30/03/12

Prenez un nom vieillot,  ajoutez un gros mot rococo,  indiquez ce à quoi vous êtes accro,  saupoudrez d’un titre de livre rigolo, incorporez à la fin le pire fléau, faites tourner rapidement entre tous les convives et vous obtenez :

Un prénom vieillot : Ismenc
Un gros mot rococo : ô fan…
Ce à quoi vous êtes accro : le jeu
Le titre d’un livre rigolo : « la foire aux cancres »
Le pire fléau :  la bêtise

                                    Echec et mat

 Ô fan !… Ismenc s’est mis à jouer !! Après s’être illustré comme roi de la foire aux cancres, maître incontesté de l’inculture et du dilettantisme, le voilà à présent professeur es-casino, grand ordonnateur de la machine à sous, virtuose de la roulette, ambassadeur du tapis vert.  Vous me direz, il n’en est plus à une bêtise près. Ruine de l’esprit, ruine matérielle, roulez jeunesse !


Ô fan !… Ismenc s’est mis à jouer ! Mais pas aux jeux d’esprit, cela va de soi… sauf peut-être aux échecs ! A chacun sa profession de foi !…

 Christian

Un prénom vieillot : Emilien
Un gros mot rococo : trou duc
Ce à quoi vous êtes accro : la confiture d’orange
Le titre d’un livre rigolo : « Mamie ouate en Papoâsie »
Le pire fléau :  la peste

                                    L’archiduc et l’archiduchesse

 Emilien l’ Archiduc
Qu’on surnommait « trou duc »
Portait une perruque
En plumes de grand-duc

Sa femme n’était pas chouette
On l’appelait la « peste »
Toujours insatisfaite
Qui criait à tue tue-tête

 « Où est ma confiture
A l’orange et aux mûres ? »
Mamie ouate l’impure
Criait à l’imposture

 Aujourd’hui, ça suffit !
Tous deux on les a mis
A bord d’un ferry
Qui part en Papouasie !…

Laurent

Nom désuet : Aristide
juron rococo : baderne
accro : sculpture
livre rigolo : ces dames aux chapeaux verts
pire fléau : une explosion nucléaire

 Les sculptures d’Aristide Baderne ont toujours surpris les amateurs d’art par leur audace. Après sa série des « Dames aux chapeaux verts » pour laquelle il avait défié les usages en osant le mélange des matières et en apposant sur des bronzes aux formes opulentes des boulettes de cuivre verdies par le temps, voici qu’il nous invite avec sa nouvelle création à une promenade déambulatoire parmi les débris de notre monde consumériste. Allez voir « Après l’explosion nucléaire » et vous serez surpris par ce talent. Un artiste visionnaire est né !

Galerie Peint-tôt / espace de l’Esplanade / du mardi au vendredi de 16h à 20h, et le week-end de 10h à 18h. Entrée libre.

Anne

Nom désuet : Gertrude
juron rococo : Punaise
accro : musique
livre  : L’étrange
pire fléau : indifférence

la « Punaise » 

Elle s’appelait Gertrude mais on l’avait surnommée « Punaise » parce qu’elle employait ce mot à toutes les sauces. Et puis elle en était une, de punaise, une vraie de vraie. Elle était complètement indifférente à tout et à tous : écoutant sa musique tonitruante sans se préoccuper des voisins, laissant ses chiens en liberté dans la rue pour faire leurs besoin, médisant dès qu’elle trouvait une oreille complaisante, bref une cancanière de la pire espèce doublée d’une égo-centrique finie. La peau de vache dans toute sa splendeur.

Quand l’étranger est arrivé, doux comme un agneau, timide et aimable, on aurait dû le prévenir.

Personne n’a osé, craignant des représailles et voilà ! En deux temps trois mouvements, elle lui a passé la corde au cou.

Quand monsieur le maire a fait son discours on a tous frémi. Perpette. Il en a pris pour perpette… Et avec la punaise, pas de libération conditionnelle.

