06/01/12

Faute de galette, nous entamons cet atelier en nous partageant les mois de l’année sous forme de dictons: (merci à André qui n’était pas présent mais a envoyé ses dictons et complété la liste !)

En janvier tu seras la reine si dans la galette tu trouves la fève.

Galette des rois en février, la fièvre y est ;
galette des rois en janvier, la fève y est.
Février me casse les pieds, c’est le mois où je suis née
Passe moi le février s’il te plait, que je puisse ma vie épicer
Février en été, planète réchauffée.

En mars la garce se décrasse.
La darse de mars n’est pas classe

En avril, récolte ton mil, oublie ton nombril, ouvre ton pistil…

Mai, vas donc au verger voir ce que tu vas récolter.

Juin pourri pas d’œuf au nid.
En juin bois du vin,
En octobre reste sobre !
Juin le mois des foins
Donne la main à ton voisin
Il te la donnera aux vendanges
Et pour Noël nous ferons la fête ensemble

Juillet bien vrai n’est pas très frais
Quand les fraises ont fané, voici juillet.
Melons savoureux , brugnons dorés,
Prunes juteuses, pêches veloutées.
Quand passe l’été, Profite  profite  des nectars sucrés !

Août sans chapeau, hiver au chaud.
En août, si les cigales chantent encore, et si les pignons tombent au pied des pins,
les nuages iront se promener jusqu’à Noël,
et les enfants chanteront sous le soleil jusqu’à la Toussaint.

Septembre en chambre, juin dans les langes
En septembre le cartable est plein,
on pense aux vacances de Toussaint !
Début septembre c’est comme fin mars

Octobre est d’ombre quand sonne grand nombre.
Octobre n’est jamais sobre.
Sous l’orage d’octobre,l’ogre rouge sent l’opprobe.

Novembre vente et je reste en attente.
En novembre mets-toi à l’abri des frimas, des averses, des intempéries.

En décembre, si tu te cambres, ne quitteras la chambre
Décembre qui réunit la famille, les amis dilate les cœurs rétrécis.
Décembre, le temps du réveillon,
et les estomacs sont marrons !

Ensuite, nous avons chacun écrit un mot sur une feuille, puis fait passer la feuille aux autres qui ont associé spontanément un mot ou une expression au mot proposé. Chacun a ensuite récupéré sa propre feuille et créé un texte à partir de cet assemblage de mots.

Géraldine :Les mots  jardin-marcher-rouge-l’eau-partager-j’écoute-porte ouverte-table-livre-retard

1ère version

Dans mon jardin rouge
Je marche
Sur l’eau endormie
Tu glisses
Le temps du retard
L’étonne
La porte ouverte
Nous attend
Partagez votre table
Ainsi, écoutaient-elles
Le livre ouvert.

2ème version :

Marcher vers cette porte
Et pénétrer le jardin clos
L’écoute timide mais sincère
Ouvre le livre des sensibles
La table partage ses histoires
Thé rouge et chocolat
Plus de retard possible
Le temps n’existe pas.

Cathy : Les mots  pyramide -géométrie- du Louvre- Pei- Tombeau-ciel bleu- pharaon-désert – les playmobils sur l’Egypte

C’est au milieu du désert
qu’un petit pharaon
amoureux du ciel bleu
convoqua l’effet Pei.
La géométrie était née
et se fit pyramide
pour amuser l’enfant roi.
De fil en aiguille,
pu plutôt à dos de dromadaire
la création voyagea
jusqu’à se cristalliser devant le Louvre.
L’affaire aurait pu en rester là
mais c’était méconnaître l’effet Pei.
Il réapparu pour retourner en Egypte
là où régnait les pharaons
et se constitua
une armée de playmobils.

Jano : Les mots : vagabond : errance – route – chat – roulotte – sans domicile fixe – liberté – nulle part

Je suis le vagabond des Andes
Sans domicile fixe, toujours en errance
Je prend la route direction le froid
Ma roulotte, mon chat et moi
Nulle part cette route nous mène
Mais peu importe c’est vivre en liberté que j’aime.

