08 – Année 2013-2014

petit effectif ce soir (5) pour un atelier à suspense..

1°) Poésie policière

Imaginez une poésie ou une comptine à suspense entre film policier et roman noir…

Dans la nuit clairechatlune
Brille la lune
Sur la margelle
Veille, nocturne
Un chat tigré
Pas taciturne.
S’en est allé
De sa monture
Voir si l’œillet
Prend la posture
Du tendre jet
Plein de verdure.

Géraldine

Qui a volé le soleil ?

Le soleil s’est envolé
Quand nous avions le dos tourné !
Quel malheur ! Se lamentent les fleurs.
L’avez-vous vu ? Qui l’a volé ?lunesoleil

C’est le vent qui l’a emporté. Dit un arbre tout dénudé.
Il m’a volé tous mes habits ! C’est sûrement lui qui l’a pris…

Pour ma part, je pense plutôt aux hirondelles, dit un oiseau.
Elles l’auront mis dans leur bagages, pour avoir chaud dans leur voyage.

Mais vous n’y êtes pas du tout, c’est la lune, dit le hibou.
Elle est venue prendre sa place,
et le soleil, la tête basse, docile est allé s’aliter.
Il était tout chaud vous avez.
Il a de la fièvre, à ce qu’il paraît.

Emmanuelle

La dame a rendez vous ,
84cherche la rue de la Matraque,
et le numéro
quatre vingt-quatre.
C’est le lieu où
le forfait doit
être perpétré.
La victime attend,
chevelue, ignorante,
ne sachant pas du tout
que ciseaux cachés,
arme du châtiment,
vont servir à couper
quoi?
sa carotide?
la dame pourra-t-elle
s’en servir puis
se sauver sans se faire rattraper?
Mais non , ce n’est que cheveux
qu’elle va couper,
couper en quatre,
au numéro quatre vingt quatre
de la rue de la Matraque

Christine

Dans l’ombre de la nueombre
S’efface de ma vue
L’ombre entre aperçue
Du fond de ma rue.

Était-ce un voyou
Un homme un peu fou
Ou bien le toutou
De tante Marie-Lou ?

Je n’ai rien compris
Mais que m’a-t-il pris
De courir ainsi
Dans la sombre nuit.

J’ai loupé la marche
Puis roulé sous l’arche
Plongé dans une flaque
Sans qu’il me rattrape.Flaque-d-eau-ou-trou-dans-le-sol

Au coin du jardin
La lumière m’atteint
J’ai le cœur serein
Personne ne vient.

Me voila trempé
Comme un chien mouillé
Quand après l’ondée
Il veut s’ébrouer.

Je pointe mon nez
Pour me rassurer
Personne n’est en vue
En cette avenue.

Mon honneur est saufflaque 2
Si ce n’est l’aspect
Qu’a gardé mon froc
Tout fripé, crotté.

Je vais doucement
Rentrer maintenant
Bien me réchauffer
Ne rien raconter.

Car même un enfant
N’aurait pas failli.
La honte me prend
Je suis tout contrit.

Ainsi se finit
Ma cavale de nuit
Bien mal m’en a pris
Me voila puni.

La prochaine fois
Je ferai le choix
D’être plus sérieux :
Je jouerai aux jeux ! :+)

Géraldine

laid

On l’appelle Topinambour,
Le tarin bulbeux et court,
Maladroit, un peu balourd,
Mais retenez vos calembours,
Car il n’a pas une once d’humour,
Et comme il happe les petits-fours
D’un geste vif, le vautour,
Peut égorger et rendre sourd

Elodie

Recherchés par la police

A Bordeaux le malfaiteur du bord de l’île
A Lille le détrousseur du bord de l’eau
A Lyon l’égorgeur de félins
A Grenoble le descendant de Mandrindecoration-wanted-photo
A Nancy le meurtrier de Reagan
A Bourges l’aristocrate kleptomane
A Nîmes un pickpocket en jean
A Nice l’anglais du boulevard
A Montauban un monte en l’air
En Avignon les Dupont frères
A Vichy un criminel nazi
A Paris un bandit manchot
A Saint-Etienne un briseur de verre
A Marseille un mauvais père
A Mantes le violeur de religieuses
A Pau une crapule trop chanceuse
A Macon un proxénète pas futé
A Carcassonne un truand des cités
A Rennes l’assassin du Père Noël
A Limoges le casseur de porcelaine
A Metz un prêtre pédophile
A Cannes le brigand cinéphile
A Vannes un cambrioleur comique
A Tours un illusionniste tragique
A Troyes les 7 mercenaires
A Sète les 3 mousquetaires.

Laurent

 

2° Mystère et boule de gomme …

A partir de photos, imaginez un texte d’ambiance policière en insistant sur l’atmosphère qui s’en dégage (inquiétante, étouffante, obsédante, mystérieuse…)

 

Thé à l’anglaise

Réussir un assassinat n’est pas donné à tout le monde.
Tout commence, cela va de soi, par une réflexion profonde.
Savoir faire un choix judicieux de la victime appropriée,
ne pas risquer perpétuité pour un quelconque malheureux.
Car à tuer, tuons utile, débarrassons-nous d’imbéciles !
Facile, l’univers en est plein, donc, inutile de chercher loin.

