04/11/11

Pour se mettre en route chacun écrit une question sur un petit papier et passe la question à son voisin.  Celui-ci répond à sa manière à la question qu’il reçoit sur un second papier.  Il passe cette réponse à son voisin. Du coup chacun se retrouve avec une question et une réponse qui n’ont a priori aucun rapport mais qui devront en avoir un puisqu’ Emmanuelle nous demande ensuite d’intégrer cette question et cette réponse ou au moins les mots qui les composent dans un petit texte, petit poème ou petit article.

1) Q: « Pourquoi les dauphins aiment-ils jouer avec les hommes?
R:- Lorsqu’elle joue avec Gros minet
. »

                                                               Anne :

Les dauphins aiment
jouer avec les hommes
Gros Minet aussi aime
jouer avec les hommes

Mais ces messieurs sur la plage
préfèrent la compagnie des dames
et abandonnent à leurs mouflets
galipettes félines et baignades cétacées

2) Q: « Quelles différences y-a-t-il entre deux patates de même variété cultivées par des personnes différentes, et au même lieu? »
R:
Non, notre reflet est notre inverse. »

Géraldine :

Deux patates d’une même variété
Miraient dans l’eau leur reflet
« Pourquoi sommes-nous si différentes?
Alors que nées de même semence
Nous avons grandi dans cette bonne terre
Enrichie de compost par la grand-mère
Le lieu s’y prêtait bien il est vrai
Cultivé entre amis et arrosé de pré
Des doryphores protégé à grand frais »

Mais personne ne les écoutait…

3) Q: Pourquoi les oeufs ne sont pas ronds ?
R: – L’une peut être grosse et ronde, l’autre maigre et longue, mais elles sont bonnes toutes deux car issues de bonne semence.

C’est Solange, nouvelle recrue de l’atelier qui s’y colle :

Histoire d‘oeuf :
Qui de la poule ou de cette boule est à l’origine du monde ? Question sans réponse, question de bonne semence. Je me semonce de ne savoir si l’une est grosse et ronde ou l’autre est maigre et longue. Cela changerait le monde ou n’est-ce qu’une histoire de regard neuf ?

4) Q: Mais pourquoi, pourquoi est-ce que je veux toujours en faire plus ?  R:  Parce qu’ils ont toujours envie de rire, encore et encore.

                                            Emmanuelle :

Devant moi, leurs visages s’étalent comme une marée humaine. Ils pleurent de rire, hoquettent, applaudissent spontanément, secoués de tressautements joyeux. Ils essuient leurs yeux hilares, s’étouffent, se tordent sur leurs sièges.
Je lance une nouvelle boutade, reste grave pour mieux les amuser, vais et viens sur scène en clown dont le numéro est bien rodé, manquant exprès de tomber. Ce faux pas déclenche une nouvelle salve de fou-rires.
Mais pourquoi, pourquoi est-ce que je veux toujours en faire plus ?
Parce qu’ils ont toujours envie de rire, encore et encore. Et c’est comme une drogue dont je ne peux me passer, terrorisé au fond de moi à l’idée que ça puisse ne plus fonctionner et que mon numéro ne rencontre qu’un sourire poli et figé.

5) Q: Quand sait-on qu’une jeune chatte a ses premières chaleurs ?
R: – Pour qu’il ne roule pas et qu’on puisse l’attraper.

Laurent :    

Mousse vient de quitter notre jardin pour la première fois. Notre minette au si joli minois est partie, ça me mine. Pierre le voisin qui sait tout sur tout surtout si c’est sur nous est certain qu’elle est partie rejoindre Matou.
Quand sait-on qu’une jeune chatte a ses premières chaleurs, lui demandai-je.
– Quand elle rejoint les matous, répond-il en enfourchant sa bicyclette décidé à la rattraper. Je perçois son cri vainqueur quand il l’a perçoit. il roule près d’elle et tente en vain de l’attraper. Il s’approche, s’approche, sans succès.

Moralité : Pierre qui roule n’ramasse pas Mousse !

6) Q: « Se voit on dans le miroir tel que nous sommes ?
R: –
Je crois que j’ai peur du moment où je vais m’arrêter de réfléchir.

Cicé :
Je crois que j’ai peur…A partir du moment où je me suis trouvée devant, je n’ai plus voulu regarder. Je vais m’arrêter pour réfléchir, essayer de comprendre, me rassurer avant d’agir …

Que vais-je trouver face à moi ?  Moi-même, ma face interne, ma face externe, une illusion ? Mon image inversée est elle mon image ? Vais-je me reconnaitre ?

Se voit on dans le miroir tel que nous sommes ? Je crois que j’ai peur…

2ème activité : FABLES

Chacun écrit 2 noms d’animaux sur un papier et fait passer à son voisin. Emmanuelle nous dit alors que l’on doit réaliser une fable à partir de ces 2 animaux.

