Les textes de Christine, Emmanuelle et Elodie avec bonus…

Atelier du 09/01/2015 (textes de Christine)

1°)  J’attends la fin des guerres et des massacres,aragon
des conflits vains et des injustices les plus grossières
bien sûr, bien sûr …
Mais j’attends aussi  qu’on ne me dise plus utopiste
quand je dis que j’attends cela et plus,
quand je dis : le calme n’est pas impossible.
J’attends avec Aragon que se parlent et s’écoutent
celui qui croit au ciel (mais comment savoir?)
et celui qui n’y croit pas (mais sait on jamais!)
celui qui a tort peut-être
et celui qui a raison sûrement.
J’attends un peu plus de paix
bien sûr, bien sûr….
Mais aussi un peu plus d’humanité.
ce n’est pas utopiste, c’est tout simple,
nous sommes des hommes et des femmes,
cela arrive déjà, nous y travaillons.

2°)  Cartes tirées : 2 cartes sur la tristesse …

phoqueNe sois pas triste Morne-Arnaud
la maison de Tante Hortense n’est pas inondée,
il y a encore une tarte sur le bord de la table,
c’est Philomène qui me l’a dit.
Sors de l’eau et vas y, sors de la rivière,
ne reste pas mouillé,
tu vois bien que ton petit phoque
est tout triste de te voir pleurer.
Et puis vas chercher ta copine Morosélie
qui elle aussi est dans l’eau,
tellement attristée par l’histoire
que lui raconte la sirène à pois:
c’est une fripouille et une menteuse.
Venez vite vers moi , je vous raconterai l’histoirerouge-2
du rouge-gorge qui est venu
se poser sur ma main brune, et qui a chanté
jusqu’à ce que mon ami à la main blanche
trouve l’orange bleue . Echange de richesses.
Le rouge-gorge et l’orange sont magiques,
ils guérissent toute tristesse.
Ton phoque va retrouver son île,
la sirène va s’en aller dans les profondeurs,
et la rivière regagnera sagement son lit

 

3°)   Lettre trouvée

 Tu t’es démis l’épaule  d52a3e27
en dansant d’allégresse,
on nous l’avait bien dit,
il ne faut pas
que nous restions trop sages
mais il faudrait
laisser au ciel
un vrai message ,
cela te convient-il ?
qu’il faille attendre
et ne pas se fier
à l’un comme à l’autre

 

Atelier  14 (textes d’Emanuelle)

 
Jeux d’écriture : acrostiche Montarnaud
Mêlant rues anciennes et nouveaux lotissements
OLYMPUS DIGITAL CAMERAOuverte sur le futur et l’instant présent
Notre petit village, devenu une ville
Titanesque, n’en est pas moins fragile.
Après avoir cédé peu à peu bien des terres,
Résistante pourtant longtemps face au béton,
N‘a t-elle pas pris le risque d’aller trop vite au fond ?
Aux regards des anciens le village se perd.
Unanime pourtant est cette obligation
De pouvoir accueillir d’autres populations.

 

Planning imaginaire
Lundi je déciderai que c’est dimanche : je ferai la sieste sous le pommier.
Mardi, je me retrousserai les manches et toutes les pommes j’irai ramasser.
Mercredi, mon cœur balance et penche pour me décider à cuisiner.
Jeudi, malgré les poignées d’amour sur mes hanches, je me gaverai de pommes rissolées.
Vendredi, plutôt que de faire la manche, j’offrirai des pommes aux passants pressés.
Samedi, si la pluie tombe en avalanche, je déciderai qu’il faut arroser.

Et le dernier jour, ce sera dimanche, je ferai enfin la grasse matinée.

agenda

L’arbre
L’arbre raconte des cheminsarbre
Des étreintes et des plaies
Sous l’œil bleu de la lune
Des feuilles arrachées
Des soupirs, des murmures
Longues nuits d’infortune
Et les cris et les pleurs
Des branches qui se cassent
Ou des fruits qui se meurent
Des écorces brûlées
Des tiges dénudées
Les ombres qui le hantentarc
Et les nuits d’épouvante
De pluies écartelées
La tristesse et le gel
Des matins immobiles
Où la brume fragile
Déploie ses longues ailes
Et parfois
L’arc-en-ciel
Du soleil qui s’immisce
Comme un feu d’artifice
Au cœur de la forêt

Éloge de la paresse

Paresser, ne rien faire ou remettre à demain. Laisser le temps filer entre nos doigts ouverts. Le regarder passer. Se regarder vieillir. Compter les heures perdues. Ou gagnées, qu’en sait-on ? Et jeter aux orties les montres et les réveils. Se fier au soleil pour se lever ou pas. Se fier à sa faim pour les heures de repas. Observer le voyage incessant des nuages. Un papillon qui vole. Une mouche aux aguets. S’écouter respirer. Ne rien faire. Le faire bien. A tête reposée. En prenant tout son temps. En s’appliquant quand même. Car ça se planifie croyez moi. Ne rien faire oui, mais où ? Et quand, précisément ? Et avec qui surtout. La paresse, ça se gagne. N’allez pas paresser avec n’importe qui. Prévoyez de le faire en bonne compagnie. Il va de soi qu’il faut, pour ce moment jouissif, éviter les amis qui sont hyperactifs. On paressera mieux pour peu qu’on soit nombreux s’il n’y a tout autour que de vrais paresseux. C’est un sacré travail que la paresse au fond, qui mérite un peu plus de considération.

jsqvk3ym

Atelier du 9/10/15

1 – JEU DU GRUYERE  (les mots en italiques sont imposés)

