09 – Atelier du 2/04/2013

Le premier exercice est un grand classique des ateliers d’écriture. Il s’agit d’écrire un lipogramme, un texte en faisant disparaître une ou plusieurs lettres. Comme dans le roman « la disparition » de Georges Pérec écrit sans la lettre « e » !! Bien sûr, l’idée est de faire disparaître les lettres les plus courantes. W ou X s’abstenir !!

Mais qui a disparu ?o-letter15
Je n’ai rien su
Je n’ai rien vu…
Un ami à qui ?
A u, à a, à e, à i ?
Eh bien, c’est un mystère !
Et s’il ne revenait plus ?
Quelle affaire, quelle bévue !
Nulle part il n’est apparu…
Même dans ces lignes il n’est venu !
Je pense qu’il se cache bien,
Quelque part dans un vers plein,
Un de ceux qui ne riment à rien…
Il arrivera limide, telle l’eau !

Cicé

Tous à Paris.green-doll-e-letter

Aujourd’hui, nous faisons un truc sympa. On doit partir à Paris sans courir, sans train, sans camion, sans avion. Alors, nous marchons. Tout va mal pour Christian car il a un sabot brun qui fait souffrir. Pour Cathy et son grand sac, ça va. Nous passons par Lyon, Toul, Nancy, Strasbourg. A Paris, avant la nuit ! Youpi ! Bravo, tous champions !! On a ri, on a bu, on a tous pris du plaisir à parcourir nos pays, monts, vallons, champs : tout nous plaît !

Laurent

o-letter15J’habite à Padeau. C’est un charmant lieu, mais cela manque d’eau.
Le plus embarrassant, ce sont les déplacements.
Il n’ y a pas de véhicule, seulements les pieds
Et peut-être des échasses,
car les mulets et les ânes restent en bas.
C’est dire si c’est haut!

Cathy B

  Une tortue voulait voyager : elle préféra la trompe d’un éléphant, à la queue d’un perroquet ou au pelage d’une hyène jouant par là. O.K, ajouta la bête à trompe et faudra me frotter la peau.

green-doll-c-lettergreen-doll-i-lettergreen-doll-s-letter.gif

Christine

 

 

Un caméléoncamaleon007
Reluquant une mouche
Perché sur un arbre
Sent son estomac creux
Lançant avec force
Sa langue gluante
Sur la pauvre bête
Dérape et s’étale
L’alerte et s’en va
Soufflant qu’avec chance
Grand âge elle aura.

Géraldine

2°) Au pied de la lettre :

Choisir une métaphore (source de chagrin, monument de bêtise, peau de chagrin, fontaine de jouvence, puits de sciences, tonnerre d’applaudissements, avalanche de reproches…) et pondre un petit texte en prenant l’expression au « pied de la lettre ».

Des petites ficelles transparentes s’enroulent dans les arbres. D’autres tombent tout droit dans une grande flaque jaune, sous ma fenêtre; le tout fait des nœuds inextricables: je me demande bien comment nous pourrons les dénouer? Pour l’instant je reste bien à l’abri; dehors il pleut des cordes.cordes

Mort de rire

mort On eut un mal de chien à l’habiller de sapin, tout son corps plié en quatre était gondolé de rire, et ses coudes écartés par la position de ses mains se tenant les côtes. A sa pipe fendue et ses yeux en boules de loto, on voyait l’étonnement, l’incrédulité, qu’il avait eu envie de se sentir lâcher la perche dans un moment si joyeux, et de réaliser qu’il était en train de mettre la table pour les asticots.

Cicé

En ce premier avril, jour férié puisqu’il coïncide avec le lundi de Pâques (ce sont les chalvin-0025-0072-spoissons au chocolat qui sont ravis !), je décide de me rendre à l’inauguration du  nouveau musée de Cambrai. En arrivant, un guichetier obtus et borné refuse d’appliquer la réduction prévue pour les enseignants. Mais j’oublie vite sa stupidité et entre dans la première salle. Une exposition est consacrée aux crétins des Alpes. J’ignorais que leur insuffisance thyroïdienne était la source de leur comportement inadapté. La deuxième salle est consacrée aux animaux : un mulet, un âne bâté, deux dindes, trois bécasses, des oies. Ensuite des vitrines remplies de cruches préhistoriques. A l’étage, la galerie de peinture : des œuvres de Jo Bard avec comme sujet unique des têtes de Turcs.  Et puis les sept fameuses toiles de Jo Chris aux titres évocateurs : naïveté, balourdise, niaiserie, nigauderie, idiotie, sottise, stupidité.

Me sentirai-je moins bête ce soir ? Je ne crois pas ! C’est une idée saugrenue d’avoir choisi ce lieu pour me détendre. Ce musée est vraiment un monument de bêtise !