Christine : Les mots : volcan : peur -explosion – rouge -Pompéi – explosion – Vésuve – orangé.

Un jour de peur et de malaise, l’enfant dit à sa mère :
– As-tu entendu l’explosion ?
– Que me racontes-tu ? Il n’y a pas eu d’explosion.
L’enfant insista :
–    Si, c’est peut-être comme à Pompéi !
–    Mais il n’y a pas de Vésuve, ni aucun volcan ici !
L’enfant tremblait :
–    Je vais voir si le ciel est orange…
Et l’enfant à la fenêtre, vit bien une coulée rouge dans le ciel et des oiseaux s’envoler, et des nuages de toutes formes faire la course . La beauté du paysage le rassura ;
Il revint dire à sa mère :
–    Bon, je voudrais faire avec toi le gâteau que tu appelles « le puits de lave ».
Tous les deux se mirent alors en cuisine, et se racontèrent, pour rire,  des histoires de volcans plus extraordinaires les unes que les autres..

Cicé : : Les mots : Soupe  : citrouille – de potiron – navet  – baignade – chaude  – légumes – orties

Les bonnes soupes bio de Cicé

Pour les ingrédients, choisir au jardin ou chez votre producteur local, les légumes les plus frais. On a souvent tendance à recycler en soupe les pauvres légumes flétris oubliés au bas du réfrigérateur. C’est une erreur !certes vous faites quelques économies, mais saveurs et vitamines sont envolées !
Soupe d’hiver revigorante :
Pour la soupe de potiron, si elle est finement mixée, inutile d’en ôter la peau. La citrouille en cuisant s’amollit et devient tendre comme du beurre. Quelques navets jetés dans la baignade en cours de cuisson, en relèveront le goût sucré. Un peu de lait de coco , quelques copeaux de gingembre, salez, poivrez et servez aussitôt .
Soupe de printemps dépurative :
La soupe d’ortie se prépare avec des jeunes pousses d’orties bien vertes et saines. En bloquant sa respiration, on peut les cueillir à mains nues, mais si l’on ne pratique pas l’apnée avec aisance, mettre des gants épais.
Une bonne brassée d’orties, quelques patates, une gousse d’ail. Cuire le tout et mixer.
Dégustée bien chaude, cette soupe est une merveille !

Anne : les mots : Famille – recomposée -Camille – chahut – photo, – glacée – bébé – bazar – choisir sa famille.

Comment mettre fin à ce grand bazar qui a envahi la maison de la cave au grenier ?
Voilà la question qui me turlupine en cette fin de journée. Quel chahut ! Je sens que je vais craquer.
On ne choisit pas sa famille, c’est bien connu, mais on se doit de la supporter. Le bébé braille, les petits crient en se courant après, les filles chantent, dansent, virevoltent… Les parents, fumeurs, sont sortis sur la terrasse malgré les rafales glacées. Camille est pendue au téléphone, et elle rit, elle rit… je crois que je vais exploser. Ne sent-elle pas mon exaspération monter ? Il faut que je me calme… je dois faire comme eux : oublier la tempête et penser à m’amuser, avec légèreté…. D’abord, les boules Quiès : pour rester zen, mieux vaut ne pas avoir le son. J’attrape mon appareil photo. Et voilà ! Je vais pouvoir les mitrailler, tous, chacun. Les abattre un à un. Le bonheur…
Ce soir, quand ils seront rentrés, dans la solitude et le silence retrouvés, je jouerai, attendrie , avec les nombreux et magnifiques clichés de cette extraordinaire famille recomposée.
Emmanuelle : mots : Retard – école –  maman –  zut –  pétard – connivence – naissance – mouillé – montre

Elle va être en retard, et cette idée la met mal à l’aise. Et bien sûr, au moment de partir, DRRIINNNG, le téléphone qui sonne.
– Allo ? Maman…?
Sa mère, une fois de plus, qui s’inquiéte de la savoir si loin, et si seule.
– Je ne peux pas te parler, là, je file à l’auto-école. Je passe le permis ce matin !

