisir ravivé.

F i n

Laurent

Il a raté son tain. Et c’est très bien comme ça. C’était devenu trop contraignant cette histoire de Noël. Les bougies. Le Père Noël et le bon Dieu. Les papillotes. Les cadeaux et le Divin enfant qui est né. Encore une fois ! Il est né le divin enfant. J’aurais dû rater mon  train moi aussi ! Les bergers sont avancés. La dinde est au four. Les cloches sonnent. Le Divin enfant est né. Contrainte de l’imaginaire. J’aurais dû t’accompagner !!

chansons-noel-il-est-ne-le-divin-enfant-noel

Cathy Be

gareTant pis pour ce train,
Raté ! Je prendrai le suivant
A la gare St Germain
Il y a du vent souvent
Nerveux et assez puissant
Pour prendre le dernier train
Le train de l’air du temps

Cicé

Travelling, travelling man, oh, trouvère des champs de coton, tu as fui les coups de fouets, pris la tangente loin du bayou, tu as bluffé les négriers, tu es allé, tu es allé. Rallier la Nouvelle Orléans, étreindre la trompette d’Armstrong, mordre le ballast, suivre le rail, rendre tangible l’imaginaire.
armstrong

Travelling, travelling man, oh, trouvère des champ de coton, tu as bluffé les négriers, étreint la trompette d’Armstrong.

Christian

 

Il est tard et j’attends sur le quaiattente
Les trains s’annoncent dans un fracas de lumière
Je me nourris de rêveries solitaires
De bribes de conversations échappées
De visages croisés
Et regards communicatifs
Pris au vif
Sur le fil du temps
Des sourires spontanés s’échangent
Avec des inconnus qui s’effacent et se mélangent
Des éclats de rire
Font sursauter un promeneur
Et naître un sourire intérieur
Le banc est froid
Et mes bagages lourds
Mon cœur léger
Je m’en vais
Oubliant le retour
Imaginant une autre vie
Ailleurs

Emmanuelle

3°) Ville.

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’ y a qu’à regarder. Moi un jour j’ai dit :  » J’arrête, je regarde. J’ai posé par terre mez deux sacs. Je me suis assis. J’ai regardé…

Ce texte est le début d’un poème de Guy Foissy que vous trouverez en bas de page.

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’ y a qu’à regarder. Moi un jour j’ai dit :  » J’arrête, je regarde. J’ai posé par terre mez deux sacs. Je me suis assis. J’ai regardé…

pigeonJ’ai regardé deux pigeons qui trottinaient sur la placette en se disputant un débris, au sol, et en même temps deux petits enfants que leur mère, bavardant sur un banc, surveillaient à peine. J’attendais le moment où les deux scène interféreraient, curieuse de savoir si ce serait les pigeons qui auraient peur des bébés ou l’inverse, ou si le débris serait abandonné, ou encore si une dispute éclaterait entre deux protagonistes, mais lesquels?  Les enfants se déboutonnèrent mutuellement leurs gilets, léchèrent le sol, ramassèrent des feuilles, mais ne s’occupèrent pas des oiseaux. Ces derniers, de leur côté, trop occupés à défendre leur bout de gras, ne s’intéressaient à rien d’autre… Jusqu’au moment où un autre volatile plus gros, une mouette sûrement, piqua du nez en piaillant sur le repas convoité par les pigeons, dans un grand bruit d’ailes froissées;  Si bien que les mères bavardes sautèrent sur leurs pieds, les enfants apeurés se mirent à crier, les pigeons vexés se jetèrent sur les jambes des petits….L’espace d’un instant il y eu une pagaille monstre, rompant avec le charme paisible de la scène précédente.

Et moi, je regardais et je jubilais doucement.

Christine

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi un jour, j’ai dit : « J’arrête, je regarde. J’ai posé mes deux sacs. Je me suis assise. J’ai regardé devant moi. J’ai vu leurs pieds pressés s’agiter en tous sens. Là, juste devant moi.

02_mamie-deambulateurLa vieille dame, pliée en deux, pousse son déambulateur. Ses pas sont saccadés, les pieds butent le sol. Les roues grincent. Son cabas est encore vide. Elle se rend chez le maraîcher.

Ca fourmille de tous côtés. Un ballon roule sur la chaussée, c’est le fils du boucher. Louis. IL shoote dans le ballon à chaque fois qu’un chien passe. Plus tard, il veut être footballeur. Trois jeunes arrivent, de ma droite, nonchalants. Ils dévisagent l’enfant et se jettent des regards complices. Finalement, ils bifurquent dans la rue de l’ancien courrier. Ils disparaissent.

Tout ç est bien banal, me dis-je. J’ai repris mes baluchons !

Cathy Be.