 Je pensais au repas que j’avais promis à ces amis anglais, pas vus depuis longtemps.  Il fallait que je leur concocte un menu bien français . Ah quelle galère ! C’est sûr, il fallait une bonne viande, une entrée raffinée et un dessert délicieux; Trop d’adjectifs élogieux. je n’arriverai pas à cumuler toutes ces qualités… Pour leur faire plaisir , je n’avais pas besoin d’être aussi performante, après tout. Mais je me fis une promesse : un jour je prendrai de vrais cours de cuisine , et je pourrai mettre au point un menu de rêve, prêt en trente minutes, varié, diététique, français et DELICIEUX

Christine

Menu01
Je pensais à cette petite fille qui grimpait sur un bananier en croyant que le monde entier lui appartenait. Elle disait tout ce qui lui passait par la tête, parlait à cœur ouvert. Elle ne craignait rien, ni personne. Avait des fou-rires dans n’importe quelle circonstance, déplacée parfois. S’habillait à la va-vite ; se coiffait les cheveux en secouant la tête. S’introduisait dans des lieux interdits pour jouer aux espions.
Je pensais que j’avais envie qu’on me repasse le film. La voir courir pieds nus dans des ruelles en terre battue. Courir sur des plages désertes. D’y penser je sentais comme un grain de sable dans ma bouche. Le goût du paradis perdu.

fille
Maintenant je pensais à elle aujourd’hui.
Ah quelle étrange chose que la vie ! Qui vous ballotte, vous façonne, vous polit comme un galet tourmenté par les vagues.

C’est sûr, il semblait n’y avoir plus grand chose entre la petite fille et celle qu’elle était devenue.
Trop de pages tournées.
Pour autant, la petite fille était bien là, ne demandant qu’à renaître.
Mais je me fis une promesse : un jour, malgré ses cheveux blancs coiffés en pétard, elle irait courir à nouveau sur les plages désertes de son passé.

Emmanuelle

 

2 –  Concours de carte postale :

 Cher Séverin,

J’ai été heureuse de recevoir ta lettre , que j’ai trouvée vraiment intéressante.

Old style postcard or envelope with postage stamp isolated

Tu sais que j’ai une grande affection pour ta maman, qui est venue passer un an au pair, chez moi, quand elle avait dix huit ans.

Te permettre de poursuivre tes études en France, me tiendrait vraiment à cœur, et je serai heureuse de faire ta connaissance. Donne moi un peu plus de détails sur tes désirs.

Sache quand même que les français sont parfois peu accueillants avec les africains;

J’attends la suite avec impatience.

Bien affectueusement

Christine

 

(à mes amis hérisson qui squattent un bout de mon lopin de terre)

Chers amis,

Je vous ai vus avec plaisir mardi. Et depuis chaque soir. Au moment où la nuit dessine ses ombres dans le fouillis de mon jardin. N’allez pas croire que je vous espionne. Je vous ai surpris de manière tout à fait fortuite, au moment où vous alliez boire. J’étais sortie contempler la lune. Je me suis tue, et tenue là, plus immobile qu’une statue.

herisson2En rang d’oignons, du plus grand au moins gros vous alliez boire au ruisseau. J’ai deviné votre repaire sous le cabanon. Dans l’enchevêtrement du petit bois, des feuilles mortes et des branchages. Quel plaisir de vous apercevoir… La terre est à tout le monde n’est-ce-pas ? Mon jardin sera juste un peu plus petit. Je vous laisse votre part, restant à l’écart pour que vous puissiez vivre en toute liberté. Quel bonheur de vivre ainsi tout près, en harmonie.

Emmanuelle

3 –   LOGO-RALLYE: les mots en gras sont imposés !!!

          banane  Cette banane en peluche avec lampe intégrée est vraiment bizarre. Je ne peux pas m’en servir sous la pluie, je ne peux pas la mettre dans un cadre, je ne peux pas l’utiliser comme bois de chauffage, ni comme ingrédient culinaire.

            Je vais tout simplement la suspendre au dessus du clavier de mon ordinateur: ce sera tout à fait réussi , je pense.

 

3 bis  : Les émigrés avaient construit un clavier avec du bois de chauffage et des des cadres abimés. Pour les protéger de la pluie, ils avaient trouvé l’abat jour d’une lampe, et une couverture en peluche couleur banane. Cela était très réussi visuellement, mais je ne sais pas à quoi cela pouvait servir vraiment.

Migrants-dans-parc-Ath-nesChristine

Toujours la même histoire : elle était partie acheter une banane, une poire et un poireau. Et puis mamie petit filsdès l’entrée du magasin elle avait vu ce lot de peluches à 2 €. Pas mal du tout. Le cadeau idéal pour le petit voisin qui venait de naître. Elle lui avait déjà acheté une lampe en forme de tournesol. Ce serait parfait. Après tout, ses voisins étaient si gentils, si serviables, toujours prêts à l’aider. Ils la prenaient en voiture les jours de pluie, l’aider à planter un clou pour placer un cadre ou à rentrer son bois de chauffage. Elle avait de la chance. Elle se sentait si seule. Elle avait pourtant un fils et même un petit fils. Mais ils étaient si loin, si occupés. Sans être une reine du clavier, elle s’était mise à skyper avec eux. Pourtant, même dans ces moments là, ils semblaient absents. Ils avaient toujours une raison d’écourter ces échanges. Et puis elle même n’y trouvait pas son compte, c’était frustrant de ne les voir que virtuellement.

Alors petit à petit, ces voisins serviables et présents prenaient une place grandissante dans sa vie. Ils disaient même à leur nouveau-né : « Viens, on va voir mamie… » Et d’entendre ce mot là la mettait dans une joie indescriptible.

