08 – Atelier du 15/03/2013

En ce jour anniversaire de la mort de Jules César et de la naissance d’un de nos membres, l’atelier débute, après une petite coupe de champagne, par un exercice original. Chacun met une consigne personnalisée pour l’autre, ce qui va l’obliger à changer de style, de sujet…. mais finalement on reconnaît bien l’auteur qui sait esquiver !!..On ne se refait pas !!!

les consignes données pour Emmanuelle étaient:
-grand reporter
– jardins et outillage adapté
– écorché vif
– en alexandrins
– pas drôle du tout

 Plaidoirie de maître Pessayre – Tribunal de Rodez
rodez
Devant vous, en ces lieux, puisqu’il m’est demandé
de défendre monsieur, rappelons-nous les faits :
monsieur est reporter, spécialiste des fleurs,
des jardins, des parterres, des karchers, des tracteurs,
des clous, des bétonnières, des gravats, du ciment,
des mélanges de sable, siporex ou placo…
Il est du genre affable. Il n’a rien de méchant.point-p-1
Il est sensible, doux, romantique en un mot…
Or, voilà qu’un matin, il se rend à POINT P,
la caméra au poing. C’est pour une entrevue
depuis longtemps prévue sur le béton ciré
destinée au JT. Le DG ne veut plus
au prétexte soudain que c’est du temps perdu,
il a trop de travail : arroser les massifs,
vérifier l’arrivage de sapinettes et d’ifs
et s’occuper du tri des lilas invendus.
Du coup, le rendez-vous est remis à plus tard.
Le prévenu s’inquiète de prendre du retard
et perdre son boulot ! Sous le coup de la rage
d’un bon coup de marteau traînant sur le bureauoutils-marteaux-00011
il pète un plomb ce qui provoque un vrai carnage.
Ceci, vous le voyez, est faute à pas de chance !
Il s’agit d’un absurde concours de circonstance.
Le patron du POINT P est mort et enterré.
Condamner mon client tous, vous en conviendrez,
ne rendra pas la vie à feu le macchabée.
Il mérite il me semble toute votre indulgence.
La liberté de presse c’est ici qu’elle commence.

les consignes données pour Christine étaient:
un dialoguedanses020
– mot à employer: football
– jouer au foot avec un potiron
– perdre la raison
– Rock’n’roll

 

texte: Achille qui rêvait de jouer au football, entendit au dessus de la haie, sa copine Eulalie qui l’interpellait:
« Viens m’aider s’il te plait.
– A quoi ?
– A chercher les pas du rock’n’roll sur Internet.
– C’et quoi le «roll» ?
-J’ai pas dit «roll» tout court, j’ai dit «rock’n’roll». C’est une danse.
– Ah tu veux dire «le rock» ? mais je suis en short !
– Eh bien pour l’ordi, ça ne gêne pas !
– Oui mais j’allais jouer au foot !
– T’as pas de ballon !
– Les autres vont en avoir .
– Pas du tout : les autres travaillent leur exposé.
– Tu es folle! C’est dans 15 jours…
– Le mien c’est pour demain. Et je dois expliquer les pas du rock’n’roll. D’ailleurs je nesais même pas si «rock» et «rock’n’roll» c’est la même chose.
– Mais comment tu veux expliquer ? Il faut montrer…
– eh bien montre moi ! »gif_anime_halloween_188

Achille , qui avait de l’humour, prolongea, pour rire, une polémique très déraisonnable, sur les avantages comparés du foot et des danses en général. Eulalie justement excédée, finit par en perdre la raison! Elle prit un beau potiron dans le cellier pour aller jouer au foot avec Achille.
«Tu m’expliqueras les pas du foot, et comme je cours très vite, je serai meilleure que toi ! »

les consignes données pour Laurent étaient:
Ecrire avec le mot fleur
– pas de rimes
– avec beaucoup de passion
-pas de référence à La Fontaine
– pas de fable

 furie-du-desir-1952-03-gMignonne, allons cueillir l’Amour
Nos désirs sont éteints
Mignonne, allons cueillir la rose
Nos pétales ont flétri
Mignonne, allons cueillir la lune
Nos rayons ont perdu
Mignonne, allons cueillir les fruits
Notre pulpe a séché
Mignonne, allons cueillir des vers
Les rimes sont interdites.