Elle raccroche, et la voilà qui dévale les escaliers, court, saute dans le métro. Pas question de faire comme son petit copain, qui est allé passer le permis dans sa propre auto !
Et est reparti fièrement avec la feuille rose sous les yeux de l’inspecteur abasourdi.

Non, elle est du genre à respecter les règles depuis sa naissance. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer à y déroger.
En Belgique en plus, le permis de fait en trois parties, c’est plus long qu’en France. Elle a déjà eu le code et réussi la partie créneaux, ne reste plus que la conduite sur la route !
L’inspecteur la toise d’un air glacé. Elle en perd ses moyens. Récapitule dans sa tête :
– ceinture… rétro… respirer…

Ça y est, elle tourne la clef de contact. Aucun bruit.
L’inspecteur ricane, en regardant ostensiblement sa montre d’un air d’ennui.
– Quand on ne sait même pas démarrer…

Elle retient sa respiration puis souffle un bon coup. Recommence. Et zut ! Toujours rien !
Si au moins l’inspecteur lui témoignait un peu d’empathie… Mais non, rien à attendre de ce côté là.
A la troisième tentative infructueuse, elle doit céder la place au candidat suivant.
L’inspecteur jette un regard de connivence avec l’autre inspecteur en grommelant :
– Ah, les femmes au volant !

Voilà qui veut tout dire !

Elle garde le silence, s’éloigne de quelques pas, sans comprendre ce qui s’est passé. Elle n’a jamais eu de mal à démarrer jusqu’ici…
Elle fait les cent pas sur le trottoir tandis que le deuxième candidat s’installe à son tour au volant.
Le moteur fait un bruit de pétard mouillé. Mais rien, toujours rien.
C’est à ce moment là qu’ils comprennent que la voiture de l’auto-école est en panne.

Géraldine : Mots : Mousse – sels de bain – douce – savon – rousse – chocolat – bain – verte –

Je rêvais…
De mousse et de sels de bain au fond de mon bateau, je rêvais.
Je rêvais d’un grand bain d’eau douce et parfumée.
Mais n’était que froideur et humidité.
Traitre le savon avait fuit un matin au lever.
Quand sur le pont, je tentais de me laver,
Une grande vague rousse m’avait submergé
Et ainsi rincé avant d’être savonné,
Je sentais le rance moi qui tant voyageais
Sur des mers vertes et noires, que l’hiver transformait.
Je rêvais d’un bon feu de cheminé, buvant un chocolat chaud, lové dans un chalet.
Là, il pouvait, neiger, pleuvoir, venter
Là, je serai bien arrivé.

Laurent : Mots : Galette – dorée – pâte – amandes – rouler – sèche – petite poule – une bosse sur la croûte – rois –

La journée commence mal. Je risque de tomber en panne sèche et je roule un peu vite pour rejoindre ma petite poule mais c’est un nid de poule que je rejoins en chutant de mon scooter. Me voilà avec une énorme bosse sur une croûte à peine formée, témoin d’un précédent accrochage. C’est j’espère une autre bosse sur une croûte dorée qui m’attend, c’est l’épiphanie aujourd’hui. Et puis Fanny qui n’aime pas que je sois en retard ! C’est bien parti. On va partager la galette avec ses parents. Partager la galette, tu parles, c’est les rois de l’avarice. La belle – mère, c’est plutôt la reine de la varice mais je suis mauvaise langue. C’est peut être pour ça que je n’ai jamais la fève… Je déteste cet espèce d’épiphonème « J’ai la fève » qui conclut chaque épiphanie dont je suis toujours exclu. N’étant jamais l’élu, je dois élucider ce mystère. Il faut croire que la pâte d’amandes ne me réussit pas, c’est plutôt les amendes que je collectionne.
Et puis zut, cette année, je change le programme. Je vais appeler Fanny et sur l’air de « j’ai la fève », je vais lui chanter « j’ai la fièvre », je suis sûr d’avoir la paix !..
(Merci à Cathy qui a trouvé la chute !…)

Quittons le domaine humoristique et revenons à des écrits plus poétiques, des écrits dont le ton pousse davantage à la réflexion. Chacun de nous a pioché un ou deux vers d’un poème du poète Haïtien René Depestre choisi par Emmanuelle tiré d’un recueil « Journal d’un animal marin »

Cathy:

C’est son premier sommeil
sous le même toit que mon cœur.
Elle est arrivée comme une abeille
et s’est déclarée sœur.
Que faire en plein soleil
devant tant de peur?
Cette question demeure pareille
quelle que soit l’heure.