Emmanuelle

Atelier du 16 octobre 2015 (textes d’ Emmanuelle et d’ Elodie)

1°) le prénom

Jéronimo

Les mains dans les poches, Jeronimo musardait dans les rues de la ville avec nonchalance. Regardant le ciel. Sifflant à l’attention des étoiles un air doux et mélancolique. Alors que minuit sonnait en haut du clocher dont la pointe se fondait dans la nuit, un obstacle se présenta devant lui. Une canette de soda à moitié écrasée par une main pour le moins crispée. canette

Il stoppa net. De siffloter. De Marcher. Il fixa l’objet avec perplexité. Il songea un instant à s’en débarrasser d’un coup de botte bien senti. Puis se ravisa. C’était sans doute se donner trop de peine. Déterminé à ne pas en faire plus qu’il ne fallait, il fit un pas de côté et poursuivit avec indolence son chemin.

Elodie

Belzébuth

Bébel

« Bon, on commence ? »

Le silence se fait. La chef a parlé. On est au centre psychiatrique des Oliviers, c’est lundi, jour où on fait le point sur les nouveaux pensionnaires. Cette fois-ci, on est gratiné. Il n’y en a qu’un mais bonjour le cadeau. Il est maigre, décharné même, couvert de tatouages, le nez grêlé de boutons violacés, on dirait qu’il a eu la petite vérole. Ses cheveux gras sont coupés bizarrement. Voûté, il attend en ce moment même à l’entrée du bâtiment. Il se gratte nerveusement le bras gauche et j’ai vu lorsqu’il a soulevé la manche de son pull qu’il était zébré de scarifications. Il tourne la tête de gauche à droite, comme un lièvre aux aguets.

« C’est quoi son problème ? »

Vu qu’on accueille uniquement des psychopathes graves on se doute qu’il a un parcours qui sort des clous.

La psy semble désabusée.

« Son sens de la réalité est altéré. On ne peut parler à proprement parler d’aliénation mentale complète, plutôt de démence, donnant parfois lieu à des délirium tremens. Ou tout au moins des hallucinations… »

« Bon, je mets quoi ? » Questionne le kiné qui veut remplir la case maladie d’un seul mot.

« Simple, il a le cerveau fêlé, il est toqué, timbré, détraqué, dérangé quoi. Mais quand il ne frappe pas les gens à coups de hache, il est doux comme un agneau. En attendant, il a tué quatre personnes qui avaient fait l’erreur de lui sourire. Mais il a des excuses. Maltraitances, abandon, carences affectives graves. Apparemment sa mère l’a détesté dès sa venue au monde. Le lien d’attachement ne s’est jamais fait. Pour l’appeler comme ça, il faut avoir la haine non ? »

Je replonge dans ma fiche. J’ai cru lire « Bébel ».

« Oui, Bébel, il se fait appeler ainsi. Poursuit la psy. Reste que son vrai nom n’est pas Abel ou Bellino. C’est Belzébuth. Vous imaginez un nouveau né dans son berceau affublé d’un tel patronyme ? En plus il a le même nom de famille que le ministre « Stéphane Le Foll ». Effectivement, commencer son existence en s’appelant Belzébuth Le Foll, il y a de quoi devenir diablement fou.

belzebuthEmmanuelle

2°) Co-Voiturage

J’ai vérifié avant de partir sur le site de Bla-bla-car. Le rendez-vous dont nous étions convenus était bien 8 heures à Matabiau. Mais parmi la foule venue pour le Toulouse-Paris de 8h07, comment trouver mon contact sur le parvis de la gare ? Je ne connais même pas la couleur du véhicule. Je sais juste qu’il s’agit d’une Honda Civic. Le problème, c’est que je ne sais pas à quoi ça ressemble. Les modèles de voiture, pour moi, c’est comme la table de multiplication de 7. J’ai beau tenter de les retenir, ma mémoire fuite comme une passoire.

honda

Alors j’attends. Je regarde, je fixe, je dévisage. Parfois, je tente un geste de la main, une œillade soutenue. Mais tout ce que je récolte, ce sont des grimaces que mon esprit classe en deux catégories : les «  C’est qui ce débile mental ? » et les « Qu’est-ce qu’il me veut avec son air de psychopathe ? ».

Résigné, je pose ma valise par-terre, je m’assois sur son ventre, quitte à déverser du shampoing ou du gel douche sur mes vêtements. Hagard, je contemple les milliers de jambes qui s’agitent autour de moi comme une forêt grouillant d’arbres animés.

Elodie

J’ai vérifié avant de partir sur le site de bla-bla-car… Le rendez-vous dont nous étions convenus était bien à huit heures à la gare Matabiau. Il est déjà 8H35 et toujours personne. Soudain une voiture s’arrête à ma hauteur.

blabla

– C’est vous Léa ? Montez !

Je m’installe à l’arrière en ravalant ma rancœur. Si je rate le bus à Carmaux je trouverai bien une autre solution. Mais il ne s’est même pas excusé. Le conducteur n’a mis qu’un seul « bla », je comprends pourquoi. Il n’est pas d’un naturel bavard. La voiture a déjà deux autres passagers et à la sortie de Toulouse nous en prenons un autre, encombré d’une cage et d’un perroquet. Avec moi, ça commence à faire beaucoup. Le nouveau venu met la cage sur ses genoux. L’animal ne cesse de me toiser, ce qui me met mal à l’aise. Et il est plutôt du genre bla-bla-bla-bla lui !

« Mange ta soupe ! Elle va refroidir ! » Il répète ça en boucle durant tout le trajet. Comme le conducteur roule vite, je ne raterai pas mon bus. Je comprends en tout cas pourquoi il a choisi le co-voiturage. Quatre passagers au prix le plus fort, ça lui paie presque tous ses PV. Et comme il a des écouteurs aux oreilles, personne ne le dérange.