les consignes données pour Christian étaient:
parler d’enfants
– ne pas mettre le mot « je »
– comme une messe basse
– en octosyllabes
– sans chanter, ni rimer
– sans référence aux instits

Oh mon petit petit banditbebe-sourire
Ma petite graine d’amour
Au petit jour renouvelé
Les sourires en alexandrin
Oh mon petit petit malfrat
Oh mon petit hurluberlu
La houppette des communiants
L’air espiègle des mariachis
Oh mon petit petit petit
Quand vient ton ombre à contre jour
Quand ton nid soudain tu quittes
Dans mes yeux, c’est le Nirvana.

les consignes données pour Cathy  étaient:
enquête policière
en rimes,
gastéropodes (mot à employer)
sujet matériel et prosaïque ;
crois-tu que les chiennes de garde ont encore du boulot ?

rescapee Les chiennes de garde ont-elles encore du boulot ?
Voilà une enquête policière encore sous le manteau !
Les journaleux si près de leurs capitaux
Ne  risquaient pas d’en remplir les colonnes des journaux.
Sauf que l’évènement dépasse le continent :
Par le détroit de Gibraltar et par tous les vents,
Seule rescapée du voyage indécent,
Elle est arrivée ,
Affamée, dépenaillée,
Des gastéropodes sur ses cheveux pendants.
Inconnue, innommable et pourtant femme.
Quel point de départ pour expliquer ce drame ?
Encore en vie, plus de patrie et pas la moindre manne.
Mais cela n’enlèvera pas le Cac 40 de nos tables !

les consignes données pour Cicé étaient:
des phrases longues
– ne pas mettre de virgules mais que des points
– « j’atterris et toi ? »
– finir par « Et il s’échappa ! »
– texte politisévelo-de-chine1

J’atterris et toi tu ris de me voir traîner dans la poussière derrière mon parachute. Mais enfin je suis libre et vais pouvoir profiter de la vie en toute sérénité. Tu ris et tu as bien raison car l’histoire depuis le périple à Hanoï est loin d’être triste. Tout a commencé à Pékin où je participais à une grande manif en tricycle contre la dictature des autos. Je mangeais tranquillement un sandwich au pâté (alors que j’aurais préféré de la salade) quand les flics nous sont tombés dessus au carrefour de l’avenue de la liberté. Bastonnade interrogatoires rebastonnade et pour finir prison. Heureusement quand ils ont compris que je travaillais dans l’éducation nationale (c’est te dire si j’ai bien su leur jouer de la flûte !) ils ne m’ont pas mis au cachot comme mes camarades mais juste gardé au camp. C’est ainsi que j’ai pu m’échapper rendre un petit coucou compatissant et (moyennant finances bien entendu) atterrir en parachute sur le sol Indonésien. A présent je suis fiché et activement recherché ! L’histoire aurait pu se terminer par « et il s’échappa » point final. Mais non. Tout ça ne m’inspire aucune nostalgie.

Les mots soulignés ont été imposés normalement pour l’atelier suivant, mais  Cicé a réussi à les mettre dans son texte du  premier atelier !…

le deuxième atelier consistait donc à écrire chacun un mot qui lui vient à l’esprit que le destinataire devra utiliser pour un texte dont la forme est libre. Les mots imposés apparaissent soulignés.

Christine :
bouledogue-francaisUn bouledogue tintinnabulait angkor-wat-vat
entre les statues bleues d’Angkor,
les rires des empereurs de pierres roses
et les volutes poétiques des racines de figuier;
Etait ce l’âme du singe rouge du Cambodge
ou de quelque fantaisie d’apsara réincarnée?