C’est son premier sommeil
sous le même toit que mon cœur.
Mais jamais plus elle ne s’éveille
malgré son besoin de chaleur.
Elle est partie comme l’abeille
sur une autre fleur.
En tout cas c’est au réveil
que j’ai vu l’heure.

Christine :

La chatte blanche passe par la fenêtre.
A pattes de velours, les yeux étincelants,
les moustaches frémissantes, une souris
dans la gueule. Ce n’est pas de la trahison,
ce n’est pas encore l’aube dans la maison,
ce n’est pas encore des amours la saison,
mais de la chasse et du cadeau à ses maîtres.
Le jour se lève, la chatte dort dans la maison

Anne :

Depuis hier ou depuis que le vent
Pénétra furieux en mon âme

Depuis un mois ou depuis que le jour
Éclaira sous mes pas la route

Depuis un an ou depuis que ta main
Se posa doucement sur la mienne

Depuis quinze ans ou depuis que mon sang
Traversa en pleurant la mer

Depuis trente ans ou depuis que la nuit
Sur tes épaules a posé son linceul

Depuis toujours ou depuis qu’un matin
Tu arrivas, graine d’innocence

Les jours succèdent aux nuits
Et toujours revient la lumière

Emmanuelle :

La nostalgie est couchée à mes côtés. Elle dort.
Elle reprend des forces. Elle va se réveiller.
Elle sera toujours là pour me redire encore
Le goût des jours heureux à jamais effacés.
Le goût du miel en bouche et l’odeur du soleil,
Les longues nuits sans brise, l’horizon qui sépare
Le ciel de l’océan, captivant le regard,
Et nous laisse un regret à nul autre pareil.

Cicé :

Non, je ne serai pas celle
Qui deviendra un jour aveugle
A compter les trésors que j’ai perdus.
Non, je n’irai pas à tire d’ailes
Loin derrière la jungle
Poursuivre l’horizon distordu.
Je ne chanterai pas la ritournelle
De la foule qui meugle
A faire pâlir les dieux assidus.
Oui, je veux être celle
Qui brûlera par ses deux bouts la chandelle
A vivre la vie sur la corde tendue.
Je veux être l’abeille
Qui de fleur en fleur jongle
A butiner les nectars,  éperdue.

Laurent :

Depuis quinze ans ou depuis des siècles,
Je me lève sans pouvoir parler.
Aujourd’hui, c’est fait. Je sors du cercle,
Je m’élève pour enfin crier.
C’est pour quinze ans, c’est pour des siècles
Qu’il faut hurler la vérité
Pouvoir soulever le couvercle
De cette bouillante humanité
Qui pour quinze ans, qui pour des siècles,
A tant besoin de liberté.

Jano:

Elle a quinze ans, ou mille ans ? 
Mille ans, mille ans de solitude
Et elle n’a que quinze ans.
Ou elle vient seulement de naître
Elle veut vivre debout maintenant

2 commentaires pour 06/01/12

  1. Lamoine André dit :

    De jolis textes.
    Pour mes dictons il manque les titres qui donnaient un double sens.

    • lecritot dit :

      Voilà les dictons avec les titres !!

      Dictons calendaires

      Tradition
      Galette des rois en février,
      La fièvre y est ;
      galette des rois en janvier,
      La fève y est.

      Diététique
      En juin bois du vin,
      En octobre reste sobre !

      Météo prise à la lettre
      Début septembre c’est comme fin mars.

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