Au moment de descendre je lui fais la remarque que sa note ne sera pas terrible. « Conduite trop rapide, accueil laconique, contact froid. Trop de passagers. Prix élevé… »

Il me répond dans une indifférence glacée.

« Les conducteurs aussi notent les passagers vous savez. Moi aussi je peux me lâcher. »

Emmanuelle

3°) Promenade

Parfois j’aimerais partir. Oser partir avec rien ou presque. Un bâton, un sac-à-dos, un livre, un chapeau. Laisser derrière moi l’inutile, le décor, ce qui maquille, falsifie le quotidien. Déposer le masque.

J’aimerais partir sans peur. Sans peur des mauvaises rencontres, sans peur de la nuit tombée.
Sans peur des bois sombres et impénétrables. Les loups. Des chiens errants. De la faim, du froid, du silence, de la solitude. De l’errance. De la fatigue, du manque, de la pauvreté.

partirJe marcherai en regardant droit devant moi. Faisant le vide dans mon esprit. Libre comme l’oiseau qui fend le ciel. Confiante, ouverte et sereine. J’aimerais partir avec l’espoir de revenir à la source de ce que je suis. Partir pour revenir plus forte, détachée de tout ce qui me parasite. Me paralyse. Me fige. Partir non pas pour fuir. Pour me retrouver.

Emmanuelle

4) Poème en L

La malheureuse Lilibellule a les épaules velueslibellule_023
L’été, la chose délicate s’offre à la vue
Elle les camoufle sous un foulard qui la pique
Souffle, halète sous la chaleur mais reste stoïque
Lilibellule languit l’avènement de l’hiver
Pour enfin éluder ce pénible calvaire.

Elodie

La pluie limpide54922
L’onde
La houle
Déboulent en foule
Le saule enroule
Ses longues lianes
La lune luit
Sur les ruelles
Les loups s’éloignent
La nuit s’éclaire et l’aube est là

Emmanuelle

ATELIER DU 13/11/ 2015

1°)     A la manière de Georges PEREC   (sans la lettre  E)

  • Garçon ! J’ai soif !diable-image-animee-0293
  • J’y crois pas ? Il fait si froid.
  • mais oui ! un alcool frais , s’il vous plait.
  • Ah bon … un alcool blanc alors. Ca vous ira ?

Mais la boisson qu’apporta un garçon n’allait pas au sir sus dit .

Il lui fallut maints glaçons pour l’adoucir

Christine

« J’ai soif ! J’ai soif ! J’ai soif ! » dit un malabar furibond au comptoir d’un zinc. Du pastis ! Ou plutôt, du porto… Ou non, un coca à la vodka.

vodka

Grognon, Lilian fait son travail. Quoi ? Un coca bouillant pour un soiffard ? Ça va pas ? Aussitôt Lilian va au bar, fait un don au malabar groggy par la soif : du ricard froid gratuit !

Emmanuelle

 

Se désaltérer au comptoir d’un bar
Lorsque le soleil tape un peu trop dur.
S’offrir une bière, ou un verre d’eau pur.

« Bien frais je vous prie, il fait lourd ce soir. »
Seulement voilà, parfois les serveurs
Vous servent tiédasse la moindre liqueur.
Et vous buvez chaud !
« Rapportez moi ça, mettez des glaçons 
Ou d’la glace pilée pauvre cornichon,
C’est votre boulot ! »
Et même si c’est faux, soyez furibond.
« J’ai jamais vu ça ! » Clamez sans limite

Votre indignation. Qui sait le patron
Pourrait vous offrir sa tournée gratuite.

Emmanuelle

2°)   LE MUR

murJe passe souvent devant ce mur de moellons gris, sans crépi,  moche…Il est en plus surmonté d’une toile verte, encore plus moche que le mur . Donc on ne voit pas le jardin … sûrement moche.  Dans un grand mouvement conciliant je me dis que ce sont des gens fauchés. Qui se préparent à partir et se moquent de leur mur. Oui, c’est ça : ils ont décidé d’aller voir des amis en Australie et ils économisent le moindre sou.

Quoique … un petit lierre aurait bien couvert leur mur et n’aurait pas coûté cher.

Mais bon, ils n’ont pas le temps, Ils ont leurs valises à faire. Tiens tiens, j’ ai de vieilles valises en bon état que je pourrais leur offrir. Et comme ça je ferai connaissance et je pourrai, discrètement , parler du mur…

Christine

Ingebrigitt

Elle avait toujours connu ce mur gris.
Ce haut mur qui semblait toucher le ciel. A l’époque, elle était haute comme trois pommes. Nus pieds dans l’herbe verte, elle s’amusait en toute liberté avec ses frères et sœurs. Il n’y avait que ce mur pour l’arrêter. Ce mur signalait la fin du jardin. Mais le jardin était grand, bien assez grand pour elle. Il était bien assez grand parce qu’elle était petite, si petite. Mais on finit toujours par grandir. Les jardins se révèlent plus étroits que dans nos souvenirs. La réalité n’est pas tout à fait celle qu’on croyait. Aujourd’hui tout cela était bien loin. Le ciel bleu, le rire de son père, la douceur de sa mère, la vie de famille heureuse, idéale. Les jeux insouciants dans le jardin avaient été définitivement rayés de sa mémoire.

mur noirElle avait grandi d’un coup. Ou peut être était-elle morte ce jour là. Le jour où elle avait tout compris. Pourquoi des cauchemars hantaient ses nuits. Pourquoi cette fumée noire zébrait le ciel derrière le mur ?

Oui, elle avait fini par comprendre. Mais la vérité était insoutenable.