Dressez une liste précise de ceux qui vous gâchent la vie,
que vous voulez rayer d’office et faire tomber dans l’oubli.
Tenez, mettons : votre voisin (vous ne supportez pas son chien
qui n’a aucune éducation et fait caca dans vos rhododendrons).
Sa femme, par contre, a tout pour plaire sauf…
qu’elle n’est pas célibataire.

theempoisonne

Contre ce voisin – nommons-le Dupond – vous n’avez guère de mobile
et ça, pas de doute, c’est très bon !
Le crime parfait est plus facile
s’il semble commis sans raison. Faites-vous inviter chez lui.
N’hésitez pas, forcez sa porte ! (Pour la victime une fois morte
mieux vaut qu’elle soit dans son logis).
Demandez un thé et pendant qu’il infuse
recourrez à la ruse.
Dans sa tasse versez quelque poison discret
cigüe ou mort au rat, arsenic, phénol, ou tout autre produit
(si possible, bien sûr, des poisons familiers
qu’on trouve par milliers dans d’humbles drogueries
à vous de décider…).

Imaginons : tout se déroule au mieux, monsieur Dupond s’écroule
et passe sous vos yeux de vie à trépas. Il s’en va ad patres,
sans demander son reste pour un thé indigeste.
Le voilà effondré au fond de son fauteuil
vous couvant d’un sale œil.

arsenic

Allez hop, levez-vous d’un bond,
éventuellement si vous êtes croyant
faites une petite prière pour feu monsieur Dupond
ça ne mange pas de pain et c’est la tradition
(tout assassin qu’on soit il n’est pas interdit
d’avoir de bonnes manières en se montrant poli.)

Une fois la prière expédiée, lavez et rangez votre tasse de thé.
Bien entendu vous aurez pris grand soin
depuis votre arrivée de ne toucher à rien.
Sortez néanmoins un mouchoir de votre poche
pour essuyer la table, assurez-vous que rien ne cloche.
Cherchez vite à partir, le plus discrètement possible,
car un flagrant délit peut être imprévisible.
Mêlez-vous quelque part à une foule quelconque,
faites-vous remarquer, hic et nunc,
surtout si vous y avez des amis,
il est toujours utile d’avoir un alibi.

Enfin, rentrez chez vous, enfilez vos pantoufles,Comment-tuer-le-chien-de-son-voisin-affiche-7770
servez-vous un whisky, reprenez votre souffle.
Vous avez passé là le plus dur de l’épreuve,
mais reprenez des forces pour consoler la veuve
et pour vous occuper d’une autre prise de tête,
un deuxième forfait qu’il vous reste à commettre :
après monsieur Dupond, s’attaquer à son chien
et aux crottes qu’il vient faire dans votre jardin.

Emmanuelle

 

 

 

Mystère et boule de gomme

Le commissaire Vudebié jubilait : il ne put s’empêcher d’exposer à l’inspecteur son hypothèse sur l’invraisemblable scène de crime trouvée la nuit précédente dans la maison Grabello.

veines
En effet le cadavre d’une femme avait été découvert avec des éclats de verre dans la main et les veines du poignet sectionnées. Or dans la cabane en face, du matériel optique avait été trouvé et notamment la longue vue à périscope et doubles lentilles ondulantes qui permettait de voir double le même sujet de face et de biais . Avec cet engin, le meurtrier, caché dans la cabane, avait pu lire les documents secrets que la femme rassemblait (en attestaient les papiers éparpillés sur le sol). Voulant s’en emparer, il était entré dans la maison Grabello , s’était fait inviter à boire un verre de whisky, et même plusieurs verres . Si bien que, bien saouls tous les deux, il y avait eu rixe (en attestait le verre cassé) puis assassinat (peut-être un accident).
– Limpide mon cher Regardebois, n’est ce pas ?
– Euh, Patron, il reste des zones d’ombre : pourquoi le verre cassé est il sagement posé sur le guéridon? pourquoi la femme ne baigne t elle pas dans une mare de sang? pourquoi les éclats de verre autour d’elle ne sont-ils pas les mêmes que ceux du verre cassé ? en quoi les papiers par terre intéressaient ils le meurtrier ? Et puis, Patron, quel est le meurtrier ? L’avez vous trouvé?
– Broutilles, broutilles , mon cher, attendez que je me serve aussi d’une longue vue à doubles lentilles ondulantes . Et je vous expliquerai tout.

Christine

Un miroir a-t-il une mémoire ? Derrière sa façade froide, a-t-il quelques cellules capables de recueillir des images, des sensations, des émotions ?

MIROIR-BRISE

L’inspecteur ramassa un fragment du miroir brisé encore dégoulinant du sang de la victime. En tout cas, celui-là en a vu de toutes les couleurs, se dit-il.

Avec ses doigts gantés de latex, il l’examina, le remua, joua avec les dernières lueurs du jour transperçant les fenêtres du salon. Mais l’objet resta muet.

L’inspecteur soupira et fit quelques pas sur le vieux parquet grinçant. Comment une chose pareille avait-elle pu arriver ? Dans son quartier. A quelques pas de sa propre maison.

Chaque minute qui passait, l’ombre du crépuscule se faisait plus envahissante et il se mit en quête d’un interrupteur. Par inadvertance, il mit les doigts sur le rebord du fragment et rompit le plastique de protection. « Et merde ! » s’exclama-t-il. Mais il n’eut pas le temps de reposer l’indice. Quand sa peau entra en contact avec l’élément, un cortège d’images saccadées, violentes, défilèrent sur la surface lisse et un cri perçant lui déchira le tympan. Une vague d’angoisse lui étreignit la gorge et il lâcha prise. Mais il était trop tard.

Il savait.

Que le voisinage n’était pas aussi paisible qu’il le croyait.

Elodie

Un commentaire pour 08 – Année 2013-2014

  1. cicé dit :

    Hihihi… même pas peur !

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