01- Atelier du 5/10/12

1er atelier : Mots dans l’ordre :

Géraldine : sourire-restaurant-spaghetti-humus

Pointe de sourirecarpe3
S’inviter au restaurant
Sans être attendu
C’est bien une surprise
Pas de spaghetti
Mais une carpe Koï sur
Humus élevée
Et sacrifiée.

Cicé : Cèpes, vacances, une souris blanche, la barbe…

Cèpes et sapin,
Vacances dans le sous bois.
Une souris vient,
Une souris va,
Voit une souris blanche !
De ta barbe au bois ,
Court sous la branche,
Beau champignon, c’est son toit.
Hop, elle n’est plus là !

Cathy : Java – Spéculum – Romanesco – Vert

C’est la java du vendredi !
Pas besoin de spéculum pour filer vers la sortie
Ce soir, il y a réception à la Bibli…

C’est la rentrée de l’Ecrit-tôt,
On peut tout concocter, y compris du romanesco!
Et pas question de flancher du cerveau.

La tablée est complète…
Ils sont encore verts ces esthètes,
Sans rougir, ils brassent les mots de cette fête.

Emmanuelle :   raisin – pari – cigarette – rêver

Casse tête

Sur la liste est écrit « papier format raisin »…
Je parie que le prof est plutôt genre sadique.
En effet, il précise, pour les travaux pratiques,
que le papier ne doit surtout pas être fin :
papier à cigarettes interdit, c’est écrit !
En gros, en rouge et surligné… pour pas d’oubli.
Le cahier à spirales doit avoir 500 pages.
Pour les stylos il faut une marque inconnue…
que je cherche en vain, parmi les étalages.
La gomme ? En mie de pain. Du scotch, de la glu…
et des intercalaires, un pipeau, l’agenda
bien sûr, ça fait rêver… Useront-ils tout ça ??

Laurent : coing – plume – bastringue – vin

                               La Terreur du bastringue

On le surnommait « Coing-coing », rapport au fruit car il était du genre « Cogne assez !! » Dès qu’il dégringolait de son plume, c’était pour courir au bastringue ! Et après avoir englouti son litron de vin, « Coing-coing » faisait valser ses poings !  Mais hier, c’est lui qui s’est pris une bonne prune dans la poire ! On l’a cru cuit, juste tombé dans les pommes, c’était plus grave. On l’a mis en bière !

2ème atelier : Textes de saison :

Géraldine : Chaleur torride

Chaleur torride, langueur, longueur,soleilt
Moiteur des corps.
Le temps s’éternise…
Derrière, l’ombre,
De celle qui vous enveloppe de lourdeur.
Peur que cette attente dure, dure…
Leur souffle réchauffe encore l’air dense,
Lassitude…
Soudain, l’explosion.
Des lueurs déchirent la nuit,
Une puissante odeur de terre les surprend,
Crevant avec le ciel leur attente lascive.
Il pleut enfin,
Les corps luisants se délient.

Cicé : Automne

Dans le clair obscur, nez au vent
Sous le feuillage du prunier rougissant,
Une douce bise caresse ma peau,
Toute dorée encore du soleil couchant.
Frémit soudain le souffle du soir.
Alors de mes bras, le duvet brillant
Tremble et se dresse,
Et de leurs chatouilles je ris,
Et je ris sans cesse.
Merveilleux automne…

Cathy :   Sortie de saison

Je m’en faisais une fête…
Depuis quelques jours déjà, les prémices de fin de saison clignotaient.
Un ciel bleu parsemé de quelques filaments blancs,
Les fruits des rosiers et leurs reflets rouges orangés,
Le soleil s’étirant au matin avant de chauffer comme en plein été,
Oui c’était le moment de tenter ce dernier bain dans cette grande bleue qui borde nos vignes.

Ce serait mercredi, vers midi
Quand les fraicheurs matinales auraient disparu pour laisser planer
Les parfums de cette terre qui accompagnent si bien nos labeurs quotidiens
Et lui donnent cette saveur de petits bonheurs cousus mains.
Ce bain vaudrait tous les banquets, une gourde d’eau, une grappe de raisin,
Pas besoin de songer à plus pour cette pause que certains nomment méridienne.