Emmanuelle

 

4°) Je n’aimerais pas …

  Je n’aimerais pas cette robe à fleursrobe
J’aimerais plutôt un pantalon fleuri
Je n’aimerais pas ce soir, avoir peur.
J’aimerais plutôt rire à la folie
Rester debout en bonne compagnie
et finir la nuit sans entendre ni
les pas sur le sol ni la crainte des heures
qui égrainent leur pari
sur le temps et sur la vie

Christine

L’été je rêve de l’hiver. A la fin de l’hiver, je rêve de l’été.
Dans le jardin, sur des coussins colorés, on voudrait plonger dans le ciel bleu, respirer l’herbe verte, écouter bruisser les papillons.
On a rangé les cahiers, coupé le téléphone.

Fermé la porte à clef.
Jeté la clef.

Oublié les ordi, la tv. On est là, à rêver sous le ciel bleu en regardant les mouches voler…
Ahh, les mouches… Le seul souci des vacances. Où ai-je donc mis ma tapette ?

insecte_mouche006

je n’aimerais pas

Emanuelle

Atelier du 20 novembre 2015 (Textes d’Emmanuelle)

HABIT

Il hésitait un peu : cravate ? Pas cravate ?

Ce n’était pas son style, mais ce poste valait bien quelques efforts. Directeur Général des frigidaires Coldi. Ça sonnait bien, lui rappelant son ancienne vie.

cravateIl laissa de côté une lavallière beige – trop classique – ou une cravate en satin arborant le drapeau tricolore : ridicule ! Et se décida pour une cravate en soie à fines raies vert pâle. Très chic. Il s’agissait maintenant de trouver le complet veston assorti. Dans le rayon suivant, une armée de costumes semblaient prêts à avancer à pas cadencés. Il tâta les flanelles, les lainages, les cotonnades, les lins. Une veste à col mao noir lui plut, mais il préféra l’assortir avec un pantalon de toile grège, pour casser le côté trop sérieux du déguisement. Pour les chaussures, il était paré. Il avait déjà dégotté de belles pompes en vernis rouge, un petit pied de nez au classicisme ambiant.

Un instant, il se demanda s’il serait à la hauteur. N’avait-il pas tout oublié ? Jusqu’aux rapports humains ?
Célia lui sourit. C’était toujours elle qui s’occupait de lui.
« Vous êtes très beau ! »
Il se sentit regonflé à bloc. Elle lui dénicha une chemise superbe, fluide, d’un blanc immaculé.
« Vous allez voir, ça va le faire ! » dit-elle. « Je suis sûre qu’ils vont vous embaucher ! »
Cela faisait six ans qu’il n’avait pas eu de travail fixe. Juste la manche pour s’en sortir au quotidien. Les habits du secours populaire suffiraient-ils à donner l’illusions que oui, il avait les épaules pour ce poste de DG ? Il en doutait.
Mais le sourire de Célia, pendant quelques secondes, suffit à lui donner le courage de tenter sa chance et d’aller jusqu’au bout du rêve. Il pensa soudain que sa fille avait aujourd’hui à peu près le même âge.
Photo :

Alice au pays des cauchemars
Emprisonnée derrière les barreaux de sa couchette
Des coussins en fer pour caler sa tête
Alice contemple les fleurs sans vieillir
Qui poussent sur ses murs flétris.
On a fermé la porte
Et les fougères mortes l’enserrent.
Alice attend

Attend
Mais le prince n’a rien de charmant.

alice

 

 

 

 

 

 

 

Atelier n° 4 (Textes d’ Elodie)

1° Cadavre exquis

 Enfin un peu de répit…

Après trois heures de réunion. Avec pour seul résultat  la définition de l’ordre du jour de la prochaine rencontre. Je me rue vers la salle de pause et fais chauffer un peu d’eau dans une bouilloire de fer blanc datant probablement du siècle dernier.

bouilloireTandis que l’appareil remue, tortille et tressaute sous les à-coups de l’eau bouillonnante, les dialogues inutiles de la matinée repassent en boucle dans ma tête, mélopée sourde et lancinante.

Le cerveau embrumé, c’est à peine si je remarque le phénomène étrange qui prend forme là, juste devant mes yeux. Une lumière bleue accompagne la bouilloire fumante. Je me frotte les yeux pour vérifier que je ne nage pas en pleine hallucination post-traumatique après des échanges aussi vides qu’un trou noir. Mais je dois me rendre à l’évidence. Un halo de lumière froide dessine une auréole autour du vieux coucou.

Tchouuuuuuuuuuuu ! La déflagration m’écorche les oreilles. Je ferme les yeux et n’ose plus les rouvrir.  Isolée dans le noir le plus complet, je détecte néanmoins un drôle de bruit. Dégoûtant. Entre le reniflement et le raclement. Gagnée par la curiosité, j’ose soulever une paupière. Deux yeux globuleux et bleus me fixent d’un air vide. Puis deux lèvres s’agitent sur la paroi de fer blanc. « Désolée », me dit une voix pleurnicheuse, « à force de mariner dans l’eau, j’ai attrapé froid. »

 

2° Chanson Marabout

Erwan et Léo, sur leur tapis d’éveil2 enfants
Veillent à ne pas libérer Alfred.
Fredonnant une mélodie allègre,
Gredin de la trompe à la tête pelée,
L’éléphant en peluche a la mine patibulaire.
L’air sournois, il fomente un mauvais coup,
Couve et trame le vol d’un joujou,
Joue avec les garçons et leurs nerfs.