Laurent

Pauvre Aurore !

 Dans quel mauvais coup s’était-elle fourrée ?soleil1
On cherchait l’arme du crime, en vain.
Qui donc avait porté le coup fatal ?
Un coup dur pour sa famille qui accusait le coup.
La police était sur le coup ; qui avait découpé
Aurore en morceaux ?
Pour le coup, on aurait cru qu’elle dormait et
venait juste de se donner un coup de peigne.arme
Le légiste eut le fin mot : l’heure du décès était précise
comme une lame.
Elle était morte à la pointe du jour.
Mais allez retrouver l’arme du crime !

Emmanuelle

Et pour finir cet exercice , le texte qui nous a le plus fait rire :tire_a_quatre_epingle

Le pauvre homme, chapeauté, bien habillé, était aplati sur un grand panneau et ne pouvait bouger: il était tiré à quatre épingles qui le clouaient sur place.

Christine

Le ciel moutonnait

Sur le Plateau de Sault, l’aïeul, « le quéqué », s’amusait à  rééduquer un berger bègue.
Médecin de campagne, il ne rechignait jamais à donner ses soins, fut-ce à des lieux de Belcaire.

Qu’il pleuve, vente ou neige, dans sa carriole bâchée il allait…suturer la main du bucheron, accoucher la femme du maquignon, aider à passer le vieux…

Parfois il était obligé de chausser ses antiques skis de bois aux lanières de cuir usées pour atteindre les fermes isolées.

Un jour d’été, alors qu’il aidait un berger à se défaire d’un bégaiement en le faisant articuler les mots et chanter les vêpres face à un bout de miroir qu’il lui avait donné, la chose arriva.

Ciel-moutonne-a24508211

Depuis l’aurore le ciel moutonnait, un gros orage éclata, la foudre tomba tout près et les brebis affolées s’éparpillèrent dans la vallée.

Le berger et le docteur eurent bien du mal à les regrouper.

Haletant, le berger raconta l’histoire au village sans bouche faillir.

Malheureusement, fut-ce l’effet de la foudre tombée si près ou de son acharnement à rééduquer son ami berger, le docteur M. se mit à bégayer.

Il garda toute sa vie et transmit à plusieurs générations son surnom de « quéqué »

Géraldine

3°) A la manière de Michel BUTOR

Le matin quand je me regardebutor-web-4
dans le miroir pour me raser
m’apparaissent nombreux visages
grimaçants ou mélancoliques
que je reconnais pour miens
jusqu’au moment où l’un d’entre eux
s’impose pour cette journée
je le porterai jusqu’au soir.

Le matin quand je vous regardevin
dans le manoir, pour nous amuser
m’apparaissent vos visages
gris, marrants, presqu’alcooliques
et vous déconnez, pour un rien
jusqu’au moment où l’un d’entre vous
impose pour sa tournée
le vin qui vous portera jusqu’au soir.

Laurent

coifLe matin quand je me regarde dans le miroir, je ne fais que m’apercevoir. Vite fait, je passe, et ce n’est que bien plus tard, dans la journée, que prenant le temps, je constate avec effroi que je ne suis pas coiffée ! Trop tard, je vais me coucher…

Cicé

Ce matin, quand je me suis regardée dans le miroir, j’ai vu, non ce n’est pas possible!…. des petits yeux tout ronds et des paupières caoutchouteuses: une tête de caméléon ! Après un frottement énergique, j’osais me regarder encore une fois en ouvrant les yeux tout doucement : oh non! mes globes oculaires avaient encore grandi et s’étaient encore arrondis, plantés au milieu de plumes grises ébouriffées :    je voyais une chouette!yeux
Eh bien , je préfère encore ça: au moins je pourrais voler et, dormir toute la journée.
Cette perspective, malgré la boutade, ne me séduisit pas longtemps. Il faut que je trouve mieux!
Je me frottais encore les paupières, et risquait un regard en filet sous l’une d’elles.
Je ne compris pas tout de suite de quoi il s’agissait, je battis des cils pour mieux comprendre : ce devait devait être un lémurien; avec des yeux, des yeux, plus gros que la tête elle même !
Pitié ! Je voudrais retrouver de yeux humains. Peu m’importe leur couleur et s’ils sont agrémentés de rides, de poches ou de cernes ; mais humains !!
Je ne vous dirai pas à la quatrième métamorphose, ce que j’ai vu dans le miroir, c’est trop horrible ! Et je suis allée me recoucher.

Christine

toile-d-araigneeLe matin, quand je me regarde dans le miroir, je vois
…qu’il a grand besoin d’être nettoyé ;
…qu’une famille entière de marcassins semble être passée par la salle de bain ;
…qu’il faut vider la corbeille à linge qui déborde, épousseter, balayer, aspirer, récurer !
…faire la guerre aux traces de calcaire et jouer à cache-cache avec les araignées.