Emmanuelle

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Ecriture à 5 mains :

Chacun écrit le nom le plus inhabituel (étrange, pittoresque, original, insolite, burlesque ou curieux…) d’un lieu (village, rivière, quartier, lieu-dit…) puis passe la feuille à son voisin qui attaque une histoire puis fait passer …, d’où ces 5 histoires :

                               Téotihuacan

 J’ai connu un antiquaire à Teotihuacan, un vieil hurluberlu accro à la Téquila et aux masques de lucha libre. Il ne vendait ses meubles et autres bibelots qu’à des gens qui seraient capables de les aimer, d’un amour absolu et passionnel. Moi, j’ai connu un nain fou qui avait acheté des béquilles à cet antiquaire. Il monta avec au Machu Picchu , la cité de pierres. Comme l’antiquaire lui avait expliqué que ces béquilles avaient vécu, qu’elles avaient été de véritables soutiens pour leur précédent propriétaire, le nain n’avait pas voulu les fatiguer et les avait portées sur son dos en montant au Machu picchu. De toute manière, elles étaient trop grandes pour lui. Arrivé au sommet, il posa les béquilles au sol et maudit l’antiquaire véreux qui lui avait vendu des prothèses inadaptées. Il décida de les abandonner sur place, mais comme elles étaient de grande valeur, il se mit en quête d’un acheteur. Arriva un homme coiffé d’une perruque en plumes de hibou grand-duc. Il reconnut aussitôt les béquilles qu’il avait cédé des années auparavant lors de l’achat de la perruque qu’il avait dû porter toute sa vie, pour suivre les préceptes d’un étrange antiquaire. Il se défit à l’instant de son horrible couvre-chef et vola les béquilles pour conjurer le sort.

Le château du nain fou

 C’était une grande maison vraiment très ordonnée
Pour accéder aux meubles,  y avait des escaliers
Dans le jardin autour, il y avait des bonsaïs
Le nain s’y promenait, assis sur un cobaye.

Quand la nuit sur les tours
Etendait son velours
Le maître de céans, dressé sur l’escabeau
Hululait en croyant effrayer les corbeaux.

Une armée de lézards
Passant là par hasard
Lui lança des seaux d’eau
Rempli d’gros escargots !

Mais il en avait cure
Son âme était si pure
Et son cœur de diadème
Récitait le carême
Du pauvre nain gourou
Qui comprenait les fous.

Les demoiselles coiffées

Ca démarrait fort ce jeu de piste !
« Retrouvez les Demoiselles coiffées pour gagner votre……café !…. »
Mais qu’est-ce que j’étais venu faire dans ce bistrot perdu au milieu de nulle part ? Et qu’est-ce qui m’avait pris de m’embarquer dans ce jeu de piste kafkaïen où les Demoiselles coiffées m’inspiraient autant que la Cantatrice chauve !
Pourquoi se poser toutes ces questions ?
Si tu es venu dans ce bistrot , c’est que tu es un véritable poivrot Kafka n’a rien à voir avec toutes ces élucubrations !
Et voilà, c’est toujours comme ça avec l’ami Jano. On peut pas ronchonner tranquille ! Et c’est pas parce que j’aime boire que j’ai envie qu’on me traite de poivrot !
J’essayai donc de m’enfuir, non sans avoir consommé quelques apéritifs, mais je fus rattrapé par le gentil animateur qui me prit sous son aile et m’assit entre lui et la présidente du Comité des Fêtes. La soirée ne faisait que commencer…

Le Dadou 

C’est un petit vallon où coule une rivière que la mémoire dit douce et souveraine.
C’est une jolie rivière où nichent des canards que l’on aime guetter au hasard d’une balade.

En amont, la mémoire des pierres, de grands pins disséminés le long de son cours, des nids de pies perchés et plus bas des enfants qui se baignent bruyamment dans une eau peu avare en truites fario.

Arrête de jouer au poète maudit avec tes discours bucoliques !