 

4° Photo

Je ne comprends pas. Quoi que je mette sur le dos, j’ai une affreuse tendance à me fondre dans la tapisserie. Je m’étends sur mon lit, et hop ! Je disparais instantanément. Invisible malgré moi. De temps à autre,je tente quelques moulinets des bras et des jambes pour vérifier que je suis toujours vivante… et pour attirer l’attention. Mais rien n’y fait, on me témoigne moins d’intérêt qu’aux fleurs passées du papier peint.

papier

 

Atelier du 18 décembre 2015 (Textes d’ Emmanuelle)

Décrire une personne par rapport à ses objets, ceux qui encombrent sa maison, sa chambre, ou son sac à main.

Pour entrer dans son salon, il faut parfois enjamber des livres. Il faut dire qu’une alcôve sur le côté inspire au repos avec un lit méridienne confortable. Dès qu’elle reçoit elle y dort, d’où une petite table de chevet qui croule sous les ouvrages. Un recueil sur le maoïsme côtoie un polar bien noir, puis un roman gothique de l’ère victorienne avec la vie de Néron en BD. Et partout, partout des bibelots. Tous ont une histoire. Un bouddha rapporté de Chine, un cheval de Mongolie, une ancienne horloge ne fonctionnant plus, un vase soliflore, un masque africain, des poupées russes, une boîte à bijoux, un cendrier en forme de babouche berbère. Dans un coin, des cartes postales et des cartes de vœux sont entassées. Puis à terre, des journaux, des magazines, des revues scientifiques. Sur un guéridon, une pile de DVD menace de basculer dans une boîte à couture qui déborde de fils et d’aiguilles.

bazar

J’avance prudemment dans ce bric-à-brac, regardant où je pose mes pieds avant de m’enfoncer avec délice dans son canapé moelleux. Apéritif bien frais. On va discuter jusqu’au bout de la nuit. Et pour le bazar, on verra demain… Ou un autre jour.


2°) LE PERE NOËL EST UN… faquin ? Un joyeux luron ?

Le père noël est Alzheimer
Le père noël a de plus en plus peur
Depuis quelques temps il est alzheimer
Et pour s’empêcher de tout oublier
Il s’efforce de faire des mots croisés.
La mère noël lui fait des listes pour toutnoel
Et a tendance à le suivre partout.
Et voilà que noël approche…
La distribution n’est pas dans la poche.

Il ne peut compter sur ses p’tits lutins
Qui ont bien besoin d’être pris en main.
Ils sont étourdis comme c’est pas permis !
Déposant parfois au pied du sapin
Pour un vieux grand-père une poupée Barbie…
Il ne peut compter sur  ses rennes

Qui se plaignent d’être à la peine,
Rappelant qu’ils ont besoin de congés
Et mériteraient plus de RTT.
Galoper de nuit et en pleins nuages
Devrait lui valoir quelques avantages.
Sur le vieux traîneau aux clochettes usées,

Aux sièges élimés, il ne peut compter.
Le long des chemins il tangue et cahote

Au risque de renverser la hotte.
Alors cette année : finis les paquets !

Le père noël a une meilleure idée.
Il vous enverra quelques bons cadeaux,

ça lui permettra de rester au chaud !
3°) BRIBES DE  CONVERSATION

bribe de conversation… un vieux monsieur répétant et hochant la tête : « on l’a su trop tard… »

70 ans. Noces de quoi ? Je ne sais plus.
70 ans de vie à deux, de complicité, de joie de vivre.
Mamie Jeanne avait vingt ans lorsqu’elle avait croisé le regard de Paul. Ils avaient connu de longues fiançailles. Puis un joli mariage à la campagne. Quatre enfants étaient venus combler leur bonheur. Puis onze petits enfants et 29 arrière-petits enfants. Et depuis un mois : branle bas de combat. Jeanne a mis Paul à la porte de leur chambre de la maison de retraite sous prétexte qu’il n’a d’yeux que pour Antoinette, de la chambre voisine, qu’il lui accorde un tantinet trop d’attentions.

vieux

A la résidence des muguets, imaginez le tableau ! Un couple qui se sépare. Il a fallu trouver une chambre supplémentaire pour loger Paul, provisoirement du moins. Et je vous passe les regards incendiaires de Paul et Jeanne lorsqu’ils se croisent inopinément dans les couloirs.

Bref, je l’ai encore appelée tout à l’heure. Elle pète la forme mamie Jeanne. Je l’imaginais au téléphone avec sa chevelure blanche toujours en pétard, beuglant dans le combiné.

« Nous n’avons pas encore enterré la hache de guerre ! » m’a t-elle dit. « Il va falloir qu’il fasse profil bas, Paul, s’il veut rentrer en grâce… »

Ah l’amour, quand ça vous tient, il n’y a pas d’âge !

 

Atelier du 8 jan 2016 (  Textes de Christine)

1°) Au fil des mots :

             Cet hiver le matin était délicieusement cotonneux, la lumière écartait tout juste le rideau des nuages. Je me promenais dans le grand parc de Berlin, quand je fus attirée par une affiche accrochée au lampadaire : « Soldes monstres chez ELEONORE, Animaux et jouets ». Quel bonheur ! moi qui adorait les peluches et en faisait collection, j’allais me laisser conduire sans remords par cette manie joyeuse !

lapine

Cependant l’adresse indiquée pour trouver Eléonore, m’a menée tout droit à une sorte de zoo-refuge, d’ où je suis repartie avec une ravissante lapine en manteau blanc angora. Bien sûr je l’ai appelée Eléonore et elle adore grignoter toutes mes vraies peluches.