Et puis j’emporterai de quoi écrire sous le soleil…
Le temps de faire sécher les gouttelettes salées que j’aurai garder de cette nage.
Tandis que le sel s’invitera craquelant sur ma peau, je tracerai les mots
D’un au revoir aux plaisirs de l’été et de futurs rivages pour cet automne.

J’étais presque au but…
Quand la route sillonnante du massif méditerranéen s’est tachetée de rouge et noir.
Ce n’était pas de saison, d’instinct ma jambe a levé le pied et tout s’est trouvé désarticulé.
Mon cœur s’est mis à battre de reconnaître cette plaie qui signe le chaos de vies humaines
Mises en esclavage pour d’autres et que certains associent à l’inéluctable des civilisations.
Je les ai reconnues toutes plantées là, étrangères à ce lieu, à sa vie, à leur vie.
Noires de peau, bien jeunes, chaires exposées au fort soleil.

Mains posées sur le volant, voiture devant, voiture derrière, gorge sèche,
J’ai poursuivi la route les yeux brouillés, jambes tremblantes, nauséeuse.
Plus de fête en tête, simplement plonger et tenter de noyer cet enfer simplement traversé.
Impossible d’oublier cette similitude, elles et moi sur la route, Inégales
Pour une question de saisons ou pour toujours?
Indifférence… Indignation… une histoire de sentiments et rien ne bouge.
Mais si chacun prenait son miroir en face, grande bleue ou vitres urbaines,
Se laissait saisir par cette inhumanité imposée et rejoignait le temps d’un vrai déclic les Zéromachos (www.zeromacho.eu),
Alors cette sortie de saison retrouverait un peu de sel …

Emmanuelle :

Pluie de la nuit

Ta journée est finie
C’est déjà la nuit
et maintenant la pluie…
La pluie qui glisse
et qui s’immisce
froide, humide, et lisse,
dans ton cou, ta chemise.
Tu es si lasse, laisse
le sillon sur tes lèvres
qui te lave – et t’enlève
les brumes d’un mauvais rêve –
te réveille
tu la bois
tu bois le ciel
t’y noies
la nuit est à toi.

Laurent :

                                    Nouvelle saison

Ciel ! C’est reparti pour une saison
Nous voilà tous au diapason
Pour une nouvelle déclinaison
En prose ou envers, démangeaison !

Dans un climat très détendu
Pour des écrits inattendus
De l’ Atelier nous sommes mordus
Que du bonheur !! Bien entendu !

3ème atelier : textes à 9 mains :

L’écrit-tôt bien armé ou Mallarmé ?….

Les amis attablés riaient, mangeaient, buvaient, mais aussi écrivaient… Leur mission était la même à chaque rencontre. Produire de la culture, encore et encore, être le fleuron de l’intelligentsia Montarnéenne. « Ah, si j’avais connu Emmanuelle plus tôt !… He oui, cela aurait sûrement changé le cours de mon histoire. Ecrie, changer la consigne, versifier en chantant.. ;tout cela n’aurait plus eu de secret pour moi… Mais je ne l’ai rencontrée que la semaine dernière et tout le monde le voit !… Du coup, j’ai trouvé la solution. Etant donné que ça se passe dans une bibliothèque, j’ai attrapé discrètement une anthologie de poésie contemporaine et j’ai recopié du Mallarmé ! Mais ça aussi ça se voit !!! Quelle gourde je fais : après lecture, leurs bouches restent ouvertes, leur yeux n’expriment qu’étonnement et incrédulité, ils n’applaudissent pas et me disent en cœur avec un petit sourire sucré « C’est bien, c’est très bien… »

Des effets surprenants 

Dès le matin, j’avais ressenti cette impression bizarre. Les objets usuels qui m’entourent semblaient avoir changé de place. « Non, Christian, c’est toi qui a changé de lit !!! «  En effet c’est plutôt ainsi et c’est comme cela qu’il faut comprendre la suite. Ce qui fut encore plus surprenant, c’est lorsque j’ai découvert qui partageait ma couche !!. je me suis frotté les yeux en me disant que cela n’était pas possible : j’avais des hallucinations. Extasy et alcool, ça n’a jamais fait bon ménage. Depuis le temps que je devrai le savoir. Mais me retrouver au pieu avec ma concierge qui a le double de mon âge !… J’ai préféré fermer les yeux en espérant qu’il s’agissait d’un cauchemar. Gueule de bois aidant, je ne les rouvris pas avant midi et quand je me levai… je vis ma compagne qui me regardait, horrifiée, elle tentait de parler. Je voyais qu’elle avait des difficultés. Je m’approchai doucement d’elle, elle s’agitait dangereusement puis se mit à hurler : « Mais qui êtes vous ? » Là, je compris le sens de mauvais trip…conjoint

                                               Terre !