Et pourquoi tout cela ? Les araignées font des toiles si belles que le plus souvent je les laisse grandir en toute liberté.

Oui, le matin, quand je me regarde dans le miroir… j’ai plutôt envie d’aller me recoucher !

Emmanuelle

   Le matin quand je me regarde dans le miroir,tronc-de-chene-visoflora-1883
J’ai toujours l’oeil éclairé par un coin de ciel penché
Sur un bouquet de chênes verts.
Choisir la teinte du ciel
Ou celle de la garrigue?
Parfois le vent se glisse dans le feuillage
Pour prendre la main sur le décor.
En ce moment la pluie se met de la partie
Et m’oblige à repasser par le placard
Où j’enferme pour les jours de gros temps
Les « par dessus tout ».
Alors je me souviens : « Avril , ne te découvre pas d’un fil ! »

Cathy B

Le matin quand je me regarde dans le miroir…miroir
Je ne me vois pas.
Ensommeillée et en retard
Une seule chose m’importe,
Rendre à ma peau son confort.
Pas d’exigence, juste un peu d’eau
Pour qu’elle respire à nouveau.

Géraldine

4°) Sur une idée de Christian (malheureusement absent !) : « ode aux fruits et légumes »

Choisir un fruit ou un légume que vous aimez particulièrement, ou plusieurs… et lui rendre hommage !!

Digital StillCameraPour qu’un fruit me revienne, il faut qu’il ait une bonne poire : un galbe bien rebondi à la base, surmonté d’un cou gracile mais non moins charnu, me rendent la poire d’emblée sympathique. Le vert me rebute mais toutes les nuances de rouge carmin au jaune d’or, présagent à mon goût, une belle maturité, pleine de sucre et de jus.

Au toucher, la douceur d’une peau de pêche et le lustre d’une jolie pomme, me la font prendre à pleine main et porter à la bouche pour un baiser gourmand.

Alors, proche de mon nez, la très subtile douce odeur de poire finira par me convaincre de la dévorer toute et goulûment.

Cicé

Le Kakikakis
Une peau si douce, si lisse,
une couleur qui éclabousse
plus petit qu’un pamplemousse
et rouge comme un potiron
A l’intérieur une pulpe encore plus douce,
qui sème des étincelles
Certains le trouvent peu suave ,
m
oins orange que je ne le dis, et même râpeux.
Dommage pour eux.
Christine

Les légumes et les fruits c’est comme pour les gens.
Je n’aime pas qu’ils soient calibrés, parfaits, tous de la même taille, tous du même avis.
En rang d’oignons comme de bons soldats.
J’aime les tomates trop mûres,fruits-légumes
les carottes qui broient du noir,
les choux qui voient la vie en rose,
les potirons ventrus et joufflus,
les topinambours têtus,
les courgettes qui n’en font qu’à leur tête,
les navets un peu fêlés,
les bettes intelligentes,
les artichauts frileux, le raisin aigre,
les radis rouges ou noirs ou blancs,
les sucrines précieuses,
les bananes trop jeunes,
les melons qui ont la grosse tête,
les concombres pas très futés,
les cornichons acides,
les pastèques souriantes,
les poivrons qui jettent des piques,
les patates douces,
le cèleri peu souriant,
les pamplemousse amers qui ont roulé leur bosse,
les bonnes poires qui se font avoir,
les grosses pommes rougissantes,
les endives maladives.

Tout ce monde là me réjouit dans mon assiette quand il n’en fait qu’à sa tête et réinvente les recettes, mélangeant couleurs, saveurs et odeurs, osant la curiosité du mélange sucré-salé.

Le pire ennemi des fruits et légumes : la routine !

Emmanuelle

Ah artij
Revoilà
Ton
Indispensable
Coeur
Hâché menu
A l’estouffade
Unique
Délice…

Cathy B

legumesCarottes nouvelles,
Mangetouts,
Oignons blancs, Navets violets
Petits poids du matin,
Je vous cuisine en primeur
dans la vieille cocotte en fonte.
Enrobés d’une cuillère à café de sucre,
Vous faites le lit du Navarin
Et chacun dévore son assiette de légumes comme de rien !

Cathy B

Choux vert, rouge ou blanc choux
Rave, pommé, pointu,
Il en est de tous les temps
Qui offrent bien des vertus.
Chou chinois, très obtus
Romanesco bien trop beau
De Bruxelles avec grelots
En fleur ou certain cabus.
Cru, cuit ou en lanières
Qu’elle qu’en soit la manière
Il vous soignera, c’est sa guerre
Si vous le laissez bien faire.
Mais celui que je préfère
S’est caché dans la potée
Accompagné de lard fumé
Il se déguste volontiers.

Géraldine

BON APPETIT…

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