 

2° )   LES QUATRE ELEMENTS : air, terre, eau feu

Nuages dans le ciel,
rêves et formes imaginaires
dragons et baleines en l’air4-elements-2
qui glissent doucement
à leur rendez-vous
de l’autre côté de l’horizon
Terre rouge, terre ravinée,
il n’y a plus de chemin
mais des rigoles et des crevasses,
l’ocre s’emmêle aux cyprès
et saupoudre de cannelle les herbes de la route

Une cascade en furie
sème ses gouttelettes
et retombe très bas dessous
sur le lac paisible.

Qui osera sauter
le feu de la saint Jean ?
Les étincelles et flammèches fiévreuses
bien sûr, qui giclent
au dessus du bois écarlate.
Ensuite ce sera toi

 

3° )  UN MEUBLE

               La table espagnole qui est chez moi, vient de mes parents . Nous y mangeons un peu à l’étroit. Elle est en bois foncé, vernis, des volutes de fer forgé par dessous sur les quelles nos genoux butent. Elle est très belle, on la dirait vivante, me fait penser à du flamenco, à des toros.

table

Où donc mes parents l’ont ils trouvée ? Je n’ai jamais entendu parler d’un voyage en Espagne. Peut-être l’ai je su et l’ai je oublié. Ma table espagnole gardera son secret.

Mais pour moi elle est auréolée des souvenirs de repas d’enfance, et des histoires que mon père nous racontait pendant que nous mangions notre soupe.

4 )  SI LES ARBRES POUVAIENT PARLER …

             Je n’existe que chez les Tournicolis, dans un pays étrange, où les arbres sont des chemins de laine et de lanières qui abritent des villes minuscules et affairées. Les habitants sont de taille différentes, leurs maisons toutes originales , creusées dans le tronc, suspendues aux branches , agrémentées d’escaliers ou de balcons.

arbre

J’adore ces fantaisies . Au printemps j’ai la faculté de tresser et d’enchevêtrer mes cordons de bois de laine. Ainsi je leur ménage de facilités , et les Tournicolis, qui sont très futés, inventent des nouveautés citadines ou bucoliques que le Grand Maire Mr Hibou aux yeux verts , contrôle et gère avec tact et mesure: c’est un sage.

Atelier du 22 janvier 2016  : textes de Marie Claire

Consigne N° 2 : « vers rhopaliques » : écrire un poème commençant par une syllabe, chaque vers comportera une syllabe de plus et ainsi de suite, puis inversement. Cela donne des poèmes en losange.

 

  pretre001     Un aimant attachant

Un

Aimant

Attachant

Attirant l’un,

Repoussant l’autre,

Se croyant possédé,

Voulu voir un pieux curé.

Ce dernier avait une idée autre.

Il déclina donc la demande.

Bien mal lui en pris. Armande,

Sa très fidèle servante

Le quitta sans délai

Pour vite retrouver,

Sa légendaire

Colère

D’antan

VLAN !

Consigne N° 3 : « Babebines » : Petit poème dont les rimes déclinent les voyelles dans n’importe quel ordre

Pimpon serpent
Pimpon, le pompier,
Trouva un boa,
Et l’emmena au zoo.
Pimpon, amoureux,
Oublia le boa
Et retrouva sa fiancée, Lola.
Pimpon, heureux hurluberlu,
Embrassa le boa,
Et en fût tout chamboulé.
Lola, vexée,
Décida de trouver un autre cavalier,
Pour le bal des pompiers,
Et que ce soir là,
Elle porterait, autour du cou, un boa.

Atelier du 12 février 2016 (textes d’ Elodie)

Un peu de « T » pour débuter,arton212
Une goutte d’ « O » pour liquéfier,
Une plume d’ « L » pour alléger,
Une once de « I » pour l’alchimie,
Une note de « A », je suis ravie.
Un zeste de « Q » pour pimenter,
Un coup de « H » pour l’achever.
Je mélange et je touille,
Je mitonne ma tambouille.
De la fumée s’échappe,
J’en perds mon scalp.
L’eau me vient à la bouche,
Qui veut une petite louche ?

 

2° Se servir des informations données…

Lieu : la Grand Place
Un sentiment : La joie
Un mot : chaloupe
Une expression : Tonnerre de Brest
Un objet : boule de cristal
Une couleur : gris sombre

Plumes roses et costumes colorés, chaussures à pompons et casques dorés, les hommes de la fanfare défilait sur la Grand Place. Évoluant d’un pas militaire, ils semaient sur leur passage, à coups de « tsoin tsoin » et à grands renforts de « pouët » une joie communicative dont je voyais les reflets illuminer les silhouettes gris sombre.

fanfare

Tonnerre de Brest ! Nom d’une chaloupe ! Par la barbe du Capitaine Haddock ! Si une voyante plongée dans sa boule de cristal m’avait prédit qu’une bande de zozos ridicules m’aurait donné tant de bonheur, je n’y aurais accordé aucune valeur.

Atelier du 18 mars 2016

1°) Bijou, caillou

Cher Lamartine, où trouvais tu ces doux bijoux ?lamartine
Ces poèmes de choux, d’amadou et de cailloux,
des ruisseaux éclatants et des genoux
De verre, qui se courbent sur le passage de ripoux ?
Chers poètes fameux, où trouviez vous l’inspiration?
Dans les joujoux, les tripoux ou quelque potion ?
Est ce si secret , révélé aux seuls chouchous ?

Christine

1°)  Bijou, caillou …

chouette Un coucou attaché à ses cheveux roux
Ce jour là sans le moindre pou,
Fin prête pour affronter Ripou,
Le gars qui faisait des tripoux
et promenait sur son épaule un hibou
Bien emplumé, un vrai bijou !
Allait il lancer un caillou?
Elle si faible des genoux
Voulait bien être son joujou
S’il lui prenait pas trop le chou

Marie

Ô vous mes bijoux de famille,boites-a-bijoux-gifs-animes-207087
Qui ressemblez à deux cailloux
Et craignez tant les genoux,
Je vous dédie ce joyeux trille.
Ô vous mes deux chouchous,
Bien proprets et sans pou,
La consistance du tripoux
Mais la clairvoyance du hibou.
Oui vous, mes chers joujoux,
Vous êtes choux et pleins de zèle,
Pas ripoux pour un seul sou,
Ovation pour les fidèles !