Tu l’aimes cette terre, ou tu t’en vas !… » C’est ce que m’expliquait grand-père quand il contemplait la colline en face de la vieille maison. Je l’aimais bien cette terre et pourtant je suis partie. Avais-je le choix ? C’était elle ou lui ! Aujourd’hui, je ne choisirai pas , mais c’était hier ! Et hier, je ne pensais pas comme aujourd’hui !! Rester m’aurait obligée à le croiser chaque jour, et même dix fois par jouer. Il en va ainsi dans les hameaux. Difficile de se côtoyer sans se voir. Difficile aussi d’échapper… Car rien n’échappe et partir ne résout rien. La terre que l’on a aimée demeure en nous où que nous fuyions, les gens aussi… Donc revenir ne changera rien à mes tourments puisqu’ils m’ont sans cesse habitée. Je suis à l’aube de la vieillesse, le temps aura fait son œuvre. Ai-je besoin de retrouver mes racines, la terre qui m’a vu naître et grandir, ce lieu où j’ai fait l’apprentissage du bonheur mais aussi du désarroi le plus noir… Ce texte est triste à mourir, je pleurerai ce soir quand je serai seul après avoir bu mon Cognac comme d’habitude !

Pied de nez  

Il était très complexé par son pédoncule nasal. Tout le monde n’est pas « Cyrano ! » Pourtant ce symbole distinctif était partagé dans la famille, tant du côté des hommes que des femmes. Cela devenait comique au moment des photos de famille. Mais lui ne trouvait cela vraiment pas drôle. Il se décida pour l’opération. Celle-ci se passa à merveille, mais voilà, le visage modifié fera tache pour les photos de famille. Se faire remarquer n’est pas toujours bien vu. Pour vivre heureux, vivons cachés. Or maintenant, avec son nez en trompette, chacun s’étonnait ; « Tu as vu les naseaux de l’oncle Pamphyle ? On dirait une cacahuète ! » Et de jaser de plus belle à se gausser de ce petit nez, si extraordinaire au milieu des autres. C’est bien la différence qui faisait tache, il en avait assez des quolibets familiaux, mais il ne songeait tout de même pas à se refaire opérer.. ;quoique… Il repensa aux échecs spectaculaires que des opérations similaires avaient engendré chez Liane Foly, Mickaël Jackson ou Schopenhauer. Non, finalement, une deuxième opération s’avérait impensable. Il demeurerait définitivement un pied de nez à cette famille nasalement gargantuesque.

Les aventures de Petit ours brun.

Il était une fois un ourson en peluche perdu dans le froid. Il s’était retrouvé seul quand la petite main de l’enfant l’avait lâché pour porter le pouce à la bouche. Son pelage d’éponge douce commençait à prendre l’eau, et le cul lui gelait quand…sur la butte le surplombant un gros, un immense animal le regardait avec méfiance. C’était un yéti propageant la bonne parole du Dalaï-lama. (Le sais-tu Christian que c’est lui qui a introduit la culture de la tomate sur l’Himalaya ?) Qui fut le plus étonné ? Le yéti ou le petit ourson….nous ne saurons le dire, mais une grande intimité naquit entre eux. Du coup, le séant de l’ourson cessa de geler !… Le yéti n’en fit qu’une bouchée car rien ne sert de pourrir, il faut mourir à temps !