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi un jour, j’ai dit : « J’arrête, je regarde. J’ai posé mes deux sacs. Je me suis assise. J’ai regardé

Par-dessus les toits de fer oxydépollution-fumees
Les fumées grisâtres au ciel envolées
Les ocres fanés des murs de papier.
J’ai vu les couleurs des bruits de la vie,
Jaillir en fureur des fontaines vernies,
Et parler les passants, du chant lancinant
De leurs jours passés à chercher le temps.
J’ai vu les fourmis, à l’œuvre jour et nuit,
S’agiter en tous sens, en ordre indéfini.
J’ai vu les hommes vivres dans le presque chaos
Sous leurs toits de béton, prendre un triste repos.

Cicé

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi un jour, j’ai dit : « J’arrête, je regarde. J’ai posé mes deux sacs. Je me suis assise. J’ai regardé

citeAuthenticité
Excentricité
Simplicité
Curiosité

Proximité
Promiscuité
Ces mixités
M’ont excité
M’ont incité
A susciter
Votre intérêtcite2
A vous citer
Les qualités
De ma cité
Plébisciter
Tous ses attraits

 Solliciter
La véracité
Sur ma cité
Publi-cité.

Laurent

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi un jour, j’ai dit : « J’arrête, je regarde. J’ai posé mes deux sacs. Je me suis assise. J’ai regardé

La ville t’avale et te recrache, pose son grand couvercle sur la fourmilière humaine. Marcher, marcher, calquer son pas sur celui d’une armée de morts vivants, cheminer sans rencontrer une âme qui vive malgré la densité. Peuple de fantômes errant le long du Rubicon, insensible aux douleurs dentaires ou aux chagrins d’amour ou tout simplement à celui qui va trimbalant son ultra moderne solitude, essayant de tisser au milieu du brouillard, un indicible lien, qui le fait passer aux yeux de la ville harassante comme un inopportun.

fourmiliere-humaine

La ville l’avale et le recrache, ne manifeste aucun signe ostentatoire de compréhension à son égard. Il n’ira pas au musée, ni à Odysséum. Il n’ira pas à l’Aréna ou aux soldes chez Jules. Il est suel dans la ville.

 Christian

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi, un jour, j’ai dit : j’arrête, je regarde. J’ai posé par terre mes deux sacs. Je me suis assis. J’ai regardé le défilé des pieds. Des talons hauts s’escrimaient à poursuivre une paire de mocassin en daim qui ne semblait pas vouloir se laisser rattraper.

mocassins-pointus-en-daim

Chic-38

 

 

Des escarpins vernis rouge vif battaient fièrement le pavé en me tournant autour. De vieilles charentaises éculées cahotaient sur le sol en compagnie d’une cane en bois. Des chaussures de jogging ont filé comme des fusées sous mon nez.

escarpins-rouges-noe-dashoespantouflesChaussures-de-jogging-large

 

 

Des bottes noires se sont approchées avec méfiance avant de se lancer à la poursuite d’une paire de nike élimées. Enfin, deux petites bottes vertes à pois rose sont venues se dandiner sous mon nez avant de repartir, rappelées à l’ordre par des roulettes.

bottes noiresnikebotte verte

 

 

 

Je me suis relevé. J’ai repris mes deux sacs.

Il s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder… Le jour suivant, je me suis perché sur un réverbère.

 

POEME AYANT INSPIRE LA CONSIGNE « VILLE »

foissy

GUY FOISSY

II s’en passe des choses dans ma cité. Il n’y a qu’à regarder. Moi, un jour, j’ai dit : « J’arrête, je regarde. » J’ai posé par terre mes deux sacs. Je me suis assis. J’ai regardé.

Les gens venaient
Les gens marchaient
Les gens passaient
Les gens tournaient
Les gens filaient
Les gens glissaient
Les gens dansaient
Les gens parlaient
Gesticulaient
Les gens criaient
Les gens riaient
Les gens pleuraient
Disparaissaient.

Il s’en passe des choses dans ma cité. II n’y a qu’à regarder. On voit de tout, on peut tout voir. Mais ce qu’on ne voit jamais dans ma cité, c’est un regard. Un regard qui vous regarde et qui s’attarde.

Les gens naissaient
Les gens vivaient
Les gens mouraient.

Et moi, je restais sur mon banc de pierre, encadré
par mes deux sacs. Je regardais.
C’est merveilleux : partout où il y a des femmes
partout où il y a des hommes,
partout il y a la vie.
J’aurais dû me lever. Leur tendre la main.
Leur dire : « Salut.
Bonjour ! J’existe. Et vous ? Vous existez ? »

Je suis resté assis.
Le plus souvent, c’est ainsi que les choses se passent.

 

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