Elodie

2°) Bonne pioche

Elle s’envoya un cocktail dans le gosier. Puis deux.

Le citron crachait des aiguilles sur sa langue. Mais elle n’en avait cure. Ce soir, elle avait besoin de sa dose d’ailleurs et d’exotisme. Et tant pis si ça rabotait un peu.

Encore une gorgée. Puis deux. Encore deux de plus et sa bouche anesthésiée ne sentait cocktailplus l’acidité de l’agrume, juste la chaleur de l’alcool.

Elle ferma les yeux et savoura une minute de silence complet. Une minute seulement. Car ils venaient à vive allure, à grand galop même. Cognant le sol comme une armée de soldats au pas lourd et sourd.

Malgré l’imminence de leur arrivée, elle n’avait pas peur. Elle savait que les événements, aussi réels soient-ils, se déroulaient dans sa tête.

Robe blanche et grisée, œil noir étoilé et crinière au vent, les cheveux de sa vision traînaient dans leur sillage un morceau de son enfance. Goûteux, chaleureux, farci de bonheur et saupoudré d’espoir. Un véritable délice !

Une fois l’amuse-bouche englouti, elle ouvrit les yeux et sourit.

Rien ne vaut un souvenir pour croire à nouveau en l’avenir.

  Elodie

(j’ai pioché 4 images de maisons…)

Les maisons que nous habitons nous ressemblent, même si ce n’est que le temps d’un instant ou celui d’un rêve. Celles que nous visitons nous émerveillent souvent et stimulent notre curiosité.

Moi, je connais une petite maison de campagne simplette au bord d’une mare, où j’aime habiter , et j’habite aussi parfois un grand chalet de rêve, sous la neige,

Mais là ou je laisse mon esprit vagabonder avec le plus de plaisir, c’est tour à tour au sujet d’un petit camping- car rigolo, fabriqué de bric et de broc, ou bien à celui d’un palais chinois d’une dynastie fastueuse, avec des toits de tuiles vertes comme une pagode;

Mes rêves complètent et enchantent mon quotidien confortable.

Je ne saurais dire si je préfère les uns ou les autres.

maison1maison2maison 3maison 4

 

 

Christine

3°) Méli-mélo de mots

 

Consignes :   Bazar ça rime avec polar
                        Léon vous fait penser à la Bretagne
                        Balai ça vous rappelle que je n’aime l’’aspirateur
                        Si l’on vous dit cacahuètes vous dites;: apéro

 

J’ai habité 15 ans en Bretagne;

Il y a là 2 régions jumelles : le Léon et le Trésor. Les habitants du Léon aiment l’argent et le garder pour eux. Ceux du Trésor aiment bien la fête et les apéros. les uns sont riches, les autres pauvres.

Mais qui aime passer l’aspirateur ? En 15 ans je ne l’ai jamais su

bretagne461dba6a

 

 

Atelier du 13 mai 2016 : textes d’ Elodie et un collectif

1° Conjugaison

 Sans avoir une idée de l’enjeu,
Il viendra de manière impromptue
En vedette, accostera sur l‘île
Et atteindra la citadelle.
C’est là qu’il la verra à genoux,
Devant un homme au garde-à-vous.
Effrayé, il lancera un projectile
Et blessera l’ange au bout de l’aile.

conj

 

 

 

2° Affabuler, c’est fabuleux

 

Petit cochon en a assez 53274
De rester cloué au sol.
Il voudrait pouvoir voler
Et quitter la boue qui colle.
Mais ses pattes n’ont pas de plume.
Comment prendre son envol
Quand on pèse plus qu’une enclume ?
Petit cochon se désole.
Passe alors un pélican,
Large bec, œil pétillant,
Qui l’accueille comme passager,
Destination voie lactée.

 

3° Récit collectif

 truand

D’habitude, jamais il n’aurait eu l’idée d’une briser une vitre avec son coude. Seulement, ce jour-là, il n’avait pas le choix. Il fallait sortir de là coûte que coûte. L’autre, le gros, l’enflé, le mastodonte, allait se pointer. Et ça n’allait pas rigoler. Il allait le cuisiner, jusqu’à ce qu’il avoue tout à propos de ses approvisionnements en percussions magiques. Évidemment, il n’avouerait rien. Mais l’autre était vicieux et toujours armé. C’est sûr, il allait le saigner. Il s’imaginait déjà la scène et l’après, lorsque Momo tenterait de le soigner avec ses fameux cataplasmes.

Il était de la vieille école, Momo, et ne jurait que par les trucs de ses vieux : « A chaque problème, une solution naturelle », disait-il. Mais de là à se tartiner le corps blessé de charcuterie… Il fallait qu’il casse cette maudite et résistante vitre ! L’eau commençait à entrer, pas les poissons fort heureusement. La porte s’ouvrirait certainement une fois au fond de la rivière mais il commençait déjà à manquer d’air.

C’est alors qu’il se souvint de son stylo planqué au fond de sa poche. Un stylo ensorcelé. A côté, celui de James Bond était un gadget superflu, tout juste bon à martyriser un bout de papier. Il avait bien retenu la consigne. Il suffisait de percuter la mine contre son front et hop, tous les obstacles s’effaçaient. Déterminé, il prit l’objet, le planta entre ses deux yeux.

Et bloup !

Publicités