Et voilà, un poème de plus qui finit dans la corbeille à papiers ! C’est peut-être pour cela qu’un certain François Villon, poète de son état, s’est un jour définitivement tu. Il devait mettre ses poèmes en boulette lui aussi… et hop, à la corbeille !

Je jette mon poème, soit… mais le monde entier ne sait pas ce qu’il perd !

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A partir de ce tableau, chacun s’est exprimé :

1) On est là depuis des siècles, à attendre… A attendre. Au début, il y avait les mots, par vagues, par nuées, une logorrhée de mots pour se dire que l’on est là, que l’on est ensemble et qu’après tout, c’est peut-être là l’essentiel. Puis, peu à peu, insidieusement, le silence s’est immiscé, pesant, arrogant, il nous a inoculé son venin, son curare savamment dosé entre indifférence et routine. On est là depuis des siècles à attendre… A attendre. Le monde ne s’est pas arrêté de tourner et les astres ne nous ont pas envoyé de quelconques signaux salvateurs.  Torpeur mutique, imbroglio de non dits, on est là, côté à côte, évitant soigneusement de croiser nos regards.

On est là ensemble, parce qu’il est trop tard pour partir, trop tard pour affronter le dehors et réapprendre à vivre.

On est là depuis des siècles à attendre… à attendre.

Christian

2) Quand le jeune revient
une journée commence
c’est comme un sixième sens
il ne ressemble à rien
et s’affale en silence.
Elle sent ces choses là
celui qui n’en peu plus
celui qui parle trop
qui s’enferme longtemps
qui ne voit plus personne
ou qui en fait des tonnes
ou qui sort sans un mot
ou qui sort trop souvent.
Son intuition s’éveille
sans vouloir s’inquiéter
elle s’inquiète quand même
elle l’invite à parler
se confond au silence
s’efface contre le mur
tandis que lui s’emmure
c’est comme un sixième sens
elle reste à ses côtés
fait ce qu’elle a à faire
savoir parfois se taire
savoir juste l’aimer.

Emmanuelle

3) « Bois un coup, ça t’aidera à oublier…
Allez, écoute-moi, cesse de gémir.
Bon sang, relève la tête, je vois bien que tu te complais dans la tristesse !
Mais enfin, souris ! Et la vie te sourira…
Tu vas me faire pleurer à force de déprimer.
Réagis, secoue-toi, sois fière, réveille-toi, fais des efforts pour être aimable. Ton chagrin, tu dois le combattre. Regarde autour de toi : la Terre continue de tourner, le printemps revient. Tu dois oublier. »

Voilà ce qu’elle entend depuis que c’est arrivé.
Voilà comment sa sœur espère l’extraire de son désespoir.
Mais elle se drape dans son malheur, elle veut qu’on l’abandonne à ses sombres pensées, elle goûte à chaque instant la saveur doucereuse du poison infâme qui la torture, elle s’en repaît à satiété.
Rien ne la fera revenir à la réalité. Sa vie désormais c’est l’absence.

Anne

4) Eh oui Annette, il est parti… Ne sois pas triste, il n’en valait pas la peine, tu sais. Je ne te l’ai pas dit mais c’était un coureur, ton Aristide et pas de fond, comme il le prétendait, mais plutôt de jupons !… Son soi-disant accident lors du triathlon du Machu-Picchu lorsqu’il est revenu avec des béquilles, c’était du pipeau…ou plutôt de la flûte de pan ! En fait, il avait dégringolé d’un escabeau pour atteindre la fenêtre du premier étage de la maison où résidait sa conquête latine, la femme d’un antiquaire fort jaloux. Je l’ai découvert en lisant le courrier que tu m’as confié, qu’il n’ a même pas eu la décence d’emporter avec lui.

Il est parti, n’en sois pas marrie, il ne méritait pas d’être ton mari ! Allez, prends un café, je l’ai gagné lors du jeu de piste du bistrot d’à côté. Il est excellent ! Il permet d’oublier…

Laurent

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