Art et essai 

Cher Maître,

Je m’adresse à vous pour solliciter un conseil. Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire d’amis vendeurs et moi , j’étais l’acheteuse. Vous devez vous en souvenir, ce n’est pas tous les jours qu’on achète ce genre d’œuvre d’art !… Je souhaiterais connaître votre opinion quant au prix demandé. Si tant est que vous puissiez donner un avis en ce qui concerne un tel objet qui rassemble tous les inconnus de le terre. Un tableau peint par des amateurs me semble valoir un certain prix en raison de l’originalité même du concept. Chacun y allant de son talent, de sa technique, et de sa personnalité ; on pourrait même le qualifie de « musée », de « vitrine de l’art e l’humanité », ne croyez-vous pas ? J’aimerais le proposer au conservateur de MIAM de Sète, mais j’ignore si une telle œuvre y trouverait sa place, car après tout, l’humanité ne souffre pas de modestie… Quant à savoir si un millier d’amateurs peuvent transpirer ne serait-ce qu’une once de talent et d’émotion d’un artiste reconnu : la question reste entière.

Vite, vite, terminons, je suis fatiguée, je n’ai plus envie d’écrire. Je vais dessiner. Pourquoi pas un mouton ? Laissons cette question à la postérité et cessons de tourner en rond. Cette œuvre ira très bien dans mon salon.

                Feuille blanche

Ce soir les méninges sont en action. Pas seulement les méninges d’ailleurs, les langues des joyeux lurons s’activent au son du crayon. Certains oscillent entre excès ou panne d’imagination, entre humour et émotion. Mais tous à l’unisson rient de bon cœur sachant que rien de sérieux ne se jour là. C’est bien pour cela qu’ils reviendront frotter les feuilles blanches de leurs mots parfois maladroits. Le but étant de laisser aller, laisser couler l’encre jusqu’à ce que le génie Rimbaldien pénètre nos bulbes rachidiens. Ou des bulbes Vernaliens… Et voilà comment finissent les soirées arrosées à coup d’œuvres littéraires !!

Vulcanisation

L’annonceur Auvergnat fit retentir son tambour rue Blatin à Clermont-Ferrand. Il s’écria :  « Mesdames et Messieurs, votre attention s’il vous plaît ! »Les badauds s’arrêtent et se pressent autour du gros homme comme des mouches sur une tartine de miel.

« Aujourd’hui est un très grand jour ! En effet… » Il fut interrompu par une explosion … Confus et rougissant, il présenta au public hilare ses plus plates excuses pour cet inopportun et retentissant pet. Il reprit donc :

« Aujourd’hui grande journée de nettoyage des volcans !… Une voix l’interrompit à son tour :
-Tu as commencé !… »  La foule éclata de rire…
-Un peu de silence messieurs-dames ! Oui, moi, Félicien Vésuve, lave la lave plus blanc que blanc et garantit des volcans en sommeil pour les siècles des siècles à venir ! »
La mère Denis n’aurait pas mieux dit ! Mais la foule assemblée attendait la suite, elle en voulait plus pour son  jeudi ! L’annonceur fit alors sa démonstration. Il prit une dose de souffre qu’il mélangea à du caoutchouc et réalisa ainsi la première vulcanisation.

Depuis ce jour, on appela ce gros homme « Bibendum ».

Jardin anglais

Elle regarde son jardin, les rares fleurs, le mur décrépi, le romarin mal taillé. Échappant à la nostalgie, elle imagine le printemps qui vient. Puis elle se rappelle les conseils de mémé Jeanne :
« Ne rien faire concernant les plantes à la lune descendante » !
–  Si, si… prendre une lampe électrique et la tenir à bout de bras, car il faut veiller à éliminer ces petits scarabées attachés aux tiges et qui dévorent les feuilles à la nuit tombée.
–  Mais comment éliminer ces charmants coléoptères ?
–  Avec du souffre je crois, mais est-ce si important ?
Entre les conversations de mémé Jeanne et la voisine, et les conseils de Nicolas le jardinier qu’elle entend à la radio, la tête lui tourne. Elle prend la décision qui s’impose. Elle jette l’almanach du parfait paysagiste au récup’papier, laisse les herbes folles, chiendent et liseron, envahir ses allées, applaudit les coléoptères, puces, pucerons ou limaces… et se fie à la pluie pour l’arrosage hebdomadaire.
A la nature elle rend son jardin.
Le hamac, un bon bouquin, le bonheur du printemps qui vient…

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