A nos lecteurs du Blog : Choisissez 2 animaux et envoyez-nous votre fable, nous la publierons.   CONTACT 

Emmanuelle : La Vache et le Perroquet

Un perroquet fort bavard 
debout sur un quai de gare
se trouva plein de dépit
d’errer là sans compagnie.
Il sentait monter la rage,
à l’idée -tout un voyage !-
d’être seul avec lui même
pour discuter, quel problème…

Une vache solitaire
toute seule dans son coin
devant le panneau d’horaires
fut un cadeau du destin.
C’était là la proie parfaite
pour parler, sans queue ni tête,
papoter de tout de rien,
car les vaches, c’est connu,
à part des « meuh ! » incongrus
n’ont que des propos succints.

 Et le perroquet jacasse,   
particulièrement loquace,
un vrai moulin à paroles !
Pour la vache, ce n’est pas drôle,
et pourtant, elle ne dit rien,
regardant passer les trains
en meuglant de temps en temps
et souriant poliment.

 Et de Montpellier à Lille
le voyage se passe ainsi :
le perroquet volubile
plus prolixe qu’une pie
et la vache silencieuse
qui semble plutôt rêveuse.

 Au moment de la quitter,
il la salue,
et la presse
de lui filer son adresse
pour un rendez-vous secret.
Mais elle ôte ses boules « quies »
et dans un énorme « MEUH ! »
dit : « que voulez-vous monsieur ? »

 La morale de cette fable :
se méfier des gens affables
que l’on croit intéresser…
Ils peuvent être sourds et muets !

Cicé : L’ Alouette et le Chimpanzé

Par une chaude et belle journée,
Dans son hamac mollement balancé,
De noix de  coco, ventru, rassasié,
Dormait insouciant Chimpanzé.
Gracile Alouette au sol posée,
Cherchant au feuillage une trouée,
Vit le hamac aux arbres perché,
A terre, sa froide ombre portée.
Voyant ainsi son soleil occulté,
Se mit en direction du ciel, à pépier.
Rien n’y fit : l’endormi rêvassait !
D’un coup d’aile prestement envolée,
Alouette au sommet s’alla sonner :
Primate compère vous me gênez !
Votre couche est bien mal placée :
Du chaud soleil vous me cachez.
Mon nid au sol est tout gelé !
Pourriez-vous vous déplacer ? »
Chimpanzé, ahuri, mal réveillé,
De noix de coco tout barbouillé,
Mit du temps à percuter.
Puis, considérant l’infortunée
Dame oiselle tant courroucée,
Prit ses clics, ses clacs et son goûter
Pour plus loin siester en paix :
« Alouette commère, je m’en vais !
Mais le temps passe,  vous savez ?
La Terre tourne, c’est prouvé !
Et l’ombre suit, vous me suivez ?… »
Alouette, redescendue sous la futaie
De soleil espéré n’a point trouvé !
Et Chimpanzé de lui chanter :

« Nul n’est besoin de déranger
Ses bons voisins faisant siestée,
Qui veut Soleil toute la journée,
Doit avec lui se déplacer ! »

  Laurent :  le Cheval et le Sanglier

Maître Cheval dans son champ labouré 
Prenait du repos tout en nage
Un Sanglier par les chasseurs traqué
Lui tint à peu près ce langage:
« Eh! Bonjour Monsieur du sabot
Que vous êtes poli
Vous n’êtes point collabo?
Sans mentir, si votre pelage
Pouvait me servir de barrage
Vous pourriez me soustraire aux tueurs de ces bois. »
A ces mots le bourrin veut faire son rabat-joie
Et pour montrer son peu de foi
Pousse un hennissement que de loin on perçoit.
Les chasseurs accourent et tuent le porc sauvage.
Apprenez que tout délateur
Vit grâce à ceux qui l’écoutent
Cette leçon vaudra bien du fourrage sans doute.
Le sanglier goûteux et ventru
Dans le fond des assiettes des chasseurs a bien plu !

Géraldine : L’Iguane et la Tarentule

Sur belle île déserte, un jour il échoua
L’iguane accroché sur un morceau de bois
Il avait navigué ainsi pendant sept jours
Pensant qu’il allait y rester à son tour
L’envie de voir le monde avait été plus forte
Il s’était invité, la nuit sur une coque
Personne ne l’avait vu, silencieux il restait
Mais le vent se leva et le fit chavirer
Il ne dut son salut qu’au banc du matelot
Lequel il agrippa pour se hisser sur l’eau
Enfin il cria « Terre! » se cru alors sauvé
C’était sans compter commère l’araignée
Celle qui patiemment avait tissé sa toile
Attendait à présent quelque bateau à voile
En voyant s’approcher l’imprudent rescapé
Tarentule riait et enfin salivait.