Laurent:dictée

Comme l’a dit Lili, c’était risqué de participer à cette Dictée d’or. Pourtant c’était bien parti ! Le sujet : un texte de Jules Renard racontant les aventures d’un professeur voyageur. J’étais gâté ! Mayotte, Mékong, c’était facile. Mais dans le dernier paragraphe, un florilège de mots avec des h à bien placer. Pour orthographe et mathématiques, pas d’hésitation. Mais j’ai buté sur rédhibitoire, le bien nommé… J’aurais mieux fait de jouer du piano.

Christian:drille
Je n’irai plus chanter pour les analphabètes, marre d’avoir des pépins, de m’adresser à des colis sans couffin. Je préfère être le joyeux drille qui va chanter au Laos ou à Calvi en paradant en chemise de soie après m’être gavé d’olives confites à l’apéro.

Cathy:
lionDepuis quelques jours, le vent a tourné sur les Pyrénées
Le chat ne veut plus rentrer dans la maisonnée
Un bébé est arrivé
Que chacun s’applique à bercer.
Moi je fais le plein de câlins,
J’ai longuement cuisiné pour mitonner sans vin.
Dans le fauteuil à bascule apporté ce matin
Je relis le lion de Kessel en contemplant le jardin.
Puis les portes s’ouvriront
Un à Un comme des champignons,
Ils apparaîtront
Et chacun commentera mes boucles d’oreilles sans façon.

Emmanuelle:
dans la rue
l’inconnu
joue du piano sans instrument
et les passants
passent et repassent
leurs corps atones
font du sur-place
ça sent le café frais
le sommeil écourté
le matin gelé
le métro, le tramway,enfant_metro
la course à pied
vite, ils vont aux travail
s’y précipitent
quel dynamisme
dans le béret
pas de sou
pas de sourire
la générosité s’arrête à leur famille
dans la rue
l’inconnu
joue des notes sans instrument
et seul un enfant les entend

3ème atelier : Lettre à un(e) inconnu(e)

Cher Toi,

Toi-c-est-toi.-Moi-c-est-moi---Tu n’as pas de toit
Alors viens chez nous
Afin que l’on noue
Des liens avec toi

 Te voyant, je m’ suis tu
Accepteras-tu
De jouer le jeu :
Conjuguer tu et je?

Laurent

Chère Lola

Je t’ai vue un soir de pluie dans ce peep-show sordide de Bruges. Ta beauté rupestre m’a ensorcelé, tétanisé à vrai dire si bien que je n’ai pu piper mot après ton ballet païen mêlant haute voltige et érotomanie. Je finissais ma soirée au bar descendant les bourbons à la volée, insensible aux frasques des marins tatoués ou autres usuriers de tout bord.

Je me réveillais au petit matin dans cette chambre d’hôtel baroque que j’avais louée à bas prix. Malgré une gueule de bois carabinée, ton image m’obsédait, finissait de broyer ce qui me restait de cervelle. just-like-a-woman

Je me rendis au peep-show en début d’après-midi où le tenancier armé d’un barreau de chaise des plus cubains daignait me donner ton adresse moyennant quelques biftons.

Je me rendis sur l’instant à ton adresse, restant tremblotant et figé sous ta fenêtre, incapable d’actionner le carillon de la porte d’entrée.

Je repartis transi par le désir jusqu’à retourner dans ma chambre sordide pour t’écrire ces quelques mots ?

Lola, je t’aime d’amour, je veux te marier.

Christian

ardeche

Je t’avais imaginée froide et distante, glaciale même. Je te pensais inhospitalière, je te savais rude, dangereuse et cruelle. Tes nuits noires et profondes me faisaient peur. Ton loup aussi me terrifiait. Puis j’ai appris à t’aimer en te regardant vivre et changer de couleur. L’hiver blanche, scintillante de mille diamants ; toute coiffée de jaune d’or et de fleurs au printemps ; vert tendre et grège l’été ; rousse à l’automne. Tu m’as séduite et apprivoisée. Je t’attends à présent avec impatience et jubilation. A bientôt ma belle…Ardèche.

Cicé

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