Moralité: « Un train peut en cacher un autre ».

Solange : Le Coq et la Sauterelle

Fier comme un Président 
Qui descend de son estrade
Sous les applaudissements
De sa claque
Monsieur se pavane devant sa cour
Dans la cour.
Clip, clac, au milieu des flaques
Il ignore royalement
Boues et fientes
Et n’y voit qu’un tapis rouge
Assorti à son couvre-chef.

Menue, discrète et verte
Tout aussi bête
Mais sans ego
Elle sauterelle
Saute et se retrouve à croiser
Le chemin du gallinacé.

Que croyez-vous qu’il fit?
Cette tache verte
Dans sa cour !
Deux couleurs incompatibles.
D’un mouvement vif
Il la piqua
et l’avala.

Moralité : Ne pas mélanger les torchons rouges et les serviettes vertes !

Anne : L’ Ornithorynque et la Libellule

Dame Libellule voletait, gracieuse, entre les nénuphars
Le soleil du matin dardait ses rayons sur la mare
Dans l’herbe mouillée la grenouille attendait, vorace, une proie
Sur les rides de l’eau glissait toute une famille canard
Et dans la vase jouaient gaiement des milliers de têtards.

 C’est alors que de l’eau émergea brusquement
Une bête curieuse jamais croisée auparavant.
La grenouille au spectacle convoqua les canards
et invita près de la berge tous ses petits à cette aubaine.

La libellule dérangée,
sur le bec étranger aussitôt vint se poser
entendant bien conserver
sur la mare sa supériorité

–    Quel poisson es-tu qui m’offre un perchoir poli comme un miroir ?
–        Je ne suis point poisson, c’est mon bec qui te porte.
–        Qui t’a coupé les ailes et appris à plonger,
toi dont le bec est dur comme c’lui d’un perroquet ?

–        Je ne suis pas oiseau, je vis en profondeur,
J’aimerais tellement prendre de la hauteur
Comme toi m’élever au-dessus de la terre
Plutôt que de nager tout au fond de la mer

–        Quant à moi, dit la libellule,
je rêve chaque jour de retourner au fond :
Revenir visiter les lieux de ma naissance.
Quand ma légèreté dans les airs me dirige
Je n’aimerais rien mieux que descendre aux abymes.

A ces mots la grenouille bondit sur le bec
De notre ami l’ornithorynque :
« Voyez ce que je suis, moi qui fréquente autant
le fond des grands étangs que les bords de leurs rives
Le soleil me dessèche et l’eau point n’me nourrit
sans arrêt je recherche l’endroit où je ne suis.
Heureux vous qui savez où se tient votre abri
Et qui pouvez manger là où vous vous cachez.
Retournez donc chacun dans vos villégiatures
Et ne venez narguer les autres créatures.»

3ème activité : récréation collective.

Pour finir l’atelier, Emmanuelle nous propose d’écrire une phrase , de la faire passer, chacun continuant l’histoire commencée.D’où 6 petites nouvelles variées à télécharger : Récréation collective du 4 nov

12 commentaires pour 04/11/11

  1. Solange Florin dit :

    Toute esbaudie de cette première « surprise party »,
    je dois avouer que me voilà conquise et ravie.
    De la gaité, de la qualité,
    En ces temps troublés c’est parfait.!!!
    Bravo aussi pour ce blog qui prolonge avec talent
    ces moments choisis.
    Merci
    Solange

  2. Anne dit :

    ça fait plaisir d’avoir quelques lecteurs, merci les filles, et les autres !

  3. Elise Cabrol dit :

    Le message de Clara ne s’est pas affiché.

  4. Elise Cabrol dit :

    Il y a un problème, Clara n’a pas envoyé un message à 4H26 mais à 17H26! Le blog n’est pas à l’heure.

  5. Clara Thouzellier dit :

    Coucou Laurent, c’était pour te dire, que ton blog est génial! bye bye,à la prochaine.

  6. Lamoine André dit :

    Le coq et l’âne

    Un coq se pavanait
    sur une meule de foin
    vit un âne au loin
    qui de lui s’approchait

    Que de cocoricos
    lancés dans l’azur
    l’attitude sûre
    pour épater son coco

    L’âne, l’âme fière
    sans l’écouter se mit à braire
    à réciter son bréviaire
    Il n’était pas son compère

    Une conversation ?
    avec cet emplumé,
    un matinal illuminé
    Il n’en est pas question !

    Moralité : Passer du coq à l’âne

  7. Lamoine André dit :

    Je veux faire la fable à 2 animaux, est-ce dans le commentaire ?

  8. Elise Cabrol dit :

    C’est super